banniere
 
  Nouvelles:
LGJ inaugure un système de vote et nous vous parlons de l'avenir du forum ici.

Liens utiles: Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Cacher les avatars

Le Grand Jeu - Forum RPG

Bad langage Discrimination Drugs Sex Violence Gambling

Bonjour et bienvenue.

Ce forum présente des oeuvres littéraires au caractère explicite et/ou sensible. Pour ces raisons, il s'adresse à un public averti et est déconseillé aux moins de 18 ans. En consultant ce site, vous certifiez ne pas être choqué par la nature de son contenu et vous assumez l'entière responsabilité de votre navigation.

Bonne visite ! :)

Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Sujet: Hail To The Kings [Al-Khāfid]  (Lu 1195 fois)
Law
Tyrannus Imperator / Castor Junior en Chef
E.S.P.er
-

Messages: 5184



Voir le profil
Fiche
« le: Janvier 15, 2014, 12:18:48 »

Le Roi des bas-fonds était sur son trône - un fauteuil doublé de cuir, aux larges accoudoirs rembourrés, fiché derrière un immense bureau où traînaient paresseusement des dossiers entassés là depuis trois semaines, pour certains.

La paperasse. Ce truc de fonctionnaire. Des choses qu'ils n'aimaient pas - l'hypocrisie, la bureaucratie, la diplomatie, le clientélisme, et toutes ces choses de l'Etat qui brident la liberté - il s'était fait des armes puissantes qui se retournaient contre leurs créateurs. Les hommes étaient désespérément faillibles, et il eut suffit d'arroser une seule fois la bonne personne avec une somme d'argent conséquente pour bloquer tout un processus législatif, judiciaire ou militaire. Si la personne éprouvait un peu de morale, il suffisait d'agiter quelques menaces devant ses yeux, le chantage aux sales petits secrets, votre femme serait-elle au courant de vos penchants pour les hommes ? Voyons, ça doit rester entre nous, nous sommes des gens de secrets, prenez cet or et faites ce que je vous dis. Quant aux documents, c'était son petit génie, prince des maths et de la plume, Isaac, seul ami en ce monde de brute, qui faisait le travail. Doté d'une mémoire hors norme et d'une vitesse de réflexion sans égal, cet esprit scientifique et froid était le lieutenant-secrétaire-comptable-assistant idéal. Tout était noté, copié, mémorisé,  stocké, et brandi à l'administration quand il le fallait, ou utilisé auprès de personnes privées pour prendre un ascendant.

Le savoir, c'est le pouvoir.

Ce qui faisait de lui l'un des hommes les plus puissants de Nexus. Peu importe les rangs et les grades : les informations compromettantes et l'argent le rendaient au-dessus de tout, y compris des lois de Nexus. Quelques fois, il était passé devant les cours de justice ; chaque fois, il était reparti libre.

Le roi, donc, était sur son trône... et rendait justice. En face de lui, un noble et un marchand de Nexus. Derrière eux, un esclave chacun. Les hommes se querellaient pour une histoire d'argent, transaction dont Law avait été l'intermédiaire. Plutôt que de s'adresser aux tribunaux des hommes, c'est à sa juridiction qu'ils se sont soumis. Pendant qu'il les écoute se disputer, Isaac, debout à ses côtés, griffonne sur un papier qu'il lui tend.

"Tu en rêvais, que les princes de Nexus viennent se plier à ton jugement de leur plein gré".

Il sourit, jette le papier à la cheminée après l'avoir mis en boule, et lève autoritairement la main pour faire taire les deux hommes.

Le Roi s'apprête à prononcer les sentences.

Le noble et le marchand se taisent.

Le Pouvoir...




Le noble était parti en premier, plus ravi que l'autre puisqu'il avait été favorisé. Pour garder la fidélité du commerçant, il lui donnait aussitôt des garanties futures. On les baisera, ces pourris, un jour, baratin habituel qui rassurera le marchand, repartant avec la promesse de faire de nouvelles affaires futures avec Law.


