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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Outrage et jouissance [Steph'] - [Terminé]  (Lu 7182 fois)
Mélisandre Cairn
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« le: Octobre 15, 2013, 05:00:28 »

Une place publique d'Ashnard.

Traverser les landes avait été une épreuve qui s'inscrivait à présent dans sa chair rompue de fatigue. Harassée par une longue et terrible marche au travers des steppes infestées de créatures belliqueuses, Mélisandre arborait sur son visage émacié et son corps affamé les stigmates de son éprouvant voyage. Son regard s'ouvrait toujours sur une indescriptible volonté de persévérance tenace : ne pas flancher, surtout -ne pas flancher, mais la fougue passionnée qui l'habitait d'ordinaire s'était réduite à une maigre étincelle, entretenue par un lit de braises moribondes.
A mi-chemin, arrivée à l'extrême pôle de ses capacités physiques, la démone avait dû tordre sa fierté à l'autorité de sa raison et se résigner à attirer les faveurs de l'instigateur du périple. Partageant dès lors sa couche princière, car seuls les princes marchands s'avéraient assez excentriques et fortunés pour entreprendre la traversée des landes jusqu'à Ashnard- la captive avait pu prétendre à un vieil hongre sur lequel chevaucher et poursuivre le voyage. L'esclavagiste connaissait la valeur de sa cargaison, dont elle constituait probablement la fine fleur. Aussi avait-il consenti à lui conférer en plus un statut d'immunité au sein de la caravane, privilège qui devait lui épargner le désagrément de se faire saillir par toute la cohorte de mercenaires, laquelle faisait autant office d'escorte que de geôliers. Cet apanage revint en effet au reste du groupe, car Mélisandre n'était pas la seule à transiter pour être vendue comme esclave dans le royaume du tyran Mordret. Ainsi, à leur arrivée aux portes de la ville, si elle n'était pas au meilleure de sa forme ni de sa fraîcheur, ce n'était en rien comparable à l'état général des aux autres prisonniers.

La brunette chassa la mèche barrant son visage d'un soupir sec. L'aube perçait difficilement l'épaisseur filandreuse des nuages. Le vrai visage d'Ashnard se déployait au fur et à mesure que le convoi s'enfonçait dans la ville, toujours terne et désolante sous le ciel de plomb. Une atmosphère oppressante flottait comme un poison sur les terres opprimées. La brume matinale étreignait les corps des vivants et des morts dans une étole inquiétante et vaporeuse, et le sol sous leurs pas se craquelait à la manière d’une biscotte trop sèche, blessant la corne des pieds nus.
La place s'arrachait doucement à son engourdissement, se préparant à recevoir l'ébullition de la vente. On s'affairait de tous côtés, pressé, nerveux. Les artères de la ville se mirent progressivement à fourmiller d'activités plus ou moins recommandables. Le flux de l'effervescence ne tarda pas à converger vers la place du marché, là où la foule de curieux commençait à se masser pour tenter d’apercevoir la marchandise.
Placés sur une haute estrade, les captifs furent exposés au sévère jugement des chalands, enchaînés et écrasés par le poids de leur lassitude servile. Mélisandre dominait la masse indistincte de la populace, l’œil quelque peu éteint, mais suffisamment fière encore pour demeurer droite et jauger l'assistance. Un nabot à la truffe épatée ne tarda pas à l'approcher, et elle se redressa pour le toiser de toute la hauteur de son arrogance. Avant qu'il n'aie le temps de la dépouiller des loques couvrant encore l'indécence de son corps fourbu, elle l'apostropha :

" Savez-vous pourquoi - "

Sa question fut aussitôt noyée par le brouhaha ambiant, car à sa grande surprise, sa voix s'était brisée au milieu. Après s'être éclaircie la gorge, elle fit une nouvelle tentative, d'une voix que supportait désormais son aplomb de fauve :

" Si je porte ces fers, l'ami, c'est que le dernier à avoir essayé de me dénuder est tombé à genoux devant moi, plus mort que vif. "

Le type suspendit son geste et se mit à la contempler d'un air parfaitement stupide, ahuri par la conteneur de ses paroles. Elle esquissa l'ombre d'un sourire, les prunelles opaques. Comme elle surprenait son regard circonspect sur les chaînes qui entravaient douloureusement ses poignets, elle s'inclina vers lui pour ajouter :

" Et je n'ai même pas eu besoin de le toucher. Les gens de ce pays ont des aptitudes remarquables, n'est-ce pas ? Effrayantes, mais remarquables. On ne sait jamais sur qui on va tomber. "

La démone se lécha subrepticement les lèvres, à la manière d'un prédateur évaluant sa prochaine proie. Oh, bien sûr, rien n'était aussi redoutable que son bluff, car en vérité, elle se savait aussi vulnérable qu'elle l'était en réalité. Néanmoins la combine fonctionna, et l'affreux avorton grommela, décontenancé. Son mufle émit un vrombissement de contrariété, après quoi, il s'éloigna d'une démarche où se dandinait tout le grotesque de sa petite personne. Il s'en alla quérir l’appui d'un des geôliers un peu plus loin, celui qui arborait une paire de cornes ciselées sur le front, depuis longtemps connu au sein de la caravane pour le maniement sévère de son fouet et le désert navrant de sa tête vide. Un frisson d'adrénaline rampa discrètement le long de son dos.

" Mélisandre. J'aurais dû m'en douter, " maugréa le mercenaire en arrivant à sa hauteur, flanqué du gnome, lequel demeurait prudemment en retrait sur l'estrade.

La main calleuse du soldat se porta machinalement au fouet battant sa cuisse. Il avait toujours apprécié l'excitation que lui procurait le contact de ce symbole d'autorité. La jeune femme ignora sciemment la menace latente-sans quoi les tressaillements de son corps auraient probablement trahi sa nervosité.

" Ce petit personnage désirait savoir combien de fois il fallait être cocu pour obtenir les mêmes cornes que les vôtres, " déclara-t-elle d'une traite, désinvolte, baissant les yeux sur la victime de son accusation, avant de désigner les excroissances disgracieuses de son geôlier.

Ce dernier eut un léger spasme de la main, raffermissant en même temps sa prise sur le manche du fouet. Seul son regard haineux était en mesure de dénoncer la rage brûlante qui lui tenait lieu d'humeur en cet instant car sinon, son expression demeura figée, abasourdie de fureur. Son poing ganté de fer vola sans attendre à la rencontre de la mâchoire du nabot, qui, après avoir émis un craquement lugubre, fut violemment propulsé hors des limites de la tribune, parmi les exclamations de surprise de la foule.
Mélisandre ne prit pas le temps de se réjouir de la tournure des évènements. D'autres occasions de ce genre ne se présenteraient sans doute pas. Elle rassembla ses esprits et se concentra, s'astreignant au calme le plus complet. L'instant d'après, ses fers frappaient le sol, toujours scellés, mais les bracelets vidés de leur prisonnière. La charmante créature avait brusquement disparu de la surface de la scène.
Un œil attentif cependant pouvait distinguer, parmi la cohue, une petite chatte noire sauter au bas de l'estrade et fausser compagnie à tout ce beau monde en se faufilant lestement entre leurs jambes.

Le félin s'écarta rapidement de l'épicentre de l'agitation, se réfugiant vers le fond de la place, là où la foule se clairsemait. Elle sauta sur le comptoir d'une échoppe décrépite, à l'ombre de la devanture, puis s'assit tranquillement, adoptant une pose presque indolente. De là, on percevait nettement les cris déchirants du gnome qu'on flagellait en public.
La chatte porta lentement la patte à son museau et y apposa une lèche râpeuse pour en lustrer le poil, l'air parfaitement détaché. Voir un autre écoper d'une punition qui lui revenait faisait partie de ces petits plaisirs dont elle se délectait outrageusement.
« Dernière édition: Novembre 20, 2013, 01:47:56 par Mélisandre Cairn » Journalisée

Stephen Connor
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Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #1 le: Octobre 15, 2013, 09:19:25 »

Ashnard. S’il est un endroit dans l’univers tout entier où le vice de l’homme est fait royaume, cet endroit ne peut être qu’Ashnard. Peut-être était-ce la raison pour laquelle cet endroit était évité des honnêtes gens comme la peste. D’ailleurs, ces lieux sordides étaient aussi évités par tous ceux qui n’étaient pas assez malhonnêtes pour y survivre.

Le royaume inspirait récits effroyables, mythes et légendes, dont l’horreur était encore en deçà de la sombre vérité. Et s’il est des lieux qui glacent le sang, nul n’était plus à même de faire vaciller un homme que la place publique. Oh, s’ils voyaient cela. Ceux qui se plaignaient de l’inhumanité, de la barbarie dont faisaient preuves les vendeurs de Nexus.

Poussières et rochers sur le sol, un sol qui n’était même pas pavé, juste une terre ocre, teintée d’un rouge qui pouvait autant provenir de sang versé que des roches sous-terraines. L’air était lourd, affreusement pesant, le soufre du brasier crématoire non loin teintant l’air d’un noir malsain. Terre de feu, de sang et de cendres, Ashnard était l’enfer fait ville.

« Ajoutez à cela les cris des tourmentés et un plafond de terre luisante, et je me sentirais presque à la maison. » Remarqua Stephen en franchissant les portes du quartier des esclaves. « Ne prête pas attention à mes paroles, Silat, c’est l’œuvre de la fatigue. » Ajouta-t-il à l’attention du jeune valet qui le suivait.

Aux brides d’un fier pur-sang Ashnardien, à la couleur noire teintée de rouge, le Lord observa d’un œil amusé les lieux. En tant qu’homme, cet endroit, ces odeurs pestilentielles et ces couleurs moroses lui auraient donné la nausée. Mais loin de là, désormais, car il n’était plus autant homme que diable. Le cours des choses l’avait même mené à préférer Ashnard à Nexus, bien qu’il n’ait un titre de noblesse que dans la dernière.

L’odorat du démon, d’habitude infaillible, était induit en erreur par les vapes nauséabondes du crématoire proche. N’était-il pas commode d’avoir un lieu où disposer de cadavres, aussi près d’une place aux enchères ? Pas besoin d’être un génie pour deviner que les brutaux esclavagistes Ashnardiens avaient pour habitude de mener leurs captures sur la place publique, les pieds devant.

Pourquoi venir en ces lieux sordides ? Quand on connait le luxe d’une imposante demeure à Nexus, le ridicule inconfort présent jusque dans l’atmosphère d’Ashnard paraissait être une torture imposée à soi-même. La réponse était pourtant simple. Pour les esclaves. Le marché était devenu beaucoup trop saturé de produits de mauvaise qualité et d’affaires aux rapports entre qualité et prix plus que douteux.

« Silat. Attache les chevaux, va prendre une chambre à l’hôtel de la Nuit Rouge, je t’y rejoindrai avec d’éventuels achats. » Dit le démon en se tournant vers son valet.

L’oriental aux traits fins acquiesça, descendant de sa monture en même temps que son maître, pour aller reconduire les destriers à quelques pas de là. Stephen le regarda faire d’un œil attentif, et tourna les talons lorsqu’il fut certain que son domestique avait pris le bon chemin. Il était temps pour lui, après ce long périple dans les contrées du chaos, de se faire plaisir, par quelques judicieux achats.

Réajustant le large chapeau texan noir qui trônait sur son crâne, le démon fit quelques pas en avant. La courte cape sur ses épaules voletait au gré de ses avancées, lui donnant un air encore plus singulier que sa tenue exotique ne dégageait déjà. Il connaissait par cœur le chemin jusqu’à cette place, ayant de nombreuses fois accepté des contrats pour un groupe de mercenaires qui se trouvait non loin.

Malgré les relations plus que mauvaises entre Nexus et Ashnard, les deux empires ne voyaient nul problème à accueillir des ressortissants des deux côtés. Le temps de quelques achats surtaxés sur la place publique, cela dit. Et Stephen se trouvant maintenant sous l’autorité de la couronne Nexienne, de par son statut de noble, préférait éviter de s’éterniser dans cet endroit qu’il appréciait pourtant tellement. Quelques bruits montaient de la place bondée, au moment où le beau diable posait le pied sur la place proprement dite.

Seul fut captée par les yeux aguerris du noble, une petite ombre féline qui quittait l’estrade, alors que de lourds liens, scellés mais vides, tombaient au sol. Le démon n’aurait pas plus porté attention à la scène, si un détail n’était pas remonté jusqu’à son cerveau. Ce fameux détail étant l’air ahuri que porta une des esclaves attachées aux menottes présentement vides, puis au chat qui filait dans la foule.

Convaincu par le genre d’intuition que seul un démon peut avoir, Stephen se mit à bousculer les badauds pour suivre la trace du félin. Son odorat était quelque peu brouillé par l’odeur infecte qui pesait dans l’air, mais il parvenait à suivre la distincte odeur de cet… Animal. Voilà qui éveillait sa curiosité. Et éveiller la curiosité d’un homme comme lui, ce n’était pas forcément une bonne chose.

