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Auteur Sujet: Alliances (Alice K.)  (Lu 1801 fois)
Szaalion IV
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Empereur de Vapeur


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« le: Juin 05, 2013, 10:28:56 »

Theodoric n'était pas mécontent de rentrer à l'Imperium, malgré le plaisir certain qu'il avait éprouvé à parcourir les terres de Sylvandell. Le paysage de ce petit royaume dépendant d'Ashnard proposait des panoramas bien différents de ceux que pouvait dévoiler le pays volant, mais l'Empire avait quelque chose que Sylvandell n'aurait probablement jamais : l'altitude. Pour Theodoric, issu d'une longue et noble lignée de pilotes aériens d'Aile-Acier, l'horizon des cieux infinis était le meilleur des réconforts et le plus beaux des paysages. Mais c'était en sa qualité de Duc des Mines qu'il avait été dépêché par Szaalion IV en personne en Sylvandell afin d'y mener d'âpres négociations qui avaient mêlé à l'affaire le puissant empire Ashnardien, invité presque obligé dont Theodoric se serait tout à fait passé. Fichus ashnardiens qui avaient embourbé les pourparlers et fait durer près de quatre mois ce qui, en temps normal, n'en aurait prit qu'un seul.

Tout avait débuté lorsqu'un Négociant -marchand de l'Empire sillonnant Terra au nom de la Vapeur- avait découvert fortuitement en Sylvandell la présence de Solsticium. Cela n'avait rien de réellement étonnant, puisque la pierre courait partout sous la terre, mais sa couleur s'était avérée inhabituelle. D'un pourpre très clair, que l'Empire ne parvenait à extraire que difficilement des entrailles des galeries minières de l'Usine. La propriété pourpre n'était pas des moindres : elle emmagasinait l'énergie et la relâchait une fois démultipliée. Autant dire qu'elle présentait un grand nombre d'avantages sur lesquels les vaporéens étaient déterminés à mettre la main. Aussi Szaalion avait il délégué Theodoric, quelques géologues et une trentaine de gardes afin de négocier avec Sylvandell un permis d'exploitation, mais Ashnard avait finit par s'en mêler. Le petit pays était annexé par l'Empire, qui avait rapidement compris l’intérêt qu'il aurait à se lier avec les fils de la Vapeur. Et tout c'était compliqué à partir de là.
Heureusement, Sylvandell avait sut recevoir convenablement la délégation vaporéenne, laissant même les envoyés impériaux effectuer quelques relevés dont les résultats très enthousiasmants avaient été transmis à l'Empereur. Ce dernier avait alors exprimé son désir de terminer lui-même les arrangements qui étaient parvenus à poindre et c'est ainsi que Theodoric en était venu à ramener avec lui des représentants d'Ashnard ainsi -et surtout- que la princesse héritière de Sylvandell, Alice Korvander.


Szaalion IV savait traiter ses alliés et il l'avait prouvé lorsque leHautvent, un des fleurons de la flotte vaporéenne, était venu chercher les nommés. Embarqués depuis la terre de Sylvandell sur de petites frégates, ils avaient put profiter des luxueuses cabines et admirer l'armement lourd du navire autour duquel avaient gravité sans relâche une chasse d'appareils individuels. La traversée de plus d'une semaine s'était déroulée sans encombre et dans le faste et c'était en ce début d'après-midi que le Hautvent avait pénétré dans l'espace aérien de l'Empire de Vapeur.
Theodoric avait invité la délégation sur le pont afin de leur montrer la masse titanesque de la ville-région de
Mecanicae Imperium. Titanesque... Le mot était faible pour ce monstre fulminant et couronné d'un palais qu'on devinait extrêmement luxueux.
Quelques expressions d'inquiétude avaient retenti lorsque, perçant les nuages, les
Mécadragons, au nombre de trois, étaient venus inspecter le Hautvent. Déjà grand, le vaisseau semblait bien frêle devant les créatures métalliques qui elles-même étaient bien réduites devant l'Imperium qu'elles défendaient pourtant, comme Theodoric l'avait expliqué.

"Ils constituent la garde de l'Imperium et l'un de ses moyens de défense les plus redoutables. Toutefois, nous misons également sur la chasse des Ailes-Acier que vous connaissez déjà pour suffir à réprimer toute intervention mal-intentionnée. Nos pilotes figurent parmi les meilleurs de Terra !"

Le Hautvent avait fini par accoster sur l'un des ponts même de la Forge Stellaire, le palais impérial. La Platinum Guard avait constitué une haie d'honneur qui menait à l'Empereur, entouré de chacun de ses côtés bien que légèrement en retrait par chacune de ses soeurs. Se trouvaient là une bonne partie de la cour ainsi qu'Agatha Charista et les généraux, Gadrell de Sylvacier et Titus de Méridias. Avant le débarquement, Theodoric avait expliqué le protocole qui allait suivre.