C'est donc après cet interlude d'orgueil que Law laissait sa tête tomber sur son plan de travail, gromellant sa fatigue et sa faim.

-À bouffer.
-Une esclave pour accompagner ça ?
-Flemme. Un thé suffira.




À l'étage du dessous, une agitation sans borne saisissait le casino. Un gros joueur venait de casser la banque, et pris d'une frénésie de victoire, il jetait un par un ses jetons en riant dans une foule qui tendait les bras. Les serveuses peinaient à circuler sans renverser mais, professionnelles, gardaient le sourire. L'une d'elle, passant à côté d'un bar, se faisait attraper par un client qui cherchait à la peloter. Le barman commence à s'opposer, mais l'employée l'arrête immédiatement.

-Chou... tu veux consommer de la chair fraîche ? Il y a des salles au fond avec des filles rien que pour toi. Moi, je sert juste à mettre en appétit... lâche-moi s'il te plaît.

Elle s'écartait en forçant un peu et repartait avec un petit sourire aguicheur. Elle lâchera un "connard" murmuré une fois éloigné.



Bref. Ce soir encore, le Boss de la mafia, seigneur du crime à Nexus, allait se faire un max de blé.
Journalisée


Despote adjoint, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, pourfendeur de l'anarchie, extrémiste de la Loi.

 

Je suis pour la réhabilitation des Userbars.
Les userbars sont VOS amies. Elles sont gentilles.
Utilisez des userbars. <3
Stephen Connor
Poupaw de son fichtonw
Administrateur
-
*****
Messages: 2679



Voir le profil
Fiche
Description
Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #1 le: Janvier 15, 2014, 05:24:41 »

Law. Voilà un nom qui était tout à fait hors de propos, venant d’une personne qui dirigeait les trafics des bas-fonds. Mais c'était sous le nom de "Tyler" que se faisait connaître le mafioso. La puissance respecte la puissance, et Stephen n’aurait pu songer à quiconque d’autre que cet illustre mafieux pour l’aider. Il avait lui-même côtoyé les bas-fonds assez longtemps pour savoir où trouver cet homme, et pour savoir qu’il valait mieux s’en faire un allié.

Car même un démon ne peut pas s’assurer le contrôle d’une ville entière à lui tout seul. Non, il fallait, pour cela, qu’il passe par un réseau, un réseau efficace.

En sa qualité de Lord, le beau diable aurait sûrement été en mesure d’appeler à lui la cour royale, de délibérer avec celle-ci pour obtenir ce qu’il souhaitait. Mais le noble haïssait au plus au point la couronne Nexusienne et ceux qui en incarnaient la volonté.

De plus, sa requête franchement singulière aurait éveillé trop de soupçons, l’obligeant très certainement à dévoiler son plan à la reine de Nexus et à sa cour. Et c’était hors de question, ce n’était même pas envisageable.

Vêtu de son armure de cuir marron, et d’une tenue qui l’aidait à se mouvoir aisément tout en se fondant dans la foule, le Grand Duc des enfers se trouvait à son aise dans le quartier malfamé. Il ne s’attirait que peu d’ennuis, son visage n’étant pas très connu de la populace des bas-quartiers.

Une putain qui se faisait prendre, contre les tonneaux vides d’une ruelle. Un groupe d’hommes suspicieux qui guettait avec insistance quiconque avait l’air trop fortuné. Quelques vendeurs à la sauvette, d’artefacts prétendument magiques. Le visage des bas-fonds n’était pas sans rappeler les enfers, dans leur glorieux chaos.

« Le casino… » Murmura Stephen, arrivé face à l’édifice dans lequel se pressait une montagne de gens.

Un léger sourire vint à orner les lèvres du démon. Voilà un endroit qui seyait tout à fait à un parrain de la mafia. L’endroit était même tellement approprié que Stephen en venait à se demander si son futur interlocuteur n’était pas un amateur de clichés Américains sur les gangsters.