« Voyons ce que tu caches. » Murmura le démon, pour lui-même, en approchant du félin.

Le beau chat s’était assis avec toute l’élégance d’un authentique félidé. Se lavant, avec la même expression qu’un voleur qui se frotte les mains d’un larcin réussi, il avait, somme toute, l’air d’un chat comme un autre. Peut-être était-ce l’apparente prétention sans borne de ces animaux qui les rendait aussi beaux et fascinants, en tous cas de l’avis de l’américain. Ce dernier fit simplement mine d’observer l’animal de loin, n’approchant que très lentement lorsqu’il semblait regarder ailleurs.

Ayant finalement quelque peu fermé la distance qui le séparait du chat, le beau brun s’abaissa légèrement, pliant les jambes et posant ses coudes sur ses genoux. Maintenant à hauteur du félin, il l’observa, de ses pupilles orangées, inhumaines. Un léger sourire naquit sur ses lèvres charnues, et il tendit sa paume vers l’animal, s’assurant que personne ne regardait.

« Qui que tu sois, tu imites un chat à la perfection. » Dit-il, inspirant un bon coup pour s’assurer que l’odeur était celle d’autre chose qu’un véritable chat. « Mais pas assez pour tromper mes sens. Alors je vais gentiment te proposer de me suivre, avant que je ne mette malencontreusement tes geôliers sur ta piste. »

Son regard se fit plus perçant, presque moqueur. Il se releva légèrement, jetant un coup d’œil vers une ruelle non loin. Un hochement de tête indiqua au félin de s’y rendre.
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« Répondre #2 le: Octobre 16, 2013, 06:52:14 »

Les braillements du supplicié faiblissaient à présent, ne surgissant plus que de manière très irrégulière et succincte. Soit que leur émetteur arrivait en bout de course, soit qu'on avait mis fin à son calvaire. La petite chatte interrompit sa toilette, le temps de tendre l'oreille, à l'affût, voir si elle discernait toujours le claquement sec du fouet qui lacérait aussi bien l'air que la chair. Mais non. La vente semblait avoir repris son cours habituel, attirant son lot de badauds. Il était temps pour elle de se retirer avant qu'on ne se rende compte de son évasion, bien qu'il lui paraissait peu probable d'être d'emblée suspectée sous cette forme. Elle préférait ne pas trop tarder en chemin cependant, quitter Ashnard au plus vite pour atteindre des terres moins inhospitalières, surtout avec sa nouvelle condition de fugitive. Le temps de se faire oublier, du moins. Si on lui remettait la main dessus avant, elle ne s'en sortirait sans doute pas indemne. Loin de là. Mais les risques qu'elle endossait, elle les justifiait par le mépris et la répugnance que son indépendance vouait à la vie de servitude. Sa fierté mêlée d'orgueil la poussait à s'affranchir de tout ce qui était susceptible de la brider. A n'importe quel prix -ou presque.

Néanmoins, le félin avait peut-être déjà fait preuve de trop d'imprudence. C'est la pensée qui la traversa lorsque l'or liquide de ses prunelles avisèrent la silhouette de l'inconnu, tout près, drapé d'une cape conférant de l'ampleur à sa démarche. Dédaignant la vulgarité de sa main ouverte, la chatte soutint d'entrée de jeu l'intensité de son regard, un instant captivée par leur flamboiement, réprimant de ce fait l'éclosion d'un frisson. Le duvet de sa nuque se hérissa néanmoins à hauteur du garrot, inexplicablement électrifié. Elle n'était pas effrayée, non... Seulement, elle décelait quelque chose de particulier chez cet individu. Quelque chose contre lequel son instinct la mettait sourdement en garde. Il dégageait, en outre, une puissante aura démoniaque, alors qu'elle n'était elle-même qu'un démon anonyme, dont la jeunesse concurrençait l'inexpérience. Mais être intimidée ne lui vint pas à l'esprit.

L'élégant félidé, au poil un peu plus terne que d'habitude, fit onduler l’extrémité de sa queue en l'écoutant. Inutile de jouer le rôle de la bête effarouchée plus longtemps, lui souffla sa conscience. Pas avec lui.
Elle suivit l'orientation de son regard et se leva, prête à obtempérer. Quitter la place était la meilleure chose à faire, du reste. Elle s'éloigna en cinq foulées galopantes jusqu'à atteindre l'orée de la ruelle et s'y engouffra sans hésitation. L'animal n'avait toutefois pas filé assez vite pour donner l'impression d'une fuite, car là n'était pas son intention.
Profitant de son avance, la chatte se cala sous un porche, de façon à se draper dans l'obscurité ambiante. L'étreinte des ténèbres lui offrit un semblant d'intimité pendant que sa silhouette s'élançait et se modelait pour adopter les courbes exquises d'une jeune femme entièrement nue.

Mélisandre se mordilla farouchement la lèvre inférieure en mesurant l'étendue de sa vulnérabilité. Les murs suintants qui l'encadraient léchaient sa peau nue comme pour en goûter la sensibilité, déclenchant de violents tressaillements dans ses membres, désagréables. Elle plaqua son dos contre la porte condamnée, derrière elle, afin de demeurer dans le couvert de l'ombre. Des échardes sournoises égratignèrent aussitôt la chute de ses reins et l'harmonieux arrondi de son fessier. L'épaisseur des ténèbres estompait les traces de contusions arborées par son corps brimé, comme le témoignage silencieux des épreuves traversées. La démone pressa son bras droit contre sa poitrine, et remonta sa cuisse contre la chaleur diffuse de son intimité pour en couvrir la nudité. Il s'agissait moins de pudeur que d'une volonté de paraître moins vulnérable face à ce qui l'attendait. De ses lèvres entrouvertes s'échappa le souffle régulier mais fébrile de sa respiration, et elle se mit à compter les secondes qui la séparaient encore de son prochain tête à tête. Il y avait mieux à faire que fuir. Elle en était persuadée.

" Bonjour, " susurra sa voix dans un léger murmure, alors qu'elle reconnaissait l'ombre de l'étranger.

Il allait vite comprendre en inhalant son parfum, aux notes capiteuses et métissées de nervosité.

" Vous n'allez prévenir personne, ajouta-elle rapidement, car je me doute que vous ne cachez pas votre jolie tête sous ce chapeau par hasard. La ville d'Ashnar est un piège aux mâchoires perfides. Vous avez tout autant intérêt que moi à rester discret. Et c'est ce que nous allons faire. "


L'outrecuidance de son aplomb lui revenait enfin. La brunette exposa furtivement les traits de son visage à un faisceau de lumière tamisé, se penchant imperceptiblement vers son interlocuteur.

" Soyez aimable. Ôtez votre manteau et votre couvre-chef, et donnez-les moi. Je crois en avoir davantage besoin que vous. "

Sa main libre se tendit à son tour vers l'imposante stature du démon, ouverte, pour le solliciter. Un sourire fugace flotta sur ses lèvres.

" Après quoi j'envisagerai de vous tenir compagnie le temps que les choses se tassent. Vous m'avez tout l'air d'être un charmant personnage. "

Son ton était caressant. L'urgence de la situation la contraignait à un pragmatisme des plus efficaces. La belle avait en effet besoin de vêtements pour traverser la ville -car elle ne pourrait décemment pas conserver son apparence de chatte indéfiniment, et si possible d'un accompagnateur, car les recherches se focaliseraient dans un premier temps sur les femmes isolées, qui correspondraient à sa description. Elle susciterait moins de suspicion si elle était flanquée d'un type comme lui.

" Où est c'te garce ?! "


Mélisandre détacha brusquement son regard du démon pour épier l'embouchure de la ruelle, ombrageuse et anxieuse.

" TROUVEZ-LA BORDEL ! "

Son nez se plissa de contrariété, tandis qu'un frisson hérissait sa peau dénudée, désespérément exposée.

" S'ils nous débusquent, je prétendrais que vous avez profité de la mêlée pour me détacher et tenter de me voler. "

Son regard de fauve se confronta de nouveau à celui de l'homme, avec une intensité renouvelée. Elle souriait en douce.


" Les voleurs ne sont pas appréciés, ici plus qu'ailleurs. Ces messieurs préfèreront me croire parce qu'ils auront moins à perdre à s'en prendre à vous qu'à moi. Ils vous traîneront sur la place pour faire de vous un exemple, plutôt que d'avoir à gâcher la marchandise que je constitue. A leurs yeux j'ai de la valeur, plus que vous, et ils sont une vingtaine, vous n'aurez pas le temps d'exposer vos droits ou vos arguments. "


L'impudente leva son visage vers le sien, redressant le menton avec défi. Créer l'illusion d'une position de force, voilà ce qui pourrait la sauvegarder. Oh, évidemment, elle avait conscience du degré de danger auquel elle s'exposait, mais à choisir, elle préférait endurer sa répartie plutôt que le fouet des mercenaires.
« Dernière édition: Octobre 16, 2013, 08:16:52 par Mélisandre Cairn » Journalisée

Stephen Connor
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Colosse d'un mètre et quatre-vingt quinze centimètres, de près de cent cinquante kilos, aux yeux rouges et à la peau cuivrée. 

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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #3 le: Octobre 16, 2013, 08:52:28 »

Stephen ne prêtait pas attention au plaintes et gémissements de douleurs que poussait le supplicié en place publique. Les faibles ne méritent pas l’attention des forts, et en ce moment, le fort n’était intéressé que par ce chat. Car l’odeur de cet animal l’intriguait, lui semblant presque incompréhensible. Pourquoi refuser à ce point d’admettre ce qu’il ne comprenait pas ? Sans doute le fait d’être un puissant démon, un des plus hauts nobles des plus basses enfers, avait-il eu raison de son habituel laxisme.

Le fait que le félin ignore délibérément une main offerte était, en soi, une insulte. Mais la façon qu’il avait de soutenir son regard était des plus agaçantes. Aussi le beau diable ne supportait pas de voir ces belles pupilles fendues l’observer sans la fascination intimidée qu’il aurait dû y lire. Dans un geste qui exprimait son mécontentement, le démon transforma sa main ouverte en un poing fermé, qui se changea presque instantanément en une main ballotant au gré d’un poignet détendu.

Au moins, l’animal comprit ce que lui avait indiqué le noble de noir vêtu. Ce dernier observa l’animal quitter son trône pour se rendre dans la ruelle, d’une démarche désinvolte typiquement féline. La curiosité gagnait de plus en plus le beau diable, croissant en même temps que l’impatience. Il avait manqué d’aventures et de mystères, récemment, et son imagination fertile se mettait en marche, face à ce mystère aux yeux d’or. Dans un geste feignant le désintérêt le plus total, il se releva, observant chaque coté et point cardinal pour s’assurer que nul humain ou assimilé ne l’avait vu.

« Tous trop occupé à se délecter des malheurs d’autres faibles. » Murmura-t-il à voix basse, référant au supplicié et aux esclaves à vendre.

Époussetant son habit, bien qu’il sache pertinemment que l’air sale le souillerait de nouveau sous peu, il se mit en marche. Ses épaisses semelles faisant craqueler la terre sèche sous ses pieds. Toujours plein d’assurance, la tête haute et le torse bombé, il se trouvait néanmoins en proie à l’hésitation. Sa main gauche tenait fermement l’arbalète posée sur sa cuisse. On ne sait jamais quel coup prépare un ennemi, et il est toujours judicieux de voir ce que l’on ne connait pas comme un éventuel ennemi.

Ses yeux habiles discernant avec assez d’aisance les formes, même dans l’ombre d’une ruelle Ashnardienne, Stephen n’eut pas de mal à retrouver la trace du chat. Mais, si la silhouette était toujours aussi magnifique et féline, elle n’avait plus rien de celle d’un chat. Les sourcils du beau diable se froncèrent. C’était une femme, et une superbe femme, en plus. Du moins c’est ce que semblait indiquer le peu de courbes que distinguaient ses yeux aguerris.

Lentement, les narines du monstre se retroussèrent, et il inspira. C’était bien son odeur, toujours aussi incompréhensible. Elle mêlait plusieurs essences dans un parfum que le démon était forcé de reconnaître enivrant. Son arme fétiche fut bien vite délaissée par sa main gauche, et sa posture se fit plus droite, signe qu’il n’était plus vraiment aux aguets. En quelques pas, il se trouva à un mètre seulement de la belle fugitive.

« Bonjour. » Répondit-il d’un ton joueur, presque prédateur.

Ecoutant les paroles de la jeune femme, il observait également son corps, ne dissimulant pas le moins du monde son plaisir. L’affection qu’il portait aux belles hanches et aux fessiers fermes et rebondis était assez connue de son entourage, et il aurait bien voulu remplacer l’heureuse porte qui maintenait la belle inconnue debout. Son regard se fit plus doux, tandis qu’elle avançait dans ses explications. Mais une douceur malsaine, exactement la même douceur féline que la panthère qui approche de sa proie. Une douceur que devait bien connaître l’inconnue.