"L'Empereur, personnellement, recevra Alice de Sylvandell ainsi que les personnes qu'elle aura expressément choisi pour l'assister. Les autres seigneurs seront eux reçu par les Jumelles du Lion, soeurs de notre monarque et régentes. Vous pourrez vous adresser à elle comme à l'Empereur, dont elles sont les oreilles et la langue. Demain, un colloque étendu sera ouvert en présence de Son Excellence Szaalion IV."

Dès qu'il en avait eu la possibilité, Theodoric s'était adressé de façon plus discrète à la princesse Korvander, lui glissant quelques mots dans un sourire aimable.

"Je vous ai expliqué que les rapports charnels tenaient une place importante dans notre société, majesté. Aussi, ne soyez pas insultée de certains regards à votre encontre au sein même des gens de la cour. Pour notre noblesse, feindre de ne pas s'intéresser à vos atouts serait la véritable insulte. Et beaucoup sont très conservateurs... En revanche, Son Excellence vous invite d'ors et déjà à signifier des comportements que vous trouveriez déplacés. Il trouverait très regrettable que de simples moeurs viennent parasiter vos négociations et m'a charger de vous exprimer sa compréhension à votre égard."

Et la délégation, finalement, posa le pied sur l'Imperium. Des trompettes résonnèrent avec fracas dans un canon militaire tandis que les gardes dégainaient leurs épées pour en pointer la lame à terre au passage des représentants d'Ashnard en signe de salut respectueux. Derrière, de très hautes cheminées se mirent à cracher une fumée immaculée tandis que les nobles de la cour inclinaient tous le buste et la tête à l'arrivée des invités. Seul Szaalion resta droit, signifiant d'un geste à la délégation arrêtée par Theodoric qu'elle pouvait avancer un peu plus vers lui. Lorsque cela fut fait, il ouvrit les bras comme pour les désigner tous avant de prendre la parole.

- Soyez les bienvenus au sein de l'Empire de Vapeur. Moi, Szaalion IV, vous assure de notre hospitalité la plus zélée le temps de votre séjour parmi nous. Ce soir, un banquet sera donné en votre honneur et avant cela, vous pourrez exprimer vos premières volontés, qu'elles soient politiques ou personnelles.

Szaalion tendit ensuite la main en direction d'Alice, la gratifiant d'un sourire qu'il était facile de deviner poli mais sans âme réelle. Toutefois, il prit quelques secondes pour embrasser la jeune femme du regard, hochant doucement la tête en signe d'approbation. Theodoric l'avait expliqué durant le voyage : ce simple geste était pour l’intéressée un grand honneur, puisqu'il entendait qu'elle plaisait au monarque. Désireux néanmoins de ne pas être inconvenant, il reporta tout son attention sur le regard de la Princesse.

- Je serai votre guide, Princesse Korvander. Désignez je vous prie ceux et celles qui vous accompagneront. Ensuite, je vous mènerai à vos appartements privés, à moins que vous n'ayez une requête à formuler. Nous pouvons plonger dans le vif du sujet ou laisser cela au colloque de demain, cela se fera à votre guise. Parlez sans détour, l'Empereur vous y invite.
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Princesse Alice Korvander
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"Hear me Roar !"
« Répondre #1 le: Juin 07, 2013, 08:00:47 »

LA DÉLÉGATION ASHNARDIENNE

  • Naraël. Surnommée « Reine Noire », Naraël est une importante personnalité ashnardienne, qui dispose de pouvoirs magiques liés à la magie noire. Elle fait partie de l’un des clans démoniaques les plus influents de l’Empire, qui a notamment un membre au sein du Conseil Impérial. Au sein de la délégation, elle représente le Conseil Impérial ashnardien ;

  • Xyola. Fille et amante de Naraël, Xyola, « La Maîtresse des Iguanes », est une élégante démone, une perverse qui a officiellement pour mission de protéger Naraël. Dans la mesure où sa mère est plus forte qu’elle, Xyola est en réalité la concubine de Naraël, et est prédestinée à lui succéder. Elle ne se sépare jamais de ses bébés, deux abominables iguanes infernaux ;

  • Grim. Le « Bourreau de Lochtis » est un maréchal de guerre, connu pour avoir réprimé dans la violence une révolte dans une contrée ashnardienne, en pendant le même jour 1 000 suspects à Lochtis, capitale de cette contrée. Il est chargé de représenter l’armée ashnardienne ;

  • Tysho. Appelé « Le Chevalier d’Or », Tysho est le frère aîné de Grim, un bretteur d’excellence, reconnaissable à son armure dorée, et aux quelques cicatrices venant orner son visage. C’est un garde d’élite ashnardien, qui assure la sécurité de toute la délégation, et est donc le responsable de tous les gardes ashnardiens affectés à la sécurité des diplomates ;

  • Mara. « La Flamme de Feu » est une influente magicienne ashnardienne, spécialisée dans la Pyromancie. Elle a une chaire en Pyromancie auprès de la prestigieuse académie militaire d’Ashnard, qui entraîne l’élite de l’armée. Elle a été choisie parmi les professeurs titulaires permanents au sein de l’Académie pour fournir une expertise magique auprès des Ashnardiens, ayant réalisé plusieurs théories sur les « concentrations physiques magiques », ainsi qu’elle les appelle ;

  • Tala. Tala est un Commandeur de Sylvandell, ce qui revient à dire que sa seule et unique mission est de protéger Alice. C’est une guerrière émérite, qui a passé ses classes en tant que soldate ashnardienne, avant de rejoindre l’armée de Sylvandell, où elle a fini par monter en grade, jusqu’à atteindre le poste tant convoité de Commandeur.