Ne pipant point d’autre mot qu’un salut succinct au portier, le monstre pénétra dans les lieux. Immédiatement, il se trouva surpris par la nature étonnamment faste et luxueuse de l’endroit. On aurait peiné à croire que ce casino se dressait dans les sales bas-fonds. Mais cela expliquait sûrement son succès. Un peu de luxe dans un monde de crasse.

Ignorant serveuses aguicheuses et soulards divers, l’homme se fraya un chemin, de la foule jusqu’à un comptoir, qui servait à échanger de l’argent contre des jetons. Là, il demanda où se trouvait le passage jusqu’à l’étage supérieur. Ayant obtenu sa réponse, il repartit finalement jusqu’à la porte qui menait au bureau de Law.

Bien évidemment, il aurait été surprenant que l’accès ne soit pas gardé. Mais Stephen n’était pas du genre à se laisser abattre par un homme lui expliquant qu’il ne pouvait parler au propriétaire sans rendez-vous. D’un bref claquement de doigt, le démon ôta à son interlocuteur tout libre-arbitre, lui intimant ensuite d’ouvrir le passage, comme s’il ouvrait à un homme ayant rendez-vous avec le fameux mafieux.

Ayant enfin accès aux marches, Stephen les gravit rapidement, non sans une certaine appréhension. Ce qu’il allait demander au chef de la pègre… Disons simplement que ni Law ni Connor n’avaient, certainement, jamais tenté quelque chose de cette envergure.

Toquant finalement à la porte, le Grand Duc attendit un signe, pour entrer. Finalement, il ouvrit la porte, prenant le soin de fermer derrière lui. Son regard ambré sembla s’allumer. Il était face à Law, enfin.

« Bonjour, Tyler. » Souffla la voix rauque du démon. « Vous me connaissez sans doute, vous qui avez des oreilles et des yeux dans toute cette ville. Je suis le Grand Duc Stephen Belmont. » Annonça-t-il simplement, restant debout jusqu’à ce qu’on l’invite à s’asseoir.  « Je suis venu réclamer votre aide aujourd’hui. Car j’ai besoin de vous pour une mission que je ne pourrais confier à aucun autre homme. Aussi vais-je vous annoncer d’emblée que mes moyens de paiement seront quasiment illimités, si vous acceptez de m’entendre. » Conclut-il, croisant finalement les bras sur son torse.

Un silence pesant s’installait, que seul le maître des lieux pouvait briser, d’un simple accord, ou d’un simple refus.
« Dernière édition: Janvier 15, 2014, 06:20:49 par Stephen Connor » Journalisée

Law
Tyrannus Imperator / Castor Junior en Chef
E.S.P.er
-

Messages: 5184



Voir le profil
Fiche
« Répondre #2 le: Janvier 27, 2014, 07:17:22 »

Isaac ne toquait pas à la porte. Isaac rentrait. Fidèle parmi les fidèles, il n'avait besoin d'aucune permission pour rentrer dans les quartiers privés du boss.

Pourtant, c'est avec l'idée que son repas arrivait, porté par son ami, qu'il a lancé son "Entre !". Non, il n'a pas réfléchi suffisament, tiraillé par ses besoins sans doute. Si il avait fait le lien logique, émettant l'éventualité que c'était un employé ou un chieur quelconque, il se serait retenu.


Et il capte.

Isaac ne toque pas.

Isaac n'a pas cette gueule.

Aucun de ses employés ne l'a d'ailleurs.


C'est donc tout naturellement que Law voit sa vie en danger et se lève, sèchement mais sans être trop brusque, prêt à subir l'éventualité d'une attaque. À mains nues, parce que Law n'est pas une gonzesse et que le combat de rues à l'ancienne, c'était son dada, comme Omar Sharif et le shopping. Pourtant, le non-annoncé semblait tout à fait pacifique, malgré son air que Law qualifierait volontiers de... patibulaire ? Disons qu'il n'aurait pas d'instinct confiance en lui. Cela dit, tout est relatif, Law n'a confiance en personne.

Grand Duc...