« Il est un fait que les nobles de Nexus ne sont pas les bienvenus à Ashnard, à plus forte raison s’ils n’achètent pas pour plusieurs centaines de pièces d’or. » Répondit Stephen et se frottant le menton de son index. « Néanmoins, argent et influence rendent puissant dans une ville aussi mauvaise. Toi, tu n’as même pas le moindre vêtement sur la peau, alors laisse-moi douter du bon état de ta bourse. » Dit-il en effleurant les clavicules de la jeune femme du bout de son index. « Niveau discrétion, je m’abstiendrai des conseils d’une femme qui se contente de cacher son corps nu dans l’ombre d’une ruelle d’une ville comme Ashnard. »

Son doux sourire provocateur et arrogant n’avait jamais quitté ses lèvres, ses yeux se plissant légèrement à la fin de sa tirade. Il sourit encore plus à la proposition de cette audacieuse beauté féline. Elle avait un sacré culot, mais il était vrai qu’il avait tout intérêt à lui permettre de fuir, s’il souhaitait en apprendre davantage sur elle. Alors, dans un élan de générosité plus que forcé, il ôta sa cape, son gilet de costume et son chapeau et les donna à l’inconnue. La jeune femme pouvait aisément enfiler le gilet, mettre le chapeau, et utiliser la cape comme longue jupe improvisée.

Quant à l’américain, il se retrouvait en chemise noire, avec un pantalon et des bottes de la même couleur. Le chapeau avait rabattu ses cheveux rebelles vers l’arrière, et un bref passage de sa main leur fit retrouver leur forme habituelle. Heureusement, Stephen n’était pas assez idiot pour venir à Ashnard en arborant ouvertement le sceau de son clan estampillé du signe de la noblesse de Nexus. A chaque déplacement dans la sordide capitale du royaume Ashnardien, il enfilait un emblème typique de la ville.

« Je n’ai pas peur de quelques esclavagistes. » Répondit-il sèchement. « J’ai un moyen de leur échapper, quoiqu’il en soit. Mais je consens à t’aider, uniquement parce que tu m’intrigues. » Ajouta le démon en sortant une plaque de métal de sa poche.

C’était l’insigne des Rougelames, une célèbre compagnie de mercenaires Ashnardienne pour laquelle avait longtemps travaillé le nouveau noble, du temps où il était encore un démon sans titre de noblesse. Se balader en ville avec ce blason ne signifiait pas éviter les moindres ennuis, mais c’était un passe droit dans nombre de situations. Et Stephen l’enfilait sur son vêtement uniquement pour éviter davantage de curiosité à son égard quand il quitterait la ruelle en compagnie de la belle inconnue.

« Avant que je ne change d’avis. » Grogna-t-il à la jeune femme en tournant les talons vers une des sorties de la ruelle.

Direction l’auberge de la Nuit Rouge. Sûrement la meilleure auberge de ce quartier. Ce qui n’était pas grand-chose, à vrai dire.
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« Répondre #4 le: Octobre 16, 2013, 11:50:46 »

Mélisandre l'observait attentivement, blottie dans l'ombre de sa petite cavité et le tiède réconfort de ses bras. Elle le dévisageait avec l'assurance qui la caractérisait, l’œil sobre, plein de réserve. Elle se devait d'être sur ses gardes, aussi la défiance se déchiffrait sur sa figure cernée de mèches noires. Mais la peur demeurait définitivement absente. Si elle se méfiait du diable, elle ne le craignait visiblement pas, quand bien même qu'elle sentait la brûlure de son regard sur son corps nu, avec une acuité accrue. Elle ne se laissa pas troubler, peu disposée à déposer les armes devant lui. L'effrontée n’identifiait que trop bien le miel de son regard, parfaitement étudié pour appâter son gibier. Il lui revenait de lui faire comprendre qu'elle n'en n'était pas un.

La première réplique du séduisant démon manqua de peu de la faire rire. Un petit rire amusé, discrètement spontané, car il mettait le doigt sur une vérité aussi drôle qu'affligeante : elle pouvait exiger et fanfaronner tant qu'elle voulait, le fait est qu'elle restait à poil dans le pire lieu qui soit. Là. Dans le fin fond d'une ruelle Ashnardienne. Bien vu, l'ami.
Mais son enthousiasme se volatilisa bien vite. La jolie brune se figea en inspirant doucement au contact de son index, pourtant très bref. Elle frémit, malgré elle, le regard légèrement plus oblique, presque torve.

La sulfureuse démone saisit vivement ce qu'il lui présenta, pressée de se couvrir. Ce qu'elle fit, se retournant face à la porte close, présentant l'espace de quelques secondes la cambrure de son dos à l'homme. Elle enfila le gilet en prenant soin de le boutonner en entier, noua la cape autour de sa taille comme une jupe de bohémienne puis vissa le chapeau sur sa tête -ce qui lui conféra un petit air renfrogné.
Mélisandre fit de nouveau face au mystérieux inconnu, s'appliquant à lisser l'étoffe du gilet sous lequel pointait -à son grand désespoir, l'insolence de ses tétons dressés. Elle leva les yeux vers le démon, le temps qu'il épingle l'insigne sur sa poitrine, avant de ranger quelques mèches récalcitrantes sous sa coiffe. Finalement, un léger sourire naquit au coin de ses lèvres lorsqu'elle lui emboîta le pas, un rien moqueuse.

" A la bonne heure, " répliqua-t-elle d'une voix légère, forçant l'allure pour ne pas se laisser distancer par ses grandes enjambées.

La féline prit soin de rabattre les pans de son couvre-chef sur son joli minois, lequel se brouillait dès lors dans l'ombre, le rendant méconnaissable. Elle se permit néanmoins la fantaisie d'un coup d’œil critique sur l'austère façade de l'auberge, une fois arrivée devant.

" Bonne idée, lança-t-elle à l'intention de son accompagnateur, appuyé d'un regard railleur. Puisque votre bourse est en si meilleure état que la mienne, vous allez pouvoir vous en servir. J'ai soif, et je meurs de faim. "

Et sans rien ajouter d'autre, la belle se détacha de l'arrogant personnage pour pousser la porte de la Nuit Rouge et en franchir le seuil seule. Un molosse aux babines écumantes l'accueillit dans le vestibule, solidement enchaîné au mur d'en face. Dès qu'il aperçut Mélisandre, il se rua sauvagement en avant, à moitié étranglé par son collier. Ses aboiements enragés faisaient trembler les murs. La jeune femme se garda de reculer, hors de portée. Statique face à la bête, elle le gratifia d'un regard à la fois moqueur et dédaigneux.

" Sale bête, " glissa-t-elle, le sourcil dressé sur le mépris de ses prunelles.
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Stephen Connor
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« Répondre #5 le: Octobre 17, 2013, 01:44:52 »

Stephen l’avait su en la voyant, il le sentait en respirant son odeur, elle n’était pas n’importe qui. Et s’il était plus intrigué, originellement, par ce qu’elle était que par son corps, la première vue de ce dernier le faisait hésiter. C’est donc toujours incertain de la meilleure façon d’agir qu’il ôta malgré tout ses vêtements, permettant à la belle de se faire un costume de fortune.

Elle ne manquait pas de répartie, mais il ne fallait pas sous-estimer le beau diable, lequel pouvait se montrer tout aussi manipulateur. C’était sûrement une caractéristique propre à tous les démons. Enfin, ça, Stephen ne le savait pas, n’ayant toujours pas discerné l’odeur de démone de la belle. Pour l’heure, seul lui importait de quitter les lieux au plus vite. Car s’il pouvait sans mal s’occuper de quelques esclavagistes, pas sûr qu’il tienne face à toute la garde royale qui allait être dépêchée.

L’arrogance de l’inconnue lui rappelait quelque peu la sienne, mais il avait l’avantage. Argent, statut avantageux, pour le moment, dans le petit duel inavoué, il avait largement la main gagnante, à son avis, en tous cas. Car on ne trompe pas un démon. Pourquoi donc l’avait-il touchée ? Quelle question, pour la jauger. Et elle avait frémit, un détail qui n’échappe pas à celui qui cherche des indices.

C’est donc sans dire un mot, mais tout de même souriant, que le beau diable se mit à marcher à son tour. Elle avait l’air de savoir où aller, connaissait-elle un peu Ashnard ? Vu sa démarche, cela semblait probable. Sur le chemin, personne ne vint les déranger, hormis quelques œillades, de divers passants, sur la jeune femme. Malgré sa tenue que l’on pouvait qualifier d’exotique, elle restait très belle, et son corps, exquis.

« Connaitrais-tu déjà l’auberge en question ? » Demanda le beau diable en marchant à coté de la jeune femme. « Ton pas est assuré, en tous cas. Comment t’es tu retrouvée sur une place de vente aux esclaves ? »

La question s’imposait d’elle-même. Mélisandre, comme Stephen ignorait qu’elle s’appelait, ne paraissait pas être une femme faciel à maîtriser. Et elle paraissait encore moins être une femme facile à duper. Par conséquent, le beau diable se trouvait en droit de s’interroger. Mais dans le fond, les réponses à ces questions n’importaient pas tant que cela. Stephen se doutait qu’elle souhaitait conserver une part de mystère.

Elle n’était pas sotte, et elle avait bien compris qu’elle obtiendrait beaucoup plus du mâle par le charme que par les menaces. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il la trouvait séductrice, un peu provocante. C’était, en réalité, sûrement naturel, mais lui ne se souciait pas de cela, obnubilé par l’idée d’en apprendre plus sur cette mystérieuse inconnue.

Alors qu’ils marchaient de concert, ils finirent par arriver en face de l’auberge. Elle portait bien son nom, étant teintée d’un rouge ocre, pareil à celui que l’ont voyait sur le sol. Il était même impossible de deviner si c’était un hommage à la couleur de la terre environnante, ou si la poussière avait fini par teinter le bois de la bâtisse.

Ils n’avaient marché que quelques minutes, mais déjà le beau diable avait formulé mille et une possibilités quant à l’identité de la jeune femme. Ce qui en ressortait de manière sûre, c’est qu’elle n’était pas humaine. Enfin soulagée de l’odeur immonde du brasier crématoire, les narines du beau diable percevaient un peu de démon chez cette diablesse au corps de rêve. Alors pourquoi ne pouvait-il toujours pas définir clairement ce qu’elle était ?

« Silat. » Appela le noble en poussant les portes battantes et en dépassant le vestibule, dont la porte donnant sur la salle principale était ouverte.

Un jeune oriental se leva de sa chaise. Sur sa table trônait un repas qui semblait bourratif mais peu goûteux, et une pinte de bière en digestif. D’un geste de la main, Stephen fit signe au bel écuyer de rester assis, lui indiquant par de brèves paroles qu’il était en compagnie d’une invité. Le jeune éphèbe aux cheveux d’ébène se rassit donc et salua l’inconnue d’un air quelque peu timide. C’était un serviteur respectueux et honorable, venu des terres d’orient.

C’est alors que plusieurs aboiements se firent entendre dans la taverne, provenant d’un colossal molosse attaché à un anneau de fer lui-même collé au mur. Il n’avait mis qu’une seconde pour aboyer sur la jeune femme, et ceci arracha un sourire au démon. Le clébard n’en démordait pas, aboyant et tirant de toutes ses forces. Un grand cri, d’une voix grasse, retentit alors, et le chien se tut, grognant encore légèrement. Stephen porta son regard sur l’aubergiste, qui venait de faire taire son cabot.

D’un simple doigt, il indiqua au tenancier qu’il prendrait une table dans le fond. Ce dernier, caricature de barman en train de nettoyer ses pintes, acquiesça et fit signe au garçon de table d’aller leur chercher des menus. Etant relativement cher pour les standards d’Ashnard, l’endroit était peu fréquenté. Il faut dire que c’était tant mieux, car Stephen avait besoin de toute la quiétude du monde pour la suite des évènements.

« Assieds toi. » Dit-il en tirant une chaise pour Mélisandre. « Ne vas pas t’imaginer un seul instant qu’un seul morceau de ce qui sera ingurgité par ta personne en ces lieux ne sera versé sur mon ardoise sans que tu me le rendes. Tes beaux yeux ne valent pas les prix exorbitants de cette auberge moisie. »

S’affalant lui-même sur une des chaises, il réceptionna les menus sans plus attendre. Ne s’attardant pas, il commanda à la va-vite une pinte de bière et de la viande de sanglier, la seule chose qui avait un peu de goût ici. Son regard chaud se reporta alors sur celui de la féline. Croisant les bras sur son torse, sa chemise peinant à cacher ses muscles, le beau diable reprit la parole.

« J’ai du mal à comprendre ce qu’une personne qu’un démon de mon rang n’arrive même pas à cerner faisait dans une vente aux esclaves. D’autant plus que tu m’as manqué de respect, et que je compte bien te rendre la monnaie de ta pièce. » Expliqua-t-il, les sourcils légèrement froncés.