Par ailleurs, la délégation comprend un certain nombre de gardes, d’assistants, et, naturellement, de diplomates qualifiés, soit des juristes.

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« Je n’ai pas confiance.
 -  Et à qui faites-vous confiance, Maréchal, à part à votre frère, hum ?
 -  A la pute qui me suce la queue », répliqua l’homme.

Alice ne répondit pas. Elle ne disait rien, et triturait entre ses doigts gantés sa belle croix sylvandine, représentant le Dragon d’Or, le Patriarche. Elle entendit un sifflement dans son dos, et, en tournant la tête, vit que Xyola était en train de nourrir ses « bébés », comme elle les appelait. Elle sortait de gros morceaux de viande, que les deux iguanes se partageaient, en la déchiquetant, broyant même les os.

« Mes petits avaient faim... »

Pour le coup, la Princesse était rassurée de savoir qu’elle était avec eux. Toute cette délégation l’effrayait... Et, pourtant, quand on connaissait Tywill Korvander, son père, il y avait déjà un élément solide. Mais elle connaissait la réputation des deux responsables de la délégation : Naraël et le Bourreau. Le Conseil Impérial avait fait un curieux choix de les envoyer ici, au lieu d’envoyer les diplomates habituels... Mais, à ce qu’Alice avait compris, deux des principales armées ashnardiennes étaient engluées dans un conflit assez important au Sud de l’Empire, qui avait aussi mobilisé des troupes sylvandines. Une malédiction infernale sur fond de guerre, impliquant, outre l’Empire, deux puissants royaumes militaires limitrophes. Alice n’irait pour autant pas jusqu’à dire qu’on avait envoyé avec elle des incompétents... C’était même plutôt le contraire. Elle se félicitait juste de ne pas être aussi petite que jadis. Grim avait été rappelé du Sud, laissant la gestion de cette crise au Maréchal Coehoorn Var Emreis.

Alice était plongée dans ses pensées. A Sylvandell, son père était parti depuis plusieurs mois au Sud, afin de gérer cette crise, et, en attendant, c’était à elle qu’il revenait de représenter le pouvoir royal. Et c’était précisément à ce moment que la Princesse avait reçu une visite d’étrangers, des diplomates venant d’un endroit méconnu, au nom atypique : l’Empire de Vapeur. Il était perdu à l’ouest du continent, dans un endroit austère et dangereux, où les gens se rendaient rarement, car il y avait un imposant désert, Mornepierre, qui l’entourait. La Princesse avait envoyé à l’Empire une série de courriers afin d’obtenir de la part des Renseignements Impériaux une liste d’informations sur les Vaporéens. Bien que ce soit un royaume éloigné et discret, Ashnard était une puissance militaire de premier plan, pour qui l’information était essentielle. Elle avait reçu des dossiers confidentiels, ainsi que Naraël. Les Ashnardiens avaient donc rejoint les négociations, sans qu’Alice ne puisse, et ne veuille, s’y opposer. Sylvandell appartenait à l’Empire d’Ashnard. En vertu des accords passés entre eux, la souveraineté du royaume était restreinte sur les deux aspects. La souveraineté interne était limitée par le respect de la Constitution impériale, tandis que la souveraineté externe, soit le droit de faire des conventions avec d’autres puissances, était restreinte à l’approbation ashnardienne.

Les Vaporéens étaient venus car, selon leurs informations, le sol sylvandin comprendrait des cristaux très précieux pour eux : le Solsticium. Le rapport ashnardien lui avait expliqué qu’il s’agissait d’un mystérieux cristal ayant des propriétés magiques apparemment anodines, mais qui constituaient le cœur de la technologie vaporéenne, en leur permettant de faire voler le cœur de leur Empire : une immense ville futuriste s’appelant Mecanicae Imperium. Outre cette grande ville, l’Empire reposait aussi sur une sorte de mystérieuse superstructure, l’Usine. Alice avait beaucoup lu le rapport, tandis que les Vaporéens avaient exprimé le désir de pouvoir obtenir les gisements de Solsticium se trouvant dans la région. Cependant, les gisements se trouvaient dans les profondeurs de la montagne, une zone particulièrement dangereuse, que ce soit pour la présence des dragons, qui n’acceptaient en leur sol que la présence des Sylvandins, ou des prédateurs nocturnes. Il était impensable que des ouvriers vaporéens s’installent. Les Sylvandins devraient se charger de l’extraction, ce qui, en soi, n’était pas impossible. Cependant, la question était de savoir ce que les Sylvandins pourraient exiger en retour.