Le temps de digérer la chose. Belmont, Belmont... Si son lieutenant était là, il pourrait lui rappeler tout ce qu'il a sur lui. Law n'a en tête que du succint, du léger, pas super fiable en plus.Iil faut dire que la personne devant lui n'avait jamais été un obstacle ou un ami, il est donc naturel qu'il ne le connaisse pas. Le mafieux s'occupe du commerce et de sa négociation, quelle que soit la méthode, et il supprime volontiers la concurrence déloyale. Aussi, le fait que le nom ne soit que vague à son oreille le rassure en quelques sortes.

Prenez donc place. Que puis-je ? Puisque vous aimez apparemment vous inviter, autant vous écouter...

Il reposait ses fesses dans son siège, restant néanmoins paré à l'esquive. Méfiant de nature, ça sauve son homme.

... Illimité, avait-il dit. Illimité. Pognon illimité. Le fric qui coule à flot, les pièces par bateaux entiers, les liquidités en piscine. Cette volonté de rapprocher l'eau et l'or. Comme si l'un était aussi vital que l'autre, alors que l'argent n'est qu'une matérialisation abstraite et abjecte du temps et de la sueur dépensée sur ce temps. La fièvre de l'or l'a saisi un instant, mais il s'est repris : Non, il n'est pas cupide, et même si sa fortune dépasse celle de Nexus quand le Royaume est dans de mauvais jours (et même parfois dans des bons), il ne cherche pas à amasser pour amasser. Ses buts sont bien plus nobles, du moins, c'est ce qu'il croit. Orgueilleux et fier, il se sait au-dessus des vices des hommes. Généreux dans ses dons, il n'est pas avare non plus.
"L'argent, c'est fait pour être dépensé"

La porte s'ouvre derrière Stephen. Isaac, plateau en main, qui se stoppe brusquement en voyant l'invité imprévu. C'est lui qui gère l'emploi du temps de Law, il aurait su si quelqu'un avait été autorisé ici. Passant à côté de lui pour déposer la ripaille devant le Boss,  il pensait le reconnaître, et s'en inquiétait aussitôt. De ce qu'il savait, ce n'était pas le genre à qui il fallait se frotter, mais sans doute Law savait-il ce qu'il faisait.

Permettez ?

Le patron n'attendait pas de réponse et entamait tranquillement son repas. Avant que Connor n'ait pu parlé, il levait l'index vers lui, soudainement, d'un geste autoritaire, pour signifier qu'il allait parler.

Simplement. Avant que vous n'énonciez quoi que ce soit. Je monnaie mes services, mais vous semblez avoir quelque chose d'exceptionnel à me demander, aussi, je demanderai en retour quelque chose d'exceptionnel. Je ne suis pas intéressé par l'or. Je ne suis pas intéressé par les titres. Je baise des putes à longueur de journée, je fais un travail que j'aime, j'ai les amis qu'il me faut, j'aime mon pays et aucun chantage ne marche sur moi. Bref. Pardonnez ma verve, je vous écoute le plus attentivement du monde.

Reprise du repas. Soulagement. Il se sentait comme le Roi du Monde, dans ces moments-là. Pourparlers, repas et repos. Il n'avait pas encore bien conscience de l'importance des demandes de son interlocuteur.
Journalisée


Despote adjoint, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, pourfendeur de l'anarchie, extrémiste de la Loi.

 

Je suis pour la réhabilitation des Userbars.
Les userbars sont VOS amies. Elles sont gentilles.
Utilisez des userbars. <3
Stephen Connor
Poupaw de son fichtonw
Administrateur
-
*****
Messages: 2679



Voir le profil
Fiche
Description
Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #3 le: Janvier 28, 2014, 12:34:36 »

Stephen observait le fameux parrain des bas-fonds, en silence. L’échange était austère au possible, et très certainement que les deux hommes se jaugeaient encore, pour le moment.

Jugeant qu’il était déjà assez intrusif comme cela, le Grand Duc ne s’assit pas. Que Law se soit levé brusquement n’avait rien changé à la position du monstre. Il n’avait aucun intérêt à répondre à une agressivité évidente, il était là pour des affaires qui dépassaient de simples querelles d’égo.