Oh, comme à son habitude, il peinait à ne pas s’attarder sur le doux visage de la jeune femme, et sur sa poitrine sans soutien-gorge.
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« Répondre #6 le: Octobre 17, 2013, 05:18:54 »

Mélisandre avait éludé les questions de son noble étranger d'un simple sourire, espiègle, à l'ombre de son chapeau. Elle l'avait senti impatient durant le trajet. Désireux d'en savoir davantage sur elle, pour mieux la cerner. Apparemment, ce qui lui échappait avait le don de le travailler, car elle l'avait trouvé songeur tout du long. L'agaçait-elle ? Cette idée la fit sourire doucement. L'affriolante brunette avait marché à sa hauteur et s'était fiée  à son regard et à son attitude pour  déterminer leur point de chute. Elle ne connaissait pas Ashnard si bien que ça. Même si elle s'y était déjà rendue auparavant, pour des affaires qui ne regardaient qu'elle. Et certainement pas en tant "qu'esclave".

La jeune femme nargua le molosse jusqu'à ce que retentisse la voix de son propriétaire, toute aussi tonitruante que celle de son foutu cabot. Ce dernier jappa sourdement, puis se tut, les babines frémissantes de rage, retroussées sur une rangée de crocs jaunis. Ces bêtes serviles méritaient bien leur place aux pieds de leur maître, ou enchaînés à un mur.
La diablesse émit un léger claquement de langue pour exciter une dernière fois l'animal, avant de jeter un regard circulaire dans la grande salle, surprenant le salut timoré du dénommé Silat. Elle rentra dans la pièce pour s'en approcher, d'un pas souple, délié, qui faisait ondoyer sa jupe improvisée, fendue au niveau de la cuisse. Elle lui adressa un coup d’œil limpide, chaleureux même, en passant à sa hauteur, raflant au passage une miche de pain sur sa table. C'était un joli garçon. Le valet de son bel inconnu, à l'évidence. Elle se demanda brièvement s'il s'en servait comme intermède sexuel, à ses heures perdues. Ce qui la fit revenir au démon, qu'elle contempla tirer une chaise à son intention, en retrait. Elle ne manquerait pas de lui poser la question d'ailleurs, bien qu'elle se doutait de la réponse. Avec un peu de chance, elle titillerait sa susceptibilité.

Une fois de plus, Mélisandre s'exécuta en prenant place face au beau diable, sans s'offusquer de son ton péremptoire, pressée de se sustenter. Elle sortit le pain récemment ravi de son gilet et mordit dedans, vorace, cédant à l'appel de son estomac vide, trop affamée pour se préoccuper de la qualité de la croûte pourtant douteuse. Pour autant, elle ne délaissait pas son interlocuteur, qu'elle étudiait soigneusement, le regard sombre et pénétrant. Elle n'avait pas quitté son chapeau, par excès de prudence. Les rares clients que comptait l'auberge se distribuaient en rangs éparses, éparpillés, pareils à des moutons égarés, perdus dans la contemplation de leur choppe de bière.
La féline consentit à mâcher et à avaler sa dernière bouchée de pain dans l'optique de l'échange à venir. Elle épousseta négligemment le haut de son gilet, constellé de miettes, tout en récapitulant d'une voix narquoise :

" Donc, si je fais le point, vous êtes un nobliau appartenant à la haute société Nexusienne, relativement influant, puissant, jouissant d'une place et d'une notoriété certaine au sein de la confrérie Rougelames -en plus d'être pingre. "

L'impudente avait compté sur ses doigts tout en énonçant chaque détails, insistant particulièrement sur le dernier d'entre eux, l’œil moqueur. Délibérément provocante. Elle s'interrompit le temps de s'adresser au garçon de table pour lui réclamer un grand verre de lait et une autre portion de sanglier, souriante.
Elle se pourlécha ensuite les lèvres.

" Je puis également ajouter sans craindre de me tromper que vous êtes bouffi de vanité. Même plus que moi. Chose assez exceptionnelle pour mériter d'être soulignée. "


La ravissante donzelle s'accouda sur la table, parfaitement à l'aise. D'humeur mutine.

" Heureusement j'ai une monnaie d'échange. J'en sais à présent davantage sur vous que vous sur moi. Aussi je vous propose le marché suivant : vous m'invitez à votre table et en échange, durant le déroulement du repas, je répondrai aux questions que vous soulèverez. Sans détours. "

Mélisandre pencha légèrement la tête de côté, attentive, mais aussi un rien fascinée -il fallait l'admettre, par le magnétisme du Nexusien, et le dessin de ses muscles sous la délicate étoffe de sa chemise.
Elle arqua un sourcil réticent à sa dernière remarque.

" Navrée si je vous ai offensé, noble étranger, minauda-t-elle, malicieuse. Je me permets cependant de vous faire remarquer que j'ai passé l'âge des remontrances. "

Elle s'autorisa un regard en arrière, vers les cuisines, alléchée par les odeurs de nourriture. Impatiente.
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« Répondre #7 le: Octobre 17, 2013, 07:12:07 »

Stephen, de par son caractère arrogant et ses habitudes, ses gestes oscillant entre charme et dédain, dégageait une étrange aura. Et pourtant, nombreux étaient ceux qui devaient admettre se voir fascinés par le beau diable. Mais cette femme, elle semblait désireuse d’échapper à l’emprise magnétique qu’il se plaisait à imposer. Cela n’était pas du goût du démon, pas du tout.

Cette invitation à manger relevait plus d’un effort qu’il faisait pour mieux cerner Mélisandre que d’un geste de bonté. Il se doutait bien qu’il finirait par payer l’addition relativement salée, mais si c’était ce qu’il fallait pour obtenir des réponses, il ferait avec. Ses bras s’étaient croisés sur son torse musclé, moulé par une chemise supposée être ample.

Les chauds yeux orangés du monstre ne quittaient pas ceux de la jeune femme. Dans son regard se lisait curiosité, agacement, et une pointe d’envie qui ne se trouvait perceptible que lorsque son regard glissait sur les traits et les formes de l’invitée. Cette description qu’elle avait fait de lui ne manqua pas de lui arracher un franc sourire. Il reconnaissait bien là l’arrogance propre aux démons.

« Tu résumes parfaitement ma situation, mais tu oublies un détail. » Dit-il en tapotant de l’index le bras sur lequel était posée sa main droite. « Je suis aussi un noble dans le monde d’en bas. »

Cette phrase était cryptique, sûrement incompréhensible. Pour quiconque n’était pas un démon, en tous cas. Et l’odorat de Stephen ne le trompait pas sur ce plan, elle avait forcément une inexplicable part de sang démoniaque. S’il n’était pas capable de déterminer avec certitude à quel point elle était une infernale, il n’avait pas de doutes sur le fait qu’elle l’était.

La deuxième fois que Mélisandre prit la parole, elle arracha un franc sourire au beau diable. Allons bon, n’avait-il pas toutes les cartes en main pour être un monstre de vanité. Décroisant élégamment les bras, il posa ses coudes sur la table. Ses mains se joignirent alors qu’il se penchait pour y poser son menton. Un sourcil se haussa sur son front, devait-il répondre ?

« Ne me prends pas de haut. » Se contenta-t-il de répondre en souriant légèrement.

Elle était en train d’essayer de s’imposer comme dominante dans cet échange. Face à un homme comme Stephen, c’était une mauvaise idée. Mais il était bien trop manipulateur et vicieux pour la punir autrement que par ses habituelles méthodes. Et plusieurs idées germaient dans son esprit. Il n’appréciait pas la façon dont elle lui parlait. Son manque de déférence saurait amener une punition appropriée.

Sans que l’usuel air amusé et prédateur ne quitte son visage, le beau mâle fit signe au tenancier qu’il paierait pour la jeune femme. C’était indéniable, elle avait gagné cette manche. Mais Stephen était assez intelligent pour la laisser grappiller quelques miettes. Qu’elle se sente en confiance, avant qu’il ne décide de finalement fondre sur elle.

Mélisandre cherchait tant à appuyer sa dominance qu’il paraissait évident qu’elle était en réalité en position de faiblesse. Après tout, elle était une fugitive, sans le sou, à peine vêtue, dans une ville dangereuse comme Ashnard. Lui ? Il était un noble, protégé par une autorité double, celle de la couronne Nexienne et par la société de mercenaires la plus rentable du secteur. Fort de son argent également, il n’avait rien à craindre. Qu’elle se couvre de mystère, il restait toujours le maître.

« Tu n’as pas l’air de saisir la position dans laquelle tu te trouves. Tout du moins, tu n’as pas l’air de vouloir la saisir. » Expliqua le démon d’un ton calme. « Je suis influent, comme tu l’as dit. Je suis un noble et un ancien mercenaire, avec des parts financières importantes. Autrement dit, je suis presque intouchable. Toi ? Eh bien disons que je ne pense pas qu’une femme vêtue comme une bohème, aussi belle soit-elle, ne puisse me causer du tort. »

Il n’allait pas mentir et prétendre ne pas être attiré par l’élégante féline. Malgré tout, elle restait une femme très irritante, d’une façon presque séduisante. A vrai dire, il avait l’impression de s’adresser à un miroir. Sans doute aurait-elle pu le tenir en échec, s’il n’était pas persuadé d’avoir un réel avantage. Dans un sens, son repas serait quand même payé, et peut-être pouvait-elle considérer cela comme une victoire.

Stephen fixait toujours la jeune femme lorsque le serveur vint déposer les plats sur leur table. La boisson de Mélisandre fit tiquer le beau diable. Du lait. Finalement, elle avait tout du chat, et c’en était presque charmant. Peut-être avait-elle du sang Terranide, cela aurait expliqué l’odeur singulière qu’elle dégageait. Mais cette question était de moins en moins importante pour Stephen, seule restant l’envie de dominer la jeune femme.

« Ce sont moins des remontrances que des vérités, mais peu importe. » Dit-il en s’affalant à son tour sur sa chaise. « Alors, qu’es-tu ? Je sens de la démone en toi, mais… » Mais quoi ? Il ne le savait pas lui-même. « Et puis je savoir ce qui t’amenait sur la place publique ? Du mauvais coté du comptoir. »

Tout en prononçant ces paroles, il se mit à découper la chair de sanglier baignée dans ce qui devait être un cognac de mauvaise qualité. L’odeur était puissante, Stephen savait par habitude que la viande de gibier était la seule chose qui ait un minimum de goût dans ce trou à rat. Mais il ne commencerait pas à manger avant d’avoir obtenu de réponse. Et ça se lisait dans son regard.
« Dernière édition: Octobre 17, 2013, 10:02:10 par Stephen Connor » Journalisée

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« Répondre #8 le: Octobre 18, 2013, 04:14:48 »

La féline faisait glisser l'ombre de son regard sur les bras et le buste de son complice, l'air distraite, comme concentrée sur ce qu'elle voyait. Le textile de la chemise peinait à contenir sa musculature sculpturale, largement mise en valeur par ses bras croisés, où se devinait d'ailleurs le sillon des muscles, fermes et imposants. Tout en lui transpirait une puissance brute et résolument masculine, rehaussée par sa posture, presque autoritaire. Mais la petite chatte ne saurait décidément pas s'y soumettre. En vérité, la jolie brunette se sentait peu concernée par l'aura impérieuse qu'il libérait -alors qu'une seule de ses mains aurait probablement suffit à la maîtriser. Elle observa son index éprouver la rigidité de son biceps, en rythme, tandis qu'il s'exprimait. Sans doute la sobre manifestation de l'irritation qu'il sentait poindre.

Un noble d'en bas. La précision fit doucement inspirer la belle, et elle enfouit son trouble au fin-fond de l'abîme de ses prunelles, raidit sur sa chaise, quelques secondes. D'habitude, elle préférait s'épargner les rencontres avec les régisseurs infernaux. D'une part, parce qu'elle détestait avoir des comptes à rendre, et d'autre part parce qu'attirer leur attention n'était jamais une bonne chose. Sa nature solitaire et indépendante l'amenait tout simplement à s'abstenir de pénétrer dans leur sphère. Par ailleurs, il n'était pas impossible que sa dernière bévue soit remontée jusqu'à d'éminentes oreilles démoniaques... Après tout, ce...  Morgan avait appartenu à une classe supérieure, lui aussi. Et si sa mort ne pouvait pas lui être directement imputée, nul doute qu'elle y avait largement contribué.
Mélisandre renifla, quelque peu décontenancée. Évidemment, elle avait flairé sa condition de démon supérieur, mais à vrai dire, elle ne l'avait pas imaginé en seigneur infernal. Voilà qui allait sérieusement corser l'aventure. En fait... il lui faudrait redoubler de vigilance.