L’or ne les intéressait pas plus que ça. Ils en récoltaient déjà en pillant les royaumes éloignés. Quant à la technologie... Les Sylvandins n’en avaient que faire. Cependant, les Ashnardiens, eux, avaient trouvé de quoi discuter. L’ouverture des négociations avait amené les Renseignements à obtenir davantage d’informations sur les Vaporéens, Naraël et les juristes ashnardiens rallongeant les négociations, en invoquant des problèmes juridiques, des clauses à peaufiner afin qu’elles soient conformes à la jurisprudence en vigueur... Autant d’arguments factices pour attendre que les Renseignements Impériaux terminent d’obtenir des informations sur les Vaporéens. Les Renseignements se composaient de Drow, les Elfes Noirs, réputés pour être les espions les plus talentueux du monde, en raison de leur connaissance du monde souterrain.

Au terme des négociations à Sylvandell, les trois parties au contrat s’étaient mises d’accord sur un accord de principe, chacune des obligations principales des cocontractants s’envisageant ainsi :

  • Sylvandell se chargeait d’extraire le Solsticium, en utilisant ses propres ouvriers, et en acceptant la présence d’ingénieurs vaporéens ;
  • L’Empire d’Ashnard se chargeait de convoyer le Solsticium de Sylvandell vers les Vaporéens ;
  • L’Empire de Vapeur s’engageait à financer une partie des frais de déplacement et d’extraction, ainsi que consentir à d’autres avantages.



Toutes les parties avaient convenu de poursuivre les négociations à Mecanicae Imperium, sur proposition des Ashnardiens, qui espéraient ainsi en savoir plus sur les Vaporéens, leurs éventuels futurs alliés. Le contenu des « autres avantages » n’avait pas encore été déterminé, et serait justement au cœur des autres négociations à venir.

La Princesse de Sylvandell avait profité du voyage pour se renseigner sur les Vaporéens, relisant, non seulement les rapports des RI, mais aussi ceux de l’Académie Impériale, concernant le Solsticium. Les Sylvandins avaient envoyé un prélèvement, et plusieurs expertises magiques s’étaient penchées sur cette pierre, pour en arriver à la même conclusion. C’était un cristal magique, renfermant une puissante source magique, mais ils ignoraient comment l’ouvrir. Ils supposaient que les Tekhanes seraient plus à même de le faire, en raison de leur forte connaissance technologique, mais émettaient quand même des réserves à ce sujet. Face à la magie pure, la technologie rencontrait parfois quelques limites.

Dans tous les cas, le Solsticium intéressait beaucoup les stratèges ashnardiens. Avoir la perspective d’avoir sa propre flotte aérienne séduisait beaucoup les Ashnardiens, leur fournissant, non seulement un avantage indéniable sur les Nexusiens, mais aussi une manière de commencer à concurrencer la redoutable armée tekhane. Alice ne le savait pas, mais elle supposait que les Ashnardiens chercheraient aussi à se renseigner sur le Solsticium, sur la manière dont il était traité, afin de devenir cette source énergétique si précieuse. Même les Drow n’avaient pas réussi à en savoir plus.

« Nous approchons... » glissa Mara.

La Pyromancienne était probablement, à part Tala, la seule femme en qui Alice n’avait pas peur. Elle était belle, et très enjouée, aimant jouer avec le feu.

Alice se releva, sa longue cape royale flottant à ses pieds. L’intérieur était bleu, et l’extérieur noir, avec, sur le dos, en plein milieu, un blason doré en forme de dragon. Elle avait abaissé sa capuche, et se rapprocha de l’une des fenêtres de ce curieux navire flottant dans les airs, le Hautvent. Ils n’eurent toutefois pas le temps d’observer, qu’un homme alla les voir. C’était le diplomate vaporéen, Théodoric. Il s’était présenté comme le « duc des Mines ».

Suivant son invitation, le groupe se rendit sur le pont. Alice sentit quelques légers frissons la parcourir. A cette altitude, même pour une montagnarde comme elle, il faisait froid. Le Hautvent tenait plus du bâtiment militaire que diplomatique. Il présentait d’épais canons, des tourelles de combat, et probablement d’autres dispositifs de combat. Alice sentit le froid sur sa peau, faisant remuer sa longue cape. Il y avait des nuages un peu partout, et, surtout, devant eux...

« Woow... » avait-elle laissé s’échapper, admirative.

Mecanicae Imperium s’était présentée à eux. Une sorte de vaisseau gigantesque planté dans les nuages, une immense ville qui flottait dans les airs ! Elle pouvait voir, dans les coins, des espèces d’énormes tours lâchant de la fumée bleue, probablement les réacteurs permettant à la cité de se maintenir en hauteur. Des espèces d’avions tournaient continuellement autour de la ville, les Ailes-aciers.

« Encore des types qui pètent plus haut que leur cul... » avait commenté Grim.