A vrai dire, il était là pour ce qui serait surement la plus importante des tâches que n’aurait jamais à accomplir le mafieux Nexusien. Calme, le regard sérieux, le noble du duché de Northcliff déclina son nom et son titre, gardant encore secrètes ses intentions.

Un valet passa, tenant un copieux repas, dans un plateau posé sur sa paume. Le beau diable observa un instant le nouvel arrivant. Ce dernier déposa les mets succulents sur la table du patron, qui s’était rassis, peu bavard. Le lieutenant ne quitta pas la pièce, se positionnant aux cotés de son maître.

D’un simple coup d’œil, Stephen put conclure que le domestique aux allures de second le reconnaissait. Que ce soit en sa qualité d’ancien mercenaire, ou en son titre de Grand Duc de Nexus, le Lord Belmont s’était fait un nom. Un nom aux présages funestes.

Le démon restait pourtant silencieux, écoutant attentivement les conditions du maître des bas-fonds. Un sourcil se haussa sur le front du monstre, qui croisa ses bras derrière son dos. Cet homme acceptait apparemment bien peu de paiements. Qu’à cela ne tienne.

« Vous me voyez curieux de connaître les paiements capables de vous combler, Monsieur. » Constata simplement le démon, marquant une courte pause, le temps de réfléchir.

Pas d’argent ? Voilà qui était compréhensible. Pas de femmes ? L’argent les attire, après tout, même si Stephen pouvait attirer à Law quelques succubes qui se passaient de monnaie, et dont les charmes surpassaient ceux de n’importe quelle putain de Nexus. Pas de titres ? C’était un peu plus étonnant, surtout lorsque l’on savait à quel point Terra était hierarchisée.

Mais, ce fut l’avant dernière affirmation du hors-la-loi qui interpella son interlocuteur. S’il aimait Nexus, alors, il se devait de savoir à quel point le royaume tombait en ruines. La déchéance s’emparait même des quartiers nobles, le pouvoir de la couronne semblait s’amenuiser, si tant est qu’il existait encore. Stephen eut alors une idée.

« Mais, force est de reconnaître que nos objectifs convergent sur un point. » Souffla le démon. « Je ne pense pas aimer Nexus autant que vous. Et pourtant, je suis affligé de voir à quel point ce pays semble s’effondrer, petit à petit. »

Un Grand Duc était, bien évidemment, très au courant des faits, des nombreuses affaires de la cour. Certes, il devait en être de même pour Law, et c’était d’ailleurs pour cette raison que le beau diable tenait à discuter avec lui. Mais les questions les plus importantes ne devaient pas être posées maintenant. D’abord, Stephen devait faire admettre à son interlocuteur l’état déplorable du royaume, avant d’aller plus loin dans son raisonnement.

« Il est nécessaire de noter l’incompétence des hautes instances royales. De manière générale, mais aussi et surtout face à la seule et unique menace capable de réellement détruire notre pays. » Le Grand Duc marqua une nouvelle pause, très courte. « Il y a très longtemps qu’Ashnard n’a pas tenté une véritable percée. Ils nous laissent dans l’attente, dans l’attente que le royaume implose, et qu’ils puissent ramasser les morceaux. Vous devez reconnaître que les conflits internes sont devenus encore plus destructeurs que ne l’a jamais été l’Empire Ashnardien. Et ces conflits internes sont justement le fait de notre patience nerveuse. Nexus manque de leaders fermes, et d’une réponse à Ashnard, comme le royaume en avait autrefois. » Affirma le démon, le ton dur. « Soit nous changeons de régime, soit nous éliminons Ashnard de la liste des problèmes de Nexus, d’une manière où d’une autre. »

Les Duchés avaient déjà commencé à se quereller, à la table des négociations de la cour. Qui devait avoir l’argent pour renforcer ses remparts ? Qui méritait d’obtenir les fonds nécessaires à la constitution d’une armée ? Bientôt, ce serait le tour des Marquisats, puis des Comtés, et le royaume entier finirait scindé en états indépendantistes et antagonistes.