L'indécente fugitive jeta un bref coup d’œil vers Silat, attablé à l'écart, pensive. Elle n'était pas nerveuse. Mais préoccupée. Un haussement d'épaules laconique sembla néanmoins la débarrasser de ce malaise passager. Le beau diable ignorait qui elle était, et il semblait peu probable que des échos de cette affaire lui soient parvenus. Si tel était le cas, alors, force serait de constater qu'elle jouait de malchance.
Du coup, la consigne du mâle résonna comme un conseil avisé, et Mélisandre ne put s'empêcher d'ébaucher un sourire en relevant les yeux vers lui, l'air badin. Le prendre de haut ? Oh, elle y avait songé. Son impertinence l'aurait en temps normal poussée à le faire, mais elle choisit, cette fois, de céder du terrain à sa sagesse, si tant est qu'elle en possédait une once. La jeune femme se contenta de chasser une mèche chatouillant son museau, lequel s'était légèrement froissé sous la caresse. Son silence camouflait la réflexion de son esprit, tandis qu'elle écoutait l'homme, placide. Presque sage.

Sa situation ? Eh bien, la sulfureuse démone en avait pleinement conscience. Elle savait tout aussi bien qu'un moment auparavant, ses épaules supportaient le poids de l'esclavage, qu'elle était nue et vulnérable, et cachait la misère de sa condition dans la pénombre d'une ruelle sordide. A présent, elle semblait hors d'atteinte de ses geôliers, possédait une tenue -certes extravagante, mais décente, et s'apprêtait à dévorer un repas chaud en charmante compagnie, dans une auberge. Oh et, elle allait siroter un savoureux verre de lait, aussi. D'ailleurs, sa main gracile s'empara de la coupe lorsque cette dernière se matérialisa devant elle. L'odeur qui s'exhalait des plats de viande la faisait saliver. Prenant une gourmande lampée d'une main, elle s'attaqua à la découpe de sa venaison de l'autre, armée d'un couteau, faisant sciemment patienter le ténébreux personnage, dont elle sentait le regard s'appesantir au fil des secondes. Elle ingurgita plusieurs morceaux de viande, généreusement saucés au préalable, puis épongea le nuage laiteux au-dessus de sa lèvre avant de consentir à prendre la parole, le regard pétillant de satisfaction.

" Qui parle de vous causer du tort ?, lâcha-t-elle, reprenant presque aussitôt sur le ton feint et mielleux de l'analyse critique. A moins que vous souhaitiez simplement mettre en lumière votre position plus avantageuse que la mienne en les comparant toutes deux. Ce qui laisserait supposer que je vous fais douter au point que vous vous sentiez obligé de rétablir votre autorité par vos titres, peut-être parce que vous la sentez bancale ou inefficace... qui sait."


Mais l'effrontée savait parfaitement de quoi il en retournait en réalité, car il s'agissait ni plus ni moins d'une mise en garde à peine travestie, qui lui faisait l'effet d'une badine allégrement agitée au-dessus d'elle, ce qui lui soutira un léger frisson d'excitation, semblable à l'adrénaline. Le genre d'excitation qui vous poussait à mesurer vos faits et gestes en connaissance de cause -ou bien à battre en retraite. Chose qui ne lui ressemblait pas.
L'affamée céda de nouveau à son appétit et enfourna une autre bouchée de sanglier, qu'elle savoura longuement, avant d'essuyer les contours de sa bouche d'un revers de main, faute de serviette.

" Je ne me pensais pas si intimidante, pourtant, " précisa-t-elle pour elle-même, alors qu'elle achevait son verre d'une traite.

Après quoi, elle fit planer un nouveau silence, toute affairée qu'elle était à dévorer le contenu de son assiette. Ce n'est que lorsque celle-ci fut à moitié vide qu'elle reprit d'une voix mesurée, gratifiant son interlocuteur d'un regard appuyé :

" Une démone. Bien vu. "

Un instant d'hésitation succéda sa réplique. Mais il fallait bien jouer le jeu. Mélisandre contempla le vide navrant de son verre tout en le manipulant, soupirant.

" Humaine... autrefois, " souffla-t-elle, plus bas, manifestement désireuse de  passer outre.

Puis elle reprit couteau et fourchette et piqua sèchement un morceau qui subit aussitôt un sort équivalent au reste de son repas.

" Mmmh... Pour le reste, je dirais que c'était pour couvrir un homme qui m'a rendu service. Je savais que je ne resterai pas longtemps une esclave, de toute manière. "

La ravissante créature croisa le regard brûlant du noble infernal, tempérant la fougue de sa propre arrogance pour se plier au jeu des questions-réponses. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de passer à l'offensive à son tour, un sourire résolument goguenard suspendu aux lèvres :

" Silat met-il à votre disposition ses charmes, en plus de ses services  ? "

Elle jeta un coup d’œil inquisiteur par-dessus son épaule, jaugeant le concerné, à la fois amusée et curieuse.

" Je dois admettre que vous avez bon goût. Vous permettez que je m'entretienne avec lui à sa table, rien qu'une minute ? Promis, je ne vous délaisserai pas longtemps. "

La démone, aux allures de bohémienne, esquissa le geste de se lever de table. Élégante, toujours.
« Dernière édition: Octobre 18, 2013, 04:35:24 par Mélisandre Cairn » Journalisée

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« Répondre #9 le: Octobre 18, 2013, 06:25:39 »

Le regard du beau mâle peinait à contenir un mélange d’agacement et d’amusement. Cette femme n’était pas n’importe qui, quelque chose de très particulier se dégageait d’elle. Habitué à la facilité, Stephen n’aimait pas se voir confronté à des choses qui le dépassaient, aussi futiles soient-elles. D’ailleurs, la façon dont il découpait la viande prouvait son désarroi.

Ses coups de couteaux étaient insistés et brutaux, faibles et répétés. On n’aurait guère pu mieux traduire son agacement, qui se lisait sur chaque fibre de son corps. Mélisandre lui courait sur le système, et il était partagé entre l’envie de la gifler et la prendre sur la table. Voilà deux envies qui n’étaient pourtant pas si éloignées l’une de l’autre, malgré les apparences.

Grand Duc, Stephen n’était pourtant pas là pour discuter des affaires de la cour infernale. D’ailleurs, son statut de noble démon n’était apparent qu’en de rares occasions, lorsque le besoin d’être sérieux se faisait sentir. Sur Terra, monde de fantaisies et de dangers, ce besoin se faisait constamment présent, et l’on pouvait voir la vraie face du démon. Pourtant, les affaires infernales restaient aux enfers, sauf ordre du Seigneur des Tréfonds en personne.

Autrement dit, la belle sauvage n’avait rien à craindre de son interlocuteur, sur le plan professionnel. Il avait juste évoqué son titre de noblesse pour la remettre en place. Mais, hormis quelques secondes d’hésitation, cela n’avait pas cloué la mine de celle qui minaudait tant.

« Touché. » Avoua le démon en souriant légèrement. « Le fait est que je n’arrive pas à te cerner, mais que tu sais beaucoup de choses. Aussi ressens-je le besoin de te rappeler que tu n’es pas tant aux commandes que tu penses l’être. Si ton savoir sur ma personne dépasse ce que, pour ma part, je sais de toi, cela ne change rien au fait que sans moi, tu serais une misérable fugitive dénudée et recherchée dans toute la ville. Ou une chatte dans une ville remplie de chiens galeux. » Expliqua-t-il, son sourire s’éclipsant peu à peu.

Elle faisait tant de manières que même le noble démon la trouvait presque envoutante. Il avait l’intime conviction que le moindre geste était calculé. Ce qu’elle ne pouvait espérer dominer physiquement, elle tentait de le soumettre par des minaudes et autres séductions voilées.

Le genre de femme qui aurait raison de n’importe quel homme en un instant. C’en était presque à se demander comment elle avait pu se faire trainer jusqu’en place publique sans trouver le moyen de fuir avant. Stephen se voyait plus curieux à chaque instant, se retenant tout de même d’insister, il devait à tout prix avoir l’air de s’en moquer.

Intimidante. Cette phrase fit rire le Grand Duc. Un rire à mi-chemin entre le grognement de désapprobation et le franc éclat de rire. Un drôle de rire. Visiblement, Stephen l’avait encore plus sous-estimée qu’il ne le pensait, lui qui la portait pourtant sur un piédestal.

Elle était diablement maline, à jouer de moqueries. Si son but était de susciter l’intérêt la plus vive du beau mâle, c’était une mission réussie. Au contraire, si elle cherchait à abréger l’échange pour s’en aller, elle était en mauvaise voie.

« Mhh. » Se contenta-t-il de répondre lorsque la jeune femme avoua être une démone.

Mangeant quand elle mangeait, ne souhaitant pas interrompre l’échange, il se sentait un peu plus confiant. Apparemment, l’odeur qui le dérangeait tant était celle de quelques restes d’humain. Cette pensée le fit franchement sourire. Voilà qui s’avérait intéressant, elle était donc comme lui.

 Peu de démons étaient d’anciens humains, et le Prince des Enfers choisissait les mortels capables de devenir démons au compte goutte. A bien y juger, le démon remarqua que Mélisandre n’avait pas une odeur si différente de la sienne. C’était sûrement ce qui l’avait troublé.

Alors comme ça, elle s’était fait capturer pour payer une dette ? Il n’y comprenait pas grand-chose, mais cela importait peu, il avait l’assurance désormais qu’elle l’avait fait exprès. C’était logique, une séductrice, démone de sa classe ne devrait pas se faire avoir aussi facilement. Et voilà que Stephen se prenait à considérer cette jeune femme presque comme une égale, laissant un peu du dédain de sa voix s’échapper pour ne plus revenir.

« Tu le savais ? Ton plan de fuite était pourtant un des plus mauvais que j’ai jamais vu. Mais je suppose que tu as tes raisons. » Raisonna le démon en achevant la viande de sanglier.

La mention de Silat fit hausser un sourcil au beau diable. Que voulait-elle bien à son valet ? Dans le fond, il le savait. Nombre de celles qui ne tombaient pas pour le charme viril et musculeux du Lord s’évanouissaient aux pieds de son valet. Telles les deux faces d’une même pièce, les compagnons de route avaient un charme complémentaire. L’oriental était plus jeune que son maître, les traits plus fins, musclé d’une façon moins massive, des cheveux mi-longs, ondulés et noirs d’ébène.

« Silat est le fils d’un défunt commandant mercenaire des Rougelames. » Expliqua calmement le beau diable. « C’était une personne envers qui j’avais une dette, moi aussi. J’ai récupéré son fils après sa mort et à sa demande, il y a un an. Il sera très prochainement intégré dans mon clan pour laver ma dette, sur Terra comme… En bas. Mais il ignore tout de ce que je suis vraiment. Pour l’instant. » Continua-t-il, son regard se faisant plus sévère. « Je te déconseille fortement de lui apprendre des choses qu’il n’est pas supposé savoir. Tout comme je te déconseille de me manquer de respect. Je ne touche qu’aux femmes, et si tu continues à me provoquer, tu ne tarderas pas à comprendre de quoi je parle. » Grogna le monstre.

Cette phrase fut accompagnée d’un passage de sa langue sur ses lèvres, assez discret, mais diablement évocateur. Son regard se plissa de nouveau, cet irrésistible regard prédateur auquel résistait avec fierté la douce Mélisandre. Néanmoins, il fit signe au jeune homme de les rejoindre. Elle voulait jouer au jeu de la provocation ? Tant pis pour elle, il était assez fou pour accepter la partie, y fonçant même tête baissée. Le jeune oriental afficha un air incrédule quelques minutes, avant de se lever pour rejoindre la table.

« Bonjour. » Dit le jeune homme d’un air faussement assuré, se tenant tout de même fièrement droit. « Que puis-je pour vous ? » Demanda-t-il, autant à son mentor qu’à la ravissante inconnue.

Stephen fit un simple signe de main, qui signifiait en gros que Mélisandre souhaitait parler avec lui.

« Mon invitée voulait apparemment s’entretenir avec toi. » Répondit simplement le beau diable. « Mais malgré qu’elle soit une personne tout à fait charmante, je tenais à entendre ce qu’elle avait à dire, par simple soucis de protection. »
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Mélisandre Cairn
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« Répondre #10 le: Octobre 19, 2013, 10:13:50 »

Mélisandre s'adonnait à un jeu éminemment dangereux, dont elle percevait à présent les deux issues envisageables. Dans l'une d'elle, la petite chatte serait sauve, et dans l'autre... Mmmh... Elle observait la véhémence frénétique avec laquelle le mâle venait à bout de sa pièce de viande, partagée entre la distraction qu'il offrait et la prudence qui s'imposait face à une telle manifestation d'acharnement et de vigueur. La féline était trop réceptive à l'agitation houleuse de son interlocuteur pour ne pas percevoir la tension sexuelle autour de leur table, intense et musquée, presque palpable. Ainsi les pulsions du démon entraient en résonance avec ses bas-instincts, puissants et irraisonnés. Allait-elle entreprendre de les apprivoiser, ou bien continuer à les exciter ? Jouer avec le feu, mais ne pas se brûler. Voilà une entreprise téméraire.
La jeune femme laissa s'épanouir un petit sourire en recevant sa critique. Plutôt que de s'en offenser, elle se pencha très légèrement vers lui, le regard pétillant, tout en le dévisageant avec insistance.