Il n’était pas l’ami de Père pour rien... Dans le dos d’Alice, Mara s’était également permise une remarque plus construite :

« Seule l’Olympe peut flotter parmi les nuages. »

Alice n’avait pas trop su comment interpréter ça. Elle était rapidement rentrée dans la cabine, près du chauffage, se frictionnant les épaules, tandis que le Hautvent avait amorcé son approche vers Mecanicae Imperium. Elle, personnellement, avait été frappée par cette structure. C’était tout simplement incroyable, et elle ne pouvait s’empêcher de se demander comment une telle structure avait pu voir le jour... Et ce qu’il y avait en bas. L’Usine était lourdement défendue, et les Drow n’avaient pu se livrer qu’à quelques rapports, parlant d’une espèce de mouroir sinistre, avec des mines interminables, où des pompes et des esclaves travaillaient continuellement, creusant toujours plus profondément. Un Empire idyllique qui n’était pas sans lui rappeler Nexus, où il y avait deux visages de la ville. Ici aussi, ce semblait être le cas.

Le Hautvent s’était posé dans le plus grand bâtiment de la région, le Palais Impérial, sur la Forge Stellaire. Ils entrèrent dans une sorte de réception grandiloquente digne de ce qu’Ashnard faisait parfois. Les nobles, les trompettes... On leur déroulait le tapis rouge. Les iguanes restaient autour de Xyola, grognant en claquant des dents, regardant les nobles, sans toutefois envisager de les attaquer. Gare à celui qui irait vers leur maîtresse sans son autorisation.

Parmi tous les nobles, il n’y en avait qu’un qui resta droit, qui ne baissa pas la tête. Szaalion IV, maître de céans, Empereur des Vaporéens. Alice le regarda. Elle était au milieu de la délégation, car les Vaporéens avaient clairement exprimé leur souhait de converser avant tout avec Alice. Elle n’avait pas spécialement eu le temps de se rapprocher que Théodoric lui glissa quelques mots, auquel elle répondit assez rapidement, en décidant de manier la meilleure arme des diplomates : l’humour.

« Je recommande vivement à Son Excellence et aux autres Vaporéens de mesurer leurs paroles à l’égard de Xyola. Si elle est assujettie au respect du protocole, ses petites bêtes ne le sont pas. »

Alice se rapprocha de Szaalion. Tous les Ashnardiens restèrent derrière elle, à l’exception de Tala, qui ne quitterait Alice que sur un ordre exprès de cette dernière, et en ayant la certitude qu’elle ne risquerait rien. Szaalon IV l’accueillit, et elle baissa poliment la tête, en signe de remerciement. Dans le regard de l’homme, elle pouvait lire ce qu’elle lisait chez bien d’autres regards : une expression de désir. Il poursuivit ensuite, lui demandant de désigner ses proches. Alice hocha à nouveau la tête, et répondit. Si son timbre de voix était calme, intérieurement, elle était extrêmement nerveuse. Elle était face à toute une assemblée, mais, dans un sens, sa nervosité se couplait à une sorte d’excitation.

« Je remercie chaleureusement Son Excellence Szaalion IV, Empereur de Vapeur, pour son accueil. Notre voyage a été long, et, nous autres, hommes et femmes du sol, ne sommes pas encore habitués à vivre en hauteur. »

Elle rajouta rapidement, après avoir ménagé une petite pause, tout en regardant Szaalion. Elle avait répondu à sa question, et enchaîna sur autre chose :

« Tala est ma garde du corps personnelle. Elle m’accompagnera dans tous mes déplacements, et en n’importe quelle circonstance. Les autres membres de ma délégation participeront du reste au déroulement des négociations, ainsi qu’il en a été convenu. »

Elle avait, de son point de vue, dit l’essentiel.

« Et je tiens à vous assurer, termina-t-elle, que c’est pour moi un immense honneur que de fouler des pieds une si grande et si prestigieuse ville. »
« Dernière édition: Juin 07, 2013, 12:23:52 par Princesse Alice Korvander » Journalisée


Consultez ce topic pour une présentation détaillée de mes personnages.

Pour une demande de RP, je vous encourage, soit à poster sur le topic susmentionné, soit à envoyer un MP sur mon compte principal, soit celui-ci.

Complément de script : La Saga De La Tour Sombre
Szaalion IV
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Empereur de Vapeur


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« Répondre #2 le: Juin 10, 2013, 01:37:48 »

Les Ashnardiens. Une lie pour Terra, comme l'estimait Szaalion qui avait dû affronter quelques uns des sujets de Mordret lors de ses péripéties en tant qu'aventurier. Si il reconnaissait la puissance intrasèque d'Ashnard et ses capacités guerrière indéniable, il n'en restait pas moins convaincu que cet empire là était le cancer qui rongeait lentement leur monde. Dès lors que Theodoric avait annoncé l'arrivée de représentants impériaux en Sylvandell alors qu'il avait entamé les négociations, Szaalion avait comprit que rien ne serait facile et qu'il serait contrait de traiter avec des gens d'une façon ou d'une autre. Leur remettre une partie de la technologie vaporéenne allait dès lors s'avérer nécéssaire et le monarque ne pourrait nullement passer outre. Hors de question de passer à côté du si précieux Solticium qui courrait sous Sylvandell ! Restait la possibilité de déclencher un conflit pour envahir le royaume aux dragons, mais Szaalion n'avait aucune envie d'annexer un domaine terrestre et de se lancer dans une guerre qui durerait longtemps. Sage, le vaporéen avait embrassé la voie diplomatique en tout renforçant la sécurité en vue du colloque. Les espions -il y en aurait, il y en avait toujours- n'auraient que peu à se mettre sous la dent.