Mais, quelle solution pouvait bien avoir un pauvre nobliau, seul dans son combat ?

« Si vous aimez Nexus, vous m’aiderez à vaincre la seule chose qui pourrit le royaume depuis des années. » Ces mots sonnèrent comme une dernière affirmation. « Est-ce que vous voyez où je veux en venir ? »

Un dernier silence s’instaura. Mais Stephen n’était pas à cours d’arguments. Car il avait des paiements que les mortels ne peuvent prétendre offrir. Vie éternelle, pouvoirs tirés de contes fantastiques. Tout cela, il pouvait l’offrir.
Journalisée

Law
Tyrannus Imperator / Castor Junior en Chef
E.S.P.er
-

Messages: 5184



Voir le profil
Fiche
« Répondre #4 le: Janvier 28, 2014, 07:44:32 »

Si son regard était fuyant, concentré sur le met qu'il déchiquetait avec délicatesse, son ouïe était pleinement offerte à l'invité forcené, et l'attention avec. Ce qui le fait d'ailleurs se raidir très légèrement quand il évoque le changement de pouvoir à Nexus. Serait-il au courant des plans de Law ? Les plus secrets ? Ceux qui sont sur le point d'aboutir, ceux qui permettraient un changement de régime en douceur, l'assassinat de la Reine, la recentralisation du pouvoir grâce aux ficelles qu'il tirera, la réforme en profondeur de la société nexussienne ? Lui qui se voyait en tyran de l'ombre, despote éclairé qui n'a aucun intérêt à s'enrichir encore plus, est-ce que tout va échouer ? Un coup d'oeil vers Isaac, qui pense visiblement à la même chose. Il faut faire l'air innocent, continuer comme si de rien n'était.

Et tant mieux. Parce que Connor ne parlait point de ce qui préoccupe Law chaque jour et chaque nuit, mais d'un autre point. Quelque chose auquel il n'aurait jamais pensé.

Nos gouvernants sont des incapables, concéderait-il volontiers. Ashnard est sournois et se tapi dans l'ombre, c'est su - le relatif cessez-le-feu n'est qu'une façade. Mais... Ce supposé duc... prétend-il vraiment sauver Nexus, en mettant l'ennemi à terre, avec l'aide de l'esclavagiste ? Difficile à digérer. Law poussait un long soupir, et, visiblement contrit, repoussait son assiette, dont la moitié n'a pas encore été mangée.

Remporte ça. Amène-nous un thé. J'espère que vous aimez le thé, Duc, je ne bois que ça.

Il se dresse de son siège. Quelque chose semble lui peser. Dirigeant ses bottes vers une étagère où des livres dissertant de Nexus côtoient des bibelots en tout genre, il prend un petit cube de verre, où flotte, sans support matériel aucun, une écaille,  parfaitement centrée dans son réceptacle.

Sparshong, se dit-il. Serait-ce un signe de ta part, dieu tutélaire ? Grand serpent, penses-tu que le moment est venu ? Cet intrus inespéré est-il la chance qu'il faut saisir, ou est-ce une coïncidence ?...

Il faut jouer la prudence. Continuer à ne rien dévoiler des intérêts qu'il poursuit avec rage depuis des années.

Changer de régime ici est exclus. Du moins, pas si brutalement. Nos congénères sont parfois si... conservateurs.

Il repose le cube de verre, non sans y démontrer sa fascination en continuant d'y fixer la relique de sa divinité qui y gît.

Et je n'ai pas les moyens de prendre Ashnard, non. Mais j'ai largement les moyens de faciliter l'action de quelqu'un qui pourrait le faire, si c'est au profit de Nexus... ou de quelqu'un d'autre.

L'espionnage, l'art de la politique que les politiciens maîtrisent avec bien moins d'habileté que les criminels et les grands marchants - notions qui se confondent d'ailleurs parfois.