" Mon plan de fuite n'en n'était peut-être pas un. Peut-être que j'attendais sur cette place la venue d'un noble seigneur, mais que ce dernier est arrivé un peu tard. Mais qu'importe puisqu'à présent, il se rattrape en m'offrant le gîte et le couvert. "

Lorsque l'attention de la belle s'était redirigée vers Silat, ce n'était pas vraiment pour les attraits qu'il présentait -bien qu'ils demeuraient indéniables, mais le laisser penser à son fortuné mécène n'était pas pour lui déplaire. A vrai dire, à choisir, elle se dirigerait naturellement vers le beau diable. Comment s'en défendre ? Il l'attirait, indéniablement, et elle concédait à ses propres instincts qu'ils avaient le mérite d'être plein d'audace, même s'ils la déroutaient parfois. Mais quelque soit la force de l'attraction, elle ne s'y plierait pas, car elle entrevoyait, entre ses mains, les affres de l'asservissement qui la rebutaient tant.

Mélisandre se mordilla délicatement la lèvre sous l'implacable regard ambré de l'homme, attentive. Son clan ? Parlait-il d'un cercle fermé de démons supérieurs ? Non. A voir Silat, ça n'en n'était pas un. Pas encore... Elle continuait à épier le jeune éphèbe qui se tenait à l'écart, sans pudeur, quitte à le rendre mal à l'aise.
Encore une mise en garde. La féline émit un léger soupir. Elle n'accordait qu'un crédit modéré à sa petite histoire. Peut-être était-ce là le moyen de la pousser à la faute, après tout. Attendait-il l'ultime provocation de sa part pour justifier une riposte aux allures de réprimande ? Oh oui, elle aimait le défier, lui et son indéfectible arrogance, mais là encore, il y avait mieux à faire. Elle suivit l'arabesque suggestive que sa langue dessina sur sa bouche, en un clin d'oeil, soustrayant le tressaillement discret de sa personne sous un masque impassible.

" Cela voudrait-il dire que vous n'êtes pas complètement ingrat ?, s'étonna-t-elle, dotée d'une déférence surfaite. Je tiendrais ma langue si vous-même tenez la votre. N'opposez aucune objection à ce que je vais lui demander. De plus, n'oubliez pas, je vous prie, que contrairement à votre valet, je ne vous appartiens pas. Et on ne pose pas les mains sur ce qui ne nous appartient pas sans y être invité, et cela vaut aussi pour les suzerains. "


Évidemment, la brunette aurait préféré s'entretenir seule avec le garçon, car son influence risquait fort de pâtir de celle que son maître détenait sur lui. Elle ferait avec, cependant, confiante. Il n'y aurait qu'à adapter son discours et se garder de faire de faux-pas. Comme elle reposait une partie de son attention sur l'écuyer, l'imposant démon lui parut soudain comme un fauve menaçant faisant planer sur elle la menace tacite de sa gueule hérissée de crocs. Et ce seul constat lui fit doucement plisser les yeux, les rétines réduites à deux fentes opaques.

" Bonjour, Silat, " répondit Mélisandre d'une voix mesurée et douce, qui contrastait avec la contrariété néanmoins tempérée de son regard.

Elle pencha la tête de côté tout en le scrutant. Son couvre-chef jetait des ombres troublantes sur les traits raffinés de son minois, lequel s'esquissait dans un jeu d'ombres et de lumières. Outre l'anxiété fébrile qu'il dégageait, le jeune homme exhalait l'odeur caractéristique de la paille et du cuir bien entretenu, mêlée à celle plus entêtante du cheval. A l'évidence, les deux comparses étaient venus montés. Ce qui justifiait sans doute le choix de l'auberge, qui possédait une écurie attenante, en plus du confort relatif de quelques chambres.

" Plusieurs choses. D'abord, tu vas aller seller ton cheval en le chargeant de tes effets, car ton maître entend prolonger notre tête à tête. Ainsi tu auras le temps de me dégotter d'autres habits, plus seyants. Une élégante robe rouge, si possible. Mais avant de partir tout de suite après avoir préparé ta monture, tu iras monter de l'eau chaude dans une des chambres, car je prévois de me débarbouiller, de façon à être présentable pour ton précepteur. J'insiste : tu ne le fais qu'une fois avoir bridé ton cheval, car je tiens à ce que l'eau soit brûlante, je ne veux pas qu'elle aie le temps de refroidir. Ça me laissera le temps de finir de manger. Et avant de redescendre, tu m'attendras afin que je juge du travail accompli. Si je suis satisfaite, je te donnerais des raisons de l'être aussi. Après quoi tu pourras enfin chevaucher en quête d'habits convenables. "

Mélisandre lui adressa un charmant sourire, chaud et encourageant, avant de l'inviter à disposer d'un signe ample de la main.
Puis, sans rien ajouter, l'envoutante féline se leva pour de bon. Elle contourna la table, lentement, et d'un pas feutré, approcha du lion. Elle se posta derrière sa chaise, et d'un élan doux et désirable, inoffensif en tout cas, glissa sa main gauche au contact de sa poitrine. Et tandis qu'elle décrochait d'une patte de velours le petit écusson des Rougelames de sa chemise, elle dévia l'attention du grand mâle en lui restituant son chapeau, le plaçant délicatement au-sommet de sa tête, alors que son souffle tiède s'égarait irrésistiblement au creux de sa nuque, libérant la cascade moirée de sa crinière sombre, laquelle dégringola élégamment sur ses épaules.

" Allez-vous m'autoriser un moment d'intimité avec votre joli garçon, le temps de me débarbouiller ? Il a l'air docile, plus que vous, " glissa-t-elle doucement à son oreille, mutine, avant de se détacher de lui, un demi-sourire en coin.

La jeune femme réintégra sa place initiale, parfaitement à l'aise. L'objet de son vol avait déjà disparu entre les plis de sa jupe improvisée, et elle entreprit d'achever son assiette, harponnant de sa fourchette les morceaux de viande rescapés.
« Dernière édition: Octobre 20, 2013, 12:52:30 par Mélisandre Cairn » Journalisée

Stephen Connor
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« Répondre #11 le: Octobre 20, 2013, 07:12:06 »

Mélisandre. Elle jouait avec des forces qu’elle ne comprenait pas, qu’elle ne maîtrisait pas. A la manière d’un enfant qui peut s’amuser avec une arme mortelle sans réaliser le danger de son jeu, elle était en train de faire fausse route. Pourtant, le prédateur se montrait étrangement conciliant, beaucoup trop, même à son propre goût. La jeune femme désamorçait presque immédiatement la moindre tentative d’attaque du beau diable, avec brio.

Et voilà qu’il apprenait que cette ravissante démone souhaitait être son invitée pour la nuit. S’il aurait volontiers pris cela comme un sensuel appel à la débauche venant de quelqu’un d’autre, il ne faisait pas confiance à la diablesse. Le beau mâle tentait de nier autant que possible le fait qu’il avait envie de saillir cette femme sur la table du restaurant. Il niait vigoureusement son envie de la limer en profondeur, de la remettre à sa place.

C’était difficile, et malgré ses efforts pour venir à bout de ses pulsions, il n’aboutissait pas à grand-chose. D’autant plus que la sublime infernale ne manquait pas une occasion d’attiser le feu du désir. N’en était-ce pas de même pour elle ? Arrivait-elle à rester insensible au charme magnétique du beau diable ? C’était l’incapacité de jauger et de juger cette personnalité qui le rendait si énervé.

« Et tu comptes me pousser à te payer le gîte, également ? » Dit Stephen en haussant un sourcil. « Je n’ai rien d’un noble seigneur aidant les pauvres et les esclaves. Tu m’as simplement intrigué, il n’y a rien de plus. »

Stephen avait en horreur la façon insistante qu’avait son invitée de dévisager le jeune Silat. Oh, le démon connaissait ce regard, car il portait le même sur Mélisandre en ce moment même. Le goût délicieux du jeu, une pointe d’envie, une attraction. Certes, il avait oublié de mentionner certains détails sur la raison pour laquelle il avait recueilli le jeune homme, mais l’esclave auto-affranchie n’avait pas à les connaître.

Ingrat ? Donnait-il l’air de l’être ? A mille reprises, il aurait pu trahir la jeune femme, il ne l’avait pas fait. Etre un démon n’implique pas forcément de semer la mort et de trahir quiconque vous accorde sa confiance. C’était une entreprise beaucoup plus libre, un simple principe absolu : donnant-donnant. Stephen n’avait rien d’un ingrat, il offrait une juste rétribution à chaque personne, mortel ou pas. Prendre soin de Silat faisait partie du contrat qu’il avait signé pour récupérer l’âme du père mourant de l’oriental, ni plus ni moins.

Peut-être serait-il mieux pour le jeune Silat qu’il s’habitue au contact d’autres démons ? S’il devait en devenir un sous peu, c’était sans doute la meilleure option. Le Grand Duc pressentait quelque peu la requête de son invitée. C’est donc avec une forte appréhension, mais toujours dans un esprit joueur, compétitif, chargé de tension sexuelle, qu’il appela son valet. Il était temps de voir ce que lui préparait la jeune femme.

Ayant exposé la raison pour laquelle il avait appelé le jeune écuyer, Stephen lui fit signe de converser avec Mélisandre. Bien sûr, il s’assurait de faire peser sa lourde aura sur la conversation, l’ombre de sa présence étant plus indéniable que jamais. Son regard dur filait de la démone jusqu’au valet. Les demandes de l’invitée agaçaient le beau mâle au plus haut point. Pensait-elle que l’oriental n’était rien de plus qu’un larbin ? Mais il voyait, dans le regard fasciné de Silat, l’envie de faire plaisir à la sublime créature.

« Voilà. Silat, je te donne l’ordre d’obéir à cette femme. » Conclut Stephen, plissant un peu plus les yeux. « Tu peux disposer, il n’est pas bon de faire attendre une femme. »

Un hochement de tête, et le bel oriental eut quitté la table. Certaines paroles n’avaient pas échappé au Lord, qui en comprenait volontiers le sens profond. Silat serait aussi satisfait qu’elle ? Voilà des mots lourds de sens, s’il en était. Le beau mâle n’était pas sûr d’apprécier la manœuvre. Il n’avait rien contre des partenaires libres, si elles souhaitaient s’entourer de plusieurs femmes ou plusieurs hommes, que ce soit en même temps où à la suite. Mais il craignait que Mélisandre n’influence le jeune valet à un quelconque mauvais choix.

Il observa la jeune femme se lever de son siège pour marcher, féline, glissant presque, jusqu’à lui. L’aura manipulatrice qu’elle dégageait faisait que le démon était sur ses gardes. De plus, la beauté svelte se montrait étrangement tactile et entreprenante, elle qui insistait tant pour garder ses écarts. Si elle s’approchait de lui, il y avait une raison fondamentale. Le beau diable penchait plus pour une tentative de manipulation, par le mental. Elle allait très probablement essayer de le séduire pour obtenir quelque chose.

La voyant arriver, il ne sentit pourtant pas le fin écusson se décrocher de sa chemise. Entre soupirs, légères caresses et le retour de son chapeau, elle l’avait suffisamment décontenancé pour qu’il soit trop distrait. De plus, Stephen n’accordait pas assez de valeur au précieux blason pour en prendre un trop grand soin. Tout semblait se ficeler comme Mélisandre l’avait souhaité, mais ses paroles insinuèrent le doute dans l’esprit du démon. Il écarquilla franchement les yeux, pas choqué, mais sous le coup d’une réalisation.

« Tu ne t’enfuiras pas. » Dit-il d’un ton sec. « Silat est plus docile. Plus facile à manipuler. Avec tes lèvres, sans même t’approcher de son corps, tu pourrais le pousser à t’obéir. Il n’a pas une force de démon, alors, même s’il te résistait physiquement, tu viendrais à bout de lui. Comme il me semble étrange que tu tiennes à ce que la monture soit prête avant même qu’il ne parte. » Continua le beau diable, haussant un sourcil. « Bien sûr, je suppose que cela n’avait jamais été ton plan, n’est-ce pas ? Lorsque Silat reviendra, tu peux être sûr que je passerai du temps aux écuries, jusqu’à ce que je le voie monter à cheval. Aussi, tu peux te transformer, je ne sais pas si tu es limitée à la forme de chat ou non, alors je poserai une question à laquelle seule mon valet pourrait répondre avant de céder la monture, est-ce clair ? » Il préférait visiblement éviter de se faire doubler. « Mais bien sûr, tu n’as jamais songé à t’enfuir, n’est-ce pas ? On ne fait pas cela, entre démons. »

Stephen conclut son petit monologue d’un croisement de bras, l’air amusé. Il n’était pas certain que c’était là un plan qu’avait monté la belle, néanmoins il trouvait judicieux de lui prouver qu’il pouvait se montrer intelligent. Mais le moment était venu de jouer cartes sur table.