Du regard, l'Empereur avait embrassé la délégation. Ashnard avait bien évidemment envoyé quelques "gueules", mais les Vaporéens sauraient les recevoir... De toutes les façons que les ashnardiens auraient put vouloir être reçus. Heureusement, le protocole protégeait ses deux soeurs. Szaalion n'avait aucune confiance dans les hommes accompagnant la princesse, mais il avait en revanche confiance en Agatha Charista du Val Rugissant, maîtresse du petit domaine vaporéen implanté sur les terres Ashnardienne. Agatha valait bien son pesant d'impériaux, sa magie faisant d'elle une sommité dans les institutions terranes. De plus, elle avait glissé à l'Empereur lors du débarquement de la délégation qu'elle connaissait déjà Naraël. Elle serait le guide impérial qui s'occuperait de cette partie des envoyés, aux côtés des Jumelles du Lion.

Hochant la tête, l'Empereur signifia à Alice qu'elle allait être exaucée et conduite par sa personne dans les appartements qui lui avaient été attribués. Il esquissa un fin sourire lorsque l'héritière de Sylvandell évoqua la vie en hauteur mais choisi de ne pas rebondir tout de suite sur son petit aveu, accordant plutôt un regard à la dite Tala alors qu'Alice évoqua son sentiment quant à sa présence sur la Mecanicae.
Szaalion ferma les yeux tout en inclinant doucement la tête en guise de remerciement avec un sourire cette fois plus que protocolaire.


- J'ai éprouvé un sentiment assez similaire lors de mon passage à Sylvandell, il y a quelques années de cela. Bien qu'à votre inverse je sois habitué aux hauteurs, j'avais apprécié votre contrée. Elle m'avait fait, je dois dire, grande impression.

L'aventurier anonyme qu'il avait été avait beaucoup voyagé et l'évocation du nom de Sylvandell avait rappelé à lui quelques souvenirs de cette époque qui lui paraissait à présent bien lointaine. Proposant son bras à Alice, il tourna les talons et emmena la princesse vers le palais, les membres de la Platinum Guard saluant leur passage. Ils n'étaient suivis que de Tala et de Dannika, une des rares gardes personnelles de l'Empereur. Lune quant à elle devait rester dans l'ombre la plus absolue, pour prévenir toute tentative de nuire à son souverain. Toutefois, Dannika était une bretteuse de talent équipée de quelques bijoux sertis de Solsticium, sans compter qu'elle était également une ESPer.
A quelques pas derrière les souverains, quelques serviteurs suivaient, disposés à accomplir dans l'instant n'importe quel caprice.


- Vous pourrez vous déplacer à votre gré dans l'Imperium ainsi que dans le palais, Princesse. Nous tenons à notre image d'hôtes de marque et je compte bien m'en faire le plus digne représentant. Aussi, demandez et vous obtiendrez. Ah ! il est vrai que j'ai un présent pour vous.

S'arrêtant au milieu d'un somptueux couloir large et richement décoré qu'il avait emprunté, Szaalion claqua des doigts. Aussitôt, une jeune femme de la suite approcha, baissant révérencieusement la tête tandis qu'elle ouvrait un coffret de bois face à Alice, dévoilant un superbe bracelet gravé d'or et d'argent, dont le centre s'avérait présenter une éclatante Solsticium aux couleurs dorées chatoyantes.

- Ceci est une Luminaile, une pièce d'orfèvrerie utilisée pour offrir à son porteur la capacité de voler librement dans les airs. Il est coutume que nos invités les plus prestigieux en reçoivent, afin qu'ils n'aient plus à craindre l'altitude. Si le coeur vous en dit, nous pourrons tout à fait prendre quelques heures dès que vous le voudrez pour que je vous enseigne son maniement.

Sur un geste de tête de Szaalion, la servante se retira avec le coffret et la marche reprit, enchaînant les plus beaux couloirs. Certains, dont les murs n'étaient que verrières, laissaient parfois apercevoir la ville près d'une centaine de mètres en contrebas. Le trajet dura quelques minutes, avant que finalement l'assemblée ne parvienne à une aile sévèrement gardée, dont les portes richement décorées s'ouvrirent sur elle-même, faisant jouer les élégants engrenages qui avaient été laissés apparents dans un but esthétique.

- Voici les quartiers privés impériaux. Au fond de ce couloir se trouvent mes propres appartements et les vôtres ne sont guère éloignés. Il désigna une porte entourée de deux gardes de platine, un peu plus loin. Je sais qu'il est parfois surprenant pour les gens d'En bas de savoir que l'Empereur reçoit aussi près de sa personne, mais c'est notre façon à nous, vaporéens, de signifier sa place à un invité. Venez.