Il y a un déclic dans sa tête. Quelque chose ne colle pas avec cette réflexion,  mais il l'avancera quand même.

Corrigez-moi là où j'ai tort. Vous êtes un noble de Nexus qui ralliez à vous des puissances pouvant être considérées comme marginales par rapport à la politique nexussienne. Vous venez dans mon bureau, captez grâce à mes paroles que j'aime Nexus, et jouez sur cette corde pour me faire plier. Mais votre but final serait de prendre Ashnard pour votre jouissance personnelle et... et quoi ? Vous reprenez les assauts contre une Nexus en lambeau pour vous assurer sa domination et devenez l'Imperator de Terra ?...

Il retourne s'asseoir et montre de nouveau le siège devant lui, réinvitant le démon à y poser son cul.

Vous réglez tous les problèmes de Nexus... absolument tous. J'ai bon ?

Et au fond, ça contrarie ses propres plans. Ses propos trahissaient son inquiétude, mais il ne semblait cependant pas si réticent à accepter.

Quant à son prix, il n'en touche pas un mot.
Journalisée


Despote adjoint, admirateur de Moumou la Reine des Mouettes, président/trésorier/unique membre de l'association des cultistes de Frig, directeur du club des Persos Vitrines, Roi des Bas-Fonds de Nexus, grand-maître de l'ordre du caca masqué, membre des Jmeféchié, médaille triple platine de l'utilisation du Manuel des Castors Juniors, premier gérant de l'association "Cthulhu est votre ami", vénérateur de la cafetière, seigneur de la barbe et des cheveux, chevalier servant de ces dames, pourfendeur de l'anarchie, extrémiste de la Loi.

 

Je suis pour la réhabilitation des Userbars.
Les userbars sont VOS amies. Elles sont gentilles.
Utilisez des userbars. <3
Stephen Connor
Poupaw de son fichtonw
Administrateur
-
*****
Messages: 2679



Voir le profil
Fiche
Description
Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

Champion de Lucifer, Grand Duc du plan Infernal. A la tête de cent Légions de démons.

Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #5 le: Janvier 28, 2014, 09:01:20 »

Stephen n’était absolument pas au fait des projets que nourrissait son interlocuteur. Et nul doute qu’il aurait été heureux de participer à tout cet arrangement, si tant est qu’il avait su ce que préparait le mafieux. Peu importait, au final, l’état de Nexus, le démon n’avait fait que prendre un chemin pour bifurquer, en toute sécurité, sur un autre. Le Royaume Blanc n’était qu’un prétexte.

Pourtant, le Grand Duc dissimulait encore ses intentions. Certes, une foule de nobles conspiraient presque ouvertement contre l’incompétente Reine, et ils n’avaient que peu à craindre. Mais, il valait mieux garder ses ambitions obscures, aussi longtemps que possible, et cela valait tant pour le mafieux que pour le démon.

Ce dernier restait d’ailleurs vague, quant à ses projets. Il faisait passer le bonheur de la société Nexusienne comme supérieure à son propre rêve. C’est dans le sens du poil qu’il faut caresser les patriotes.

Du thé ? Quelle charmante attention. Le monstre lui-même préférait l’excitation tranquille d’un bon thé aux rapides montées d’adrénalines d’un café. Il acquiesça donc, n’exprimant pas le fait qu’il n’avait pas soif, pour le moment.

Stephen ne feinta pas le moindre geste lorsque son interlocuteur se leva. Il l’observa néanmoins avec attention, soucieux de savoir ce que préparait l’illustre inconnu.

Finalement, l’homme ne s’intéressa qu’à une étagère pleine de babioles et de livres, attrapant un petit cube. Une évidente force magique s’en dégageait, mais elle était étrangère au beau diable, qui observa en silence. Il savait reconnaître les moments à ne pas interrompre.

De plus, la conversation eut tout le loisir de reprendre, lorsque Law exprima son aversion à l’idée d’un changement de régime. Pour quelqu’un qui avait été élevé avec des idéaux républicains toute sa vie, Stephen comprenait néanmoins les bienfaits d’une royauté. Le peuple a besoin de leaders fermes et puissants.