« Allons bon. Sache que de toute façon, tu es déjà entre mes griffes. Je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps, et toi non plus. Aujourd’hui, tu seras à moi. » Affirma-t-il en croisant les bras. « Monte, maintenant, je vais aller aux écuries. »

Peu de temps après, Silat revint, montant les escaliers avec la fameuse eau chaude, alors que son maître allait « vérifier l’état des chevaux ».
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« Répondre #12 le: Octobre 21, 2013, 01:11:02 »

Mélisandre suspendit sa fourchette, figée à mi-chemin entre l'assiette et sa ravissante petite bouche, prisonnière du trouble de sa propriétaire. La jeune femme leva brièvement les yeux sur le démon. A cet instant, tout ce qu'il y avait de farouche et de sauvage en elle se concentrait au fond de ses prunelles, à l'encre aussi noire qu'un gouffre. Leur éclat rappelait un ciel d'orage pris dans la tourmente. C'était tout ce qui trahissait le déplaisir de la diablesse cependant, car le reste de son visage demeurait aussi lisse et paisible que la surface d'un lac. La demoiselle glissa finalement le morceau de viande piqué au bout de son couvert entre ses lèvres, et s'appliqua à le mâcher, lentement.
Son homme était loin d'être né de la dernière pluie. Rien d'étonnant à ce qu'il flaire l'embrouille. Il se défiait d'elle, et c'était bien ainsi. En vérité, susciter sa suspicion était un élément qui s'imbriquait dans l’échafaudage de son plan -qui relevait surtout de l'improvisation, il fallait l'avouer. Ce qu'elle souhaitait ? Se retrouver seule, un moment, ou en tête à tête avec son brave valet. L'éloigner d'elle, en somme. Sans quoi il la neutraliserait toujours. Et quoi de mieux, pour cela, que de détourner son attention ? L'écurie, les chevaux, Silat... tout n'était qu'un prétexte. Pourvu qu'il ne soit pas toujours là à avoir un œil sur elle.
Mais alors, qu'est-ce qui la contrariait tant ? La réponse résidait dans les dernières paroles de son interlocuteur, car à partir du moment où le Nexusien abattait ses cartes et dévoilait ses intentions, le jeu se mourrait et la partie prenait fin, la mettant dans une position très délicate. Son compagnon s'était visiblement lassé de leur petit manège. Il était plus que temps de couper court à leur échange, car elle n'avait nullement l'intention de se laisser prendre dans ses filets.

La belle, quant-à elle, avait encore quelques cartes à jouer. Elle se leva, en même temps que son hôte, droite, une indéfectible fierté dans sa posture. Un fouillis de mèches sombres encombrait son visage, tout à fait indéchiffrable. Un oeil attentif pouvait néanmoins remarquer la tension dans ses phalanges, recroquevillées pour former deux poings fermés sur la table. Elle se mordit férocement la langue pour s'empêcher de répliquer. Venait-il vraiment de la congédier comme une enfant dans sa chambre ? Il ne fallait pourtant pas qu'elle le retienne davantage.
La brunette inspira profondément en suivant le noble du regard tandis qu'il se rendait aux écuries, disparaissant dans le vestibule. Après quoi, elle laissa libre cours au déferlement de sa colère en envoyant valser la moitié du couvert par terre, dans un vacarme fracassant de vaisselle brisée. Les protestations vagissantes de l'aubergiste ne tardèrent pas à fuser.

" OH L'SOUILLONNE T'VAS M'PAYER CA ! "

" Naturellement. Mettez-le sur la note. "


Le tenancier écrasa ses énormes battoirs sur le comptoir, empourpré de colère, aboyant après elle comme son fichu cabot -dans son indifférence totale.
Mélisandre marcha d'un pas résolu vers les escaliers pour rejoindre Silat. Elle savait parfaitement ce qu'il lui restait à faire. Son esprit s'employait déjà à y mettre les formes lorsqu'un détail l'alerta et la fit s'immobiliser sur le seuil de la première marche. Le molosse  s'était brutalement tu et n'émettait plus que des jappements plaintifs dans le hall. Un cliquetis de chaîne retentit alors, discret, mais tellement familier qu'il ne pouvait décemment pas échapper à son ouïe. Ses chaînes.. La fugitive fit volte-face. Son cœur cessa alors de battre, une demi-seconde durant.

Un Terranide colossal se découpait dans l'encadrure de la porte, tellement monstrueux qu'il dut se courber pour la dépasser. Il présentait l'apparence d'un énorme loup, croisé avec lion, ou avec un quelconque prédateur de gabarit équivalent. Son mufle humide se tenait en avant, humant la salle, furetant avec avidité. Dressé sur ses deux pattes arrière, il devait bien toiser les 2m50. A son attitude, il paraissait évident qu'il pistait quelque chose, ou quelqu'un. Des bracelets en fer forgés, reliés par une solide chaîne, pendaient mollement à sa ceinture. La jeune femme ne l'avait jamais vu, mais le doute n'était pas permis : on l'avait envoyé la traquer. Au regard plein de convoitise qu'il posa sur elle, tout le monde dans la salle compris qu'il venait de débusquer sa proie. Au grand soulagement de tous.
La démone n'esquissa pas le moindre geste lorsque la créature avança vers elle, l'engloutissant dans son ombre, démesurée. En comparaison, elle avait l'allure d'une vulgaire fillette. Ce qui ne l'empêcha pas de planter son regard ombrageux dans le sien, sans ciller. Le Terranide passa sa langue chaude sur les contours de sa gueule, recueillant l'écume de ses babines, comme s'il savourait déjà sa victoire. Son propre regard, d'un bleu métallique, détaillait attentivement le corps tétanisé de sa victime, d'une façon proprement obscène.

" Bien bien bien... Petite Mélisandre, c'est ça ? Ma foi, tu corresponds à la description. Tu sais ce qu'il t'attend ? "

Sa voix caverneuse possédait des intonations grondantes et graves, ouvertement menaçantes, qui faillirent ébranler la brunette, laquelle ne parvenait pas à endiguer le flot d'images terrifiantes qui affluaient dans son esprit comme un poison, en proie au doute. Mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre la face.

" Vous faîtes erreur. "

Son ton tranchant et catégorique contrastait cependant avec les pulsations frénétiques de son cœur. Elle récupéra l'insigne des Rougelames et l'épingla tranquillement à son gilet, de manière assez ostentatoire pour que la bête le relève.

" Mon flaire ne se trompe jamais, " grogna le grand mâle en emprisonnant le bras de la frêle jeune femme entre ses griffes, si fort qu'il la blessa, l'entaillant méchamment.

Mélisandre serra les dents, sans se laisser démonter. Ses prunelles se confrontèrent à celles brûlantes de bestialité de son bourreau.

" Je ne suis pas seule. Mon valet est avec moi. Silat ? SILAT ?! Aie la gentillesse d'aller aux écuries, chercher ton maître, " lança-t-elle d'une voix forte.

L'aplomb de la démone le déconcerta un instant, car il défit légèrement son emprise. A la place de quoi il glissa une griffe acérée sous son menton, afin de longuement sonder ses pupilles, à la recherche d'une trace de mensonge.

" Voyez-vous ça. Inutile qu'il se déplace, nous allons y aller ensemble, grommela-t-il. On m'a prévenu, pour ta langue de vipère. Si tu me mens, je te ferais tâter de ma ceinture avant de - beuarf, je ne vais pas te gâcher la surprise. Allons-y. "

Sur ce, l'imposante créature la faucha par la taille, ignorant ses protestations. Il la cala fermement sous son bras, la soulevant sans peine, puis se détourna vers la sortie. Penchée vers l'avant, l'effrontée voyait le sol défiler sous elle, au rythme cadencé de sa marche, bringuebalée d'une façon qui faisait horreur à son orgueil.

" Hmphf... Bordel... " marmonna-t-elle entre ses dents, jetant un œil prudent à la figure hiératique de son geôlier, en contre-plongée.

" Et il s'appelle comment, ce type ? Tu n'as pas mentionné son nom, tout à l'heure, " fit remarquer ce dernier en baissant les yeux sur elle, tiraillé par la suspicion.

Décidément, elle avait une sainte horreur des clebs. Elle renifla, pleine d'amertume.

" L'écurie est juste là. Vous lui demanderez. Voulez-vous bien me poser, à présent ? J'ai deux jambes, je m'en sers généralement, pour marcher. "

Le Terranide s'immobilisa alors. Et au frisson d'irritation qui traversa sa musculature, elle sut que ça n'augurait rien de bon.

" Bon. Comme tu refuses de me répondre, autant commencer les réjouissances. "

Ils étaient devant les écuries, à présent. Il la lâcha brusquement, la retenant d'une patte griffue par l'épaule, et déboucla sa ceinture, qu'il fit coulisser dans un claquement sec pour la libérer.

" Je n'aime pas les menteuses, esclave " déclara-t-il en la toisant d'un air sévère.

Mélisandre se renfrogna. L'exaspération qu'elle ressentait face à son impuissance la disputait à la crainte que lui inspirait la raclée à venir.

" Et moi je n'aime pas les chiens galeux dans ton genre, " répliqua-t-elle en désespoir de cause, acerbe, non sans déglutir en voyant le bras menaçant du Terranide se lever au-dessus d'elle.

Ah, douce Mélisandre... Aussi fière qu'imprudente.
« Dernière édition: Octobre 21, 2013, 03:52:45 par Mélisandre Cairn » Journalisée

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Prétendant au trône d'Ashnard, sur le point de réaliser un coup d'état.

PS : Préfère les gros culs D:
« Répondre #13 le: Octobre 21, 2013, 06:00:16 »

Stephen s’était rendu aux écuries, persuadé d’avoir correctement déjoué le moindre accroc qui aurait pu l’empêcher d’avoir un peu de bon temps. Il avait néanmoins négligé un détail, qui aurait dû lui paraître évident. Mélisandre était une marchandise de qualité, sur le plan physique, et les avares esclavagistes d’Ashnard ne la laisseraient pas s’échapper de sitôt.

Pourtant, tout semblait se dérouler parfaitement bien. Chaque pièce s’était imbriquée, de sorte à donner une nouvelle fois raison au démon. D’ailleurs, ce dernier se trouva vite affairé à s’occuper des chevaux, sans savoir et sans entendre ce qu’il se passait dans l’auberge même. Afin d’éviter de gêner les montures comme les clients, les écuries étaient relativement loin de la salle à manger et des chambres, quasiment séparées de l’auberge.

Autrement dit, il était difficile d’entendre ce qu’il se passait, pour quiconque, surtout que l’ouïe n’était pas le point fort du monstre. C’est donc le plus calmement du monde, sifflotant même un peu, que le Lord se mit à s’occuper des chevaux, vérifiant l’état de leurs fers, et autres constats. Qui donc aurait pu sauver la belle Mélisandre, en ce moment même ?

Eh bien, le colossal clébard avait quelque peu négligé de remarquer quelques détails. Premièrement, la jeune femme était vêtue, autrement que lorsqu’elle était prisonnière. Deuxièmement, elle avait visiblement les moyens de se payer, ou de se faire payer, un repas et une chambre dans une des auberges les plus chères du secteur. Pour finir, et c’était là le plus important : elle n’était pas seule.

Mais serait-il utile de parler de ce que faisait Stephen ? Ce dernier n’était pas en mesure, d’une quelconque manière, d’aider son invitée dans l’immédiat. Qui donc pouvait avoir entendu le vacarme de l’auberge ? Qui donc pouvait avoir compris que la belle démone était en danger ? La réponse se trouvait à l’étage, à quelques marches de hauteur.

Une timidité adolescente, presque maladive, c’était tant un fardeau qu’une bénédiction. Il n’était pas courant de voir Silat comme une menace, et pourtant. Avec un maître prompt à s’attirer des ennuis comme Stephen, il fallait s’attendre à ce que son seul et unique valet ne soit pas un incapable. D’autant plus qu’il était le fils d’un exemplaire mercenaire issu d’une des villes les plus violentes au monde.

« Qu’est-ce que… » Souffla le jeune homme en entendant du bruit en bas.

Il se redressa doucement, tirant ses longues boucles d’ébène en arrière. Doucement, il épousseta la légère tunique de coton blanche qu’il portait. Réajustant sèchement ses bottes, il ouvrit une des poches de son pantalon, un genre de treillis noir. De là, il extrait quelques petits cerceaux d’acier. Ces disques étaient connus dans le monde oriental comme des Chakrams, des armes de jet redoutables, silencieuses, extrêmement tranchantes, et pouvant toucher une cible à plusieurs dizaines de mètres.