Il l'entraîna vers sa chambre, une pièce profonde et haute dont le lit était une curiosité. En effet, il était incrusté dans le sol même, véritable flaque de tissus précieux et autres coussins richement brodés, le tout ceints de voiles argentés qui laissaient flotter l'imagination et probablement les sens lors de quelques ébats. Une marche permettait de descendre dans la couche prévue pour six personnes. Quant à la vue, elle donnait sur les jardins impériaux, très fleuris en cette période de l'année.
Szaalion la laissa prendre possession des lieux un moment.


- Vous êtes ici chez vous. Les suivantes vous obéirons aveuglément, dit il lorsque les quatre femmes -dont celle au coffret- entrèrent tête baissée. Et vous pouvez jouir à loisir des plaisirs du palais. La journée est encore jeune, j'espère que vous ne la passerez pas à dormir.

Il plaisantait un peu, ce qui rendait le moment moins solennel. Puis l'Empereur salua la Pincesse avant de se retirer, lui signifiant qu'elle pourrait toujours demander après lui et qu'il serait là si tant est que des obligations ne le retiennent pas. Finalement, la porte se referma derrière lui, laissant Alice dans son sillage.
« Dernière édition: Juin 10, 2013, 02:02:55 par Drake Noventa » Journalisée
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« Répondre #3 le: Juin 12, 2013, 09:24:51 »

Tala portait deux épées en verredragon, qu’elle accrochait dans son dos, en forme de croix. Généralement, on portait les épées à la ceinture. Le fait qu’elle les porte ainsi trahissait ses origines, sa formation de sorceleuse. Seuls les sorceleurs avaient deux épées : une forgée en acier, contre les humains, et une en argent, contre les monstres et les créatures magiques. Ils portaient leurs épées dans le dos, car l’entraînement qu’ils recevaient faisait qu’il était plus facile de les dégainer ainsi. La spécialité d’un sorceleur était de faire une roulade d’esquive en dégainant son épée, puis, en étant en position accroupie, s’en servir pour trancher les genoux de son agresseur. Une technique qui avait bien souvent fait ses preuves. Sylvandell n’avait pas choisi n’importe qui pour protéger Alice. Tala était une femme forte, bien entraînée, et consciencieuse. Ses yeux regardaient à droite et à gauche, cherchant instinctivement des repaires, des planques, des zones où des ennemis potentiels pouvaient se dissimuler. Certes, il n’y avait aucune raison de douter des Vaporéens. Ce n’était pas une nation belliciste, et le régime politique, vu de l’extérieur, avait l’air stable. Pour les Ashnardiens, rien ne valait un Empire, où le peuple suivait un leader, un homme fort et charismatique. C’était le grand défaut de Nexus : la reine Ivory était trop jeune pour régner, et, en l’absence d’une personne-symbole, pour illustrer la puissance de l’État, ce dernier décrépissait lentement.

Mains croisées dans le dos, Alice suivit l’Empereur, avant qu’il ne lui propose son bras. Elle accepta silencieusement, et le suivit, regardant autour d’elle. C’était un palais sensiblement différent de celui de Sylvandell, qui était petit et étriqué. Ce palais-là semblait immense ! Il lui rappelait toutes ces fois où elle était obligée de se rendre au palais impérial d’Ashnard, une immense structure, où elle finissait toujours pas se perdre entre les différents jardins, les différentes cours et ailes. Heureusement qu’elle avait Tala avec elle ! Cette dernière avait une mémoire photographique exceptionnelle, et était capable de tout repérer autour d’elle.

*En théorie, je devrais me sentir inquiète à l’idée de quitter la délégation, mais... Au moins, je m’éloigne de ces maudits iguanes...*

Les « bébés » de Xyola lui avaient foutu la chair de poule ! Elle espérait juste ne pas faire d’erreurs, et qu’on ne découvre pas, par la suite, que les Nexusiens soutenaient les Vaporéens, et que cette délégation était un piège. En soi, ce serait une violation de toutes les règles diplomatiques internationales, notamment de l’une des principales coutumes du droit international public : « pacta sunt servanda ». Mais, d’un autre côté, Ashnard avait la triste réputation d’être « l’Empire du Mal », particulièrement depuis l’époque de Ram Aballah, l’Empereur-Araignée, dont la cruauté sans égales s’était répandue dans tout Terra, et avait donné lieu à une guerre fratricide au sein d’Ashnard. Ce conflit avait beau avoir eu lieu il y a plusieurs siècles, il était encore vivace dans les esprits. Pour beaucoup d’Ashnardiens, les successeurs de l’Araignée, dont le dernier représentant était Mordret, n’étaient pas les vrais Empereurs, mais des lâches, des couards et des faibles. Leur incapacité à écraser Nexus, cette ville rongée par la corruption et par le paupérisme, en était, selon ces opposants, une preuve formelle. Ils appartenaient à la ligne dure et conservatrice d’Ashnard, alors qu’Alice, à la vérité, avait plutôt une approche réformiste. La diplomatie avait d’autres utilités que d’être le prélude à la guerre, selon elle. En étudiant l’Histoire d’Ashnard, elle avait vu que bien des confits particulièrement onéreux auraient pu être ignorés si chaque partie avait mieux compris les prétentions des autres.