Les paroles du mafieux firent finalement sourire le beau diable. Ils étaient, finalement, sur la même longueur d’onde. Voilà que le Lord Belmont allait pouvoir commencer à s’exprimer beaucoup plus clairement. Le sourire du démon s’étira même, alors que le voile des euphémismes et métaphores se levait.

Finalement, le sourire du monstre se dissipa, face aux dernières paroles. Sans répondre immédiatement, Stephen prit place en face du mafieux, à son aimable invitation.

« Vous n’êtes pas loin de la vérité, mais vous n’y êtes pas complètement. » Répondit vaguement le beau diable, en s’asseyant. « Il est donc naturel que je rentre dans les détails. »

Enfin posé sur la chaise, le beau diable croisa ses doigts, prenant ses aises, mais pas trop. Il s’adossa confortablement, prenant le temps de réfléchir à ses prochains propos. Pas de finesse trop enrobée de compliments, ce n’était pas le genre de la maison. Mais il fallait tout de même se montrer éloquent. Law n’était visiblement pas un abruti.

« En réalité, je me moque complètement du destin de Nexus. » Avoua Stephen. « Je ne veux qu’Ashnard, j’ai mes raisons, mais je pense devoir les garder secrètes. » Il marqua une pause.

Maintenant, il restait à savoir ce que désirait réellement le parrain des bas-fonds. Stephen s’enfonçait dans les explications, sans obtenir la moindre demande de paiement de la part de son interlocuteur. Il faut dire que le Grand Duc des Enfers se trouvait plus souvent à accorder des souhaits qu’à en demander, et qu’il n’était pas très doué pour les demandes. Une chose était sûre, son arrivée au pouvoir n’arrangerait pas les affaires de Nexus. Stephen savait que les familles nobles d’Ashnard attendaient de prendre le Royaume Blanc depuis trop longtemps déjà.

« En réalité, mon expérience à Nexus m’aura permis de me faire nombre de relations utiles. »
Concéda le beau diable. « Mais aussi, et surtout, de connaître chaque petite faille de ce beau royaume. Si j’obtiens Ashnard, il ne me faudra pas plus de deux années pour faire de Nexus un enfer, au sein duquel quiconque pourra se dresser comme nouveau Maître. Je pourrai probablement saccager l’endroit et placer un de mes pantins à la tête de ce pays, faisant effectivement de moi l’Imperator de Terra. » Continua-t-il. « Mais, comme je vous l’ai dit, je n’ai que faire de Nexus, car elle ne pourrait jamais servir à mes projets. Je veux Ashnard, parce que c’est un lieu profondément marqué par la souillure démoniaque, c’est un lieu qui me parle beaucoup plus. »

Autrement dit, il proposait à Law, implicitement, d’être le Maître qui s’éleverait au dessus de la plèbe, pour reprendre Nexus en mains. Si c’était là le souhait du parrain, le démon serait heureux de lui accorder. Cela se lisait dans ses yeux. Mais le beau diable ne voulait pas se lancer trop tôt en concessions, car les délibérations risquaient de s’allonger, encore un peu.

Une révélation méritait pourtant bien d’être faite. Elle était évidente, mais jamais Stephen ne l’avait avoué à un habitant de Nexus, encore moins à un qui pouvait lui causer du tort.

« Je ne suis pas humain, Monsieur Tyler, ou quel que soit votre vrai nom. » Il marqua une pause. « Je peux offrir des choses qui vont au-delà des simples galions remplis de richesses, je peux, en réalité, tout offrir, à une infime minorité de choses près. Tout ce que je demande en échange, c’est Ashnard, ou plutôt, de l’aide pour la conquérir. »

La mise était donnée, le ton était on ne peut plus clair.
Journalisée


Tags:
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à:  

Powered by SMF 1.1.20 | SMF © 2006-2007, Simple Machines
Awake and Dreaming - Le Grand Jeu
ChatBox