Stephen aurait sûrement de quoi remercier son valet plus tard, car ce dernier avait fait preuve d’une réactivité exemplaire. Peut-être était-ce également l’idée que cette charmante inconnue, l’hôte de son maître, qui plus est, se trouvait probablement en danger, qui motivait Silat à agir. Dans tous les cas, si son mètre quatre-vingt peinait à rivaliser face à la taille impressionnante d’un ennemi encore inconnu, l’oriental avait de nombreux autres atouts.

Et le bruit ne cessait qu’un instant, une voix forte semblant retentir en bas, avant que le jeune oriental ne reconnaisse distinctement la voix de l’invitée de son maître. Cette fois, il n’avait plus de doute, il le savait à la simple inflexion de sa voix, elle avait des problèmes. Elle lui avait demandé d’aller chercher son maître ? Pas de temps à perdre, dans ce cas. Feignant tout de même de n’être pas pressé, pour que ses intentions ne soient pas claires, il ouvrit la porte et se mit à descendre.

La vue d’aigle du jeune homme ne saisit qu’une forme colossale qui partait avec un beau paquet sous le bras. Il y avait à peine quelques secondes de marche entre les écuries et l’auberge, et Silat connaissait très bien le chemin. Le pas leste, il se mit à la poursuite du gigantesque Terranide. Oh, bien sûr, il appréhendait de devoir combattre un tel monstre, mais il avait déjà vaincu plus gros, et puis, il avait la surprise de son côté. Ce qui est tout ce dont a besoin un assassin entraîné pour tuer n’importe qui.

« Kelb ! » Appela l’oriental, à l’intention du chien géant.

Alors que ce dernier tendait son bras pour frapper Mélisandre, l’adrénaline eut finalement raison de Silat, et ce dernier lança deux chakrams en direction du monstre. Le premier lui scia proprement la main, d’un trait net, à partir du poignet. Ces outils coupaient à une telle vitesse que la douleur et la compréhension de s’être fait couper un membre ne venaient qu’en quelques secondes. Pourtant, le loup ne mit pas plus d’un dixième de seconde à hurler, alors que sa main touchait le sol, ensanglantée.

Le deuxième disque, quant à lui, vint découper proprement la truffe et une partie du museau. Cette fois-ci, ce n’était pas grand-chose. Du moins en apparence, car il vint, après avoir découpé le molosse, frapper contre les chaines qui servaient de poignée de porte aux écuries. Et là, quelqu’un d’autre allait être attiré dans les histoires. Mais en attendant, il était du ressort de Silat d’occuper le chien géant, et il savait pertinemment que ce serait compliqué.

« Hein ? » Grogna Stephen en entendant un hurlement déchirant, suivi du bruit du métal qui vibrait, vers la porte.

Etre paranoïaque a du bon, quand on est vraiment dans un danger imminent. Le beau diable n’attendit pas un instant de plus, se ruant jusqu’à la porte, qu’il ouvrit brusquement. Et la scène qui se jouait devant lui ne l’abasourdit pas assez longtemps pour qu’il ne puisse réagir immédiatement. Son valet était en train d’esquiver les assauts d’un loup humanoïde, colossal. La réaction ne se fit pas attendre, et le beau diable saisit fermement son arbalète à répétition, logeant un carreau dans le tympan de l’animal.

Un clic retentit alors, signe qu’une autre munition venait de se charger dans l’arme. Sans attendre, le monstre pointa l’arbalète vers le genou du Terranide. Dans un sifflement, la pointe de la munition vint s’imposer sur le genou, expulsant proprement la rotule. Le géant s’affaissa, et Silat profita de l’occasion pour dégainer un de ses Katar, des armes orientales capables de percer même une amure. Sans ménagement, il vint perforer la colonne vertébrale du loup, déchirant disques et os. Il était difficile d’imaginer la douleur que ressentait l’animal en ce moment.

« Si tu veux le finir. » Dit calmement le démon en s’approchant de la jeune femme, constatant qu’elle saignait un peu du bras. « Alors fais-le. » Acheva-t-il en lui offrant sa précieuse arbalète.
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Mélisandre Cairn
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« Répondre #14 le: Octobre 23, 2013, 11:00:47 »

Aussi loin qu'elle s'en souvenait, jamais un homme n'avait porté la main sur elle. Oh, bien sûr, elle avait été quelque peu brusquée durant la traversée des landes, contrainte de tenir la cadence de la caravane, mais elle avait su s'arroger des privilèges qui l'avait prémunie contre les miliciens et autres bêtes abjectes. Même lorsqu'elle s'était livrée aux esclavagistes, elle avait farouchement entretenu cette flamme de dignité qui, comme une étincelle salvatrice, avait suffisamment ébloui ses geôliers pour les tenir à l'écart.
Alors, lorsque l'ombre menaçante du Terranide plana sur elle, la conscience émoussée de l'humaine qu'elle était autrefois ressurgit, très brève, le temps d'un écho de sa vie passée, qui s'imposa à son esprit comme l'extrait d'un vieux film. Les images défilèrent devant son regard, ouvert sur le vide. Un humain la giflait d'un revers de main assez violent pour la mettre à genoux. Elle s'écroulait, et, sans s'avouer vaincue, levait les yeux sur le visage de ce type. Il la toisait. Mais, dans son regard, elle déchiffrait le reflet désespéré de l'amour dévorant qu'elle lui portait. Elle aimait cet homme. Cette certitude, poignante, lui étreignit violemment le cœur.

Mélisandre se courba en avant, nauséeuse soudain. Tandis que sa main pressait son estomac, une pluie de gouttelettes chaudes retomba sur elle, l'ancrant un peu plus dans la réalité de l'instant. Sa surprise fut à la mesure de son soulagement lorsqu'elle vit la patte du Terranide convulser sur les pavés sanglants -détachée du reste du corps. La jeune femme recula promptement pour se mettre hors de portée de la créature, les tympans vrillés par son hurlement abominable.

" Silat... ? "

Les grognements féroces de la bête couvrirent sa stupéfaction, alors que l'adolescent affrontait le déchaînement dévastateur de sa furie sanglante, échappant à chacun des coups portés avec l'adresse d'un jeune cabri. La démone n'en revenait pas. Lui, l'adolescent timoré, si prompt à s'émoustiller ? Son étonnement estompa la réminiscence de son mauvais rêve, et fit bientôt place à un sentiment de satisfaction proche de la jubilation. Voilà que ce qu'elle avait si ardemment désiré se concrétisait. Elle tenait enfin l'occasion de s'éclipser en douceur. Cependant... elle ne pouvait nier une part de responsabilité sur ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux, et même s'il semblait maîtriser la situation, le jeune Silat risquait bel et bien sa peau -pour une inconnue. Son courage était admirable. Allait-elle vraiment se contenter de fuir en le laissant se débrouiller ?

" Préviens l'autre apollon, " souffla-t-elle pour elle-même, certaine que le bellâtre s'en voudrait de manquer une occasion d'être héroïque.

La belle se dirigea vers l'entrée de l'écurie, pressée de se rendre utile. Mais quand elle posa les mains sur le battant, les portes s'ouvrirent à la volée, avec tant de brutalité qu'elle aurait probablement fini assommé si elle n'avait pas eu le réflexe de bondir en arrière. Le grand mâle surgit alors, le poing armé d'une arbalète dont il usa pour mettre un terme au combat. Maître et valet agirent dès lors de concert pour terrasser le monstre, qui ne tarda pas à s'effondrer au milieu de la rue.
La brunette frémit en devinant les râles d'agonie, pleine de dégoût. Elle approcha pour observer de plus près le géant défait, sur le point de suffoquer dans ses propres rejets de sang et de bave écumante, émettant des borborygmes immondes. Elle ne manqua pas non plus de remarquer la petite bourse en cuir attachée à son pantalon.

Mélisandre soupira en douce, songeant à l'opportunité qui venait de lui passer sous le nez. Pourtant, après cette scène, elle aurait dû se sentir en sécurité auprès des deux hommes. Mais elle n'était pas si naïve. C'est à ce moment là que la voix désormais familière l'extirpa de ses  songeries, en lui présentant, contre toute attente, l'arbalète, et son pouvoir de vie ou de mort. Elle la saisit, à deux mains, puis contempla le visage du démon, calme elle aussi, tâchant de décrypter ses pensées. Il ne pouvait décemment pas lui faire confiance. Il le savait, elle le savait. Il lui offrait cependant une nouvelle opportunité. Celle de choisir. Rester ou fuir. Mais l'avait-elle vraiment, ce choix, après tout ? Choisirait-elle de les menacer tous deux, pour tenter de s'échapper, au mépris de ce qui venait de se dérouler ? Quand on avait un animal d'un gabarit comme celui du Terranide gisant à ses pieds, l'idée devenait grotesque. Ils en étaient venus à bout en un clin d’œil, alors, elle...  La diablesse renifla, sèchement. Il la prenait pour une idiote. Du reste, elle n'était pas assez désespérée pour prendre des risques aussi irraisonnés.

La jolie bohémienne prit cependant le temps d'examiner le mécanisme de l'arbalète, laissant planer une tension presque tangible. Elle lâcha brusquement un carreau dans la cuisse du grand loup, lui soutirant une plainte aiguë, mais étranglée.

" Oups, " minauda-t-elle en s'accroupissant à la hauteur du gibier.

Sa main gauche alla maladroitement déloger la pointe du projectile, déchirant les chairs déjà sanglantes. Pendant ce temps, son autre main allait chercher la bourse suspendue aux maillons de son pantalon, avec le doigté et la discrétion que conférait l'habitude. Elle en profita également pour récupérer, de manière ostensible cette fois, les chaînes en fer forgées, qu'elle balança négligemment sur son épaule. Après quoi, elle se redressa et arma de nouveau l'arme, avant de la tendre à Silat.

" Je pense que le privilège te revient, " déclara-t-elle avec une tendresse que motivait la reconnaissance, un demi-sourire aux lèvres.

Puis, elle se tourna face à son maître, en se composant un masque impénétrable. Elle allait le forcer à la laisser filer. Mais cette fois, à son exemple, elle le ferait en jouant cartes sur table. Elle fit un petit pas vers lui, si proche à présent qu'elle pouvait presque percevoir la chaleur dégagée par son imposante musculature. Mmmh... Il ne fallait pas qu'elle se laisse troubler.

" Bien. Il paraît évident désormais qu'ils me cherchent. Ils me traqueront tant que je resterais à Ashnard, et ils me trouveront, peu importe les ruses employées : mon accoutrement, les statuts que je m'arrogerais, le lieu où je me trouve dans cette ville... "

Elle fit une pause, le temps d'agiter les maillons de la chaîne qu'elle portait en travers de son épaule.

" Ce Terranide a emmené ces bracelets en fer parce qu'ils sont imprégnés de mon odeur, et ça, je peux difficilement y faire quelque chose, à part me planquer dans une décharge. Il n'a eu qu'à remonter ma piste, et tout porte à croire qu'il y en aura d'autres. "

Mélisandre inspira légèrement. L'air était saturé en soufre, et la poussière brûlante soulevée par les passants irritait la gorge. Et ça ne l'avait pourtant pas empêché de la retrouver. Bon, d'accord, elle l'avait probablement attiré avec le vacarme qu'elle avait fait à l'auberge, mais tout de même...
 
" Il s'agit d'esclavagistes. Vous savez aussi bien que moi de quoi ils sont capables. Le danger que Silat ou vous-même encourez en restant aux côtés d'une fugitive est bien réel, vous venez d'en avoir un aperçu. Je dois partir, quitter cette ville au plus vite. J'ai déjà trop traîné. Donnez-moi votre nom, je saurai vous retrouver pour vous faire parvenir ma gratitude. En attendant, je vais aller aux écuries, enfourcher un cheval, et partir dénicher un mercenaire en mesure de traverser les landes avec moi jusqu'à Nexus. "

Elle le pointa du doigt, se voulant dissuasive, équipée d'une détermination farouche.

" Et vous n'allez certainement pas m'en empêcher, parce que vous savez que me laisser partir est la meilleure des options. Mais ne soyez pas chagriné, je suis convaincue qu'un tas de putains se féliciteraient de recevoir votre noble virilité en elles, et qu'elles n'attendent que vous.  Hélas, je n'en fais pas partie. C'est comme ça. Allez donc tempérer votre déception auprès de charmantes pucelles. Il doit bien y en avoir sur le marché.  "

La donzelle acheva sa tirade par un sourire, à mi-chemin entre la douce raillerie et la malice. Puis elle adressa un coup d’œil fugace au jeune valet par-dessus son épaule.

" Si tu viens de Terre alors retournes-y. Ne deviens pas comme ton maître, " lui lança-t-elle, tout en restant volontairement évasive.

Et, sans s'attarder davantage, la démone marcha vers les écuries, s'évertuant à ignorer les picotements désagréables de son bras entaillé.
« Dernière édition: Octobre 24, 2013, 01:12:12 par Mélisandre Cairn » Journalisée


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