Plongée dans ses pensées, elle en fut tirée quand Szaalion IV lui offrit un cadeau, qui la fit légèrement rougir. C’était... Une sorte de curieux bracelet, assez joli et grand, qu’il appela « Luminaile ». Elle ignorait ce qu’était cet objet, et il lui expliqua que, avec cet objet, elle pouvait voler. Elle cligna légèrement des yeux, en fronçant les sourcils. Est-ce qu’il se moquait ? Elle ne le croyait pas.

« Me... Merci pour ce précieux cadeau, Excellence » répondit assez rapidement Alice.

Voler, en revanche... La Princesse n’avait pas le vertige, et elle adorait voler avec les dragonniers, sentir le vent dans ses cheveux, et voir les dragons faire des piques mortelles depuis la cime des nuages, à vous en retourner l’estomac... Mais, pour voler, il fallait des ailes. Elle était un peu superstitieuse. Le vol était réservé aux « seigneurs », que ce soit les dragons ou les anges. Elle ne dit rien de sa pensée, ne voulant pas provoquer un incident diplomatique... Et il était peut-être aussi possible que l’idée de voler avec une machine effrayait un peu la campagnarde arriérée qu’elle était. Et si ce machin tombait en panne ?

Une autre image la tira de ses pensées : des couloirs où les murs semblaient être faits de verres ! Elle s’arrêta même, posant ses doigts gantés contre les vitres. La ville était vraiment magnifique ! Elle savait que Terra recelait d’endroits magnifiques, où l’ingéniosité humaine montrait tout son talent, et, indéniablement, elle était tombée dans l’un de ces endroits. Elle serait bien restée là, à l’observer des heures, mais Tala la heurta doucement.

« Princesse ? »

Alice hocha la tête, puis reprit sa marche, suivant l’Empereur Szaalion IV. Elle devait bien admettrez que le Vaporéen était assez élégant et charismatique. Il marchait bien droit, sans se voûter, avec cette allure de supériorité naturelle que seuls les vrais monarques ont. Rien à voir avec Tywill. Szaalion IV vint les conduire dans une belle chambre. Il y avait des palmiers sur une terrasse, et probablement un verre très fin et très épais, car on avait l’impression de pouvoir directement accéder au balcon. Elle cligna des yeux, cherchant le lit, et finit par se dire qu’il devait s’agir du centre au milieu.

*Curieux... Mais pourquoi pas, après tout ?*

Sur le coup, elle ne savait plus trop quoi dire, clignant des yeux. L’endroit regorgeait de luxe et de richesses. L’Empereur vint ensuite lui parler, et elle hocha lentement la tête, avant de lui sourire.

« Ne vous en faites pas, je suis plus énergique que j’en ai l’air. J’ai juste besoin... De me poser un peu. »

C’est que ça faisait quand même un sacré choc ! Elle regarda ensuite les servantes, et leur fit un sourire poli. L’Empereur se retira ensuite, laissant Alice et Tala. Alice regardait autour d’elle.

« Et ben... Cette chambre est encore plus grande que la mienne ! Et cette vue !! »

Elle alla vers le balcon, se plaquant contre la longue vitre. On voyait des jardins. Ils étaient plutôt grands. Elle se mit à siffler d’admiration, ressemblant presque à une espèce de gamine, tandis que Tala regardait à droite et à gauche, tâtant ici et là le mur, probablement à la recherche d’un quelconque passage secret.

« Ces gens savent recevoir, en tout cas... Il y avait tant de monde qui m’observaient... Seigneur, encore un peu, et je me serais pissée dessus ! »

Entre filles, on était souvent bien moins romantiques qu’on ne le pensait. Tala hocha lentement la tête

« Mmmh... Ne vous laissez pas abuser, Princesse »

Alice la regarda.

« Comment ça ?
 -  J’ai beaucoup voyagé, et je sais que les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent êtres.
 -  Que voulez-vous dire ?
 -  Nexus aussi abrite des beaux palais... Mais son peuple se meure, et la révolte gronde. J’ai voyagé dans bien des régions riches et belles... Ces belles tours en albâtre, ces machines qui volent, ces tours gigantesques et ces beaux tissus dont les gens se parent, ces canaux d’irrigation...Tous ne sont qu’un joli masque, de la poudre aux yeux, un masque d’or qui s’effrite, et qui, quand on le gratte un peu, laisse entrevoir toute sa pourriture. »

C’était un point de vue assez pessimiste.

« Et bien... Il faudrait voir leur Usine, pour ça...
 -  S’ils vous laissent la voir... Vous n’avez pas fait attention ? Il a précisé que vous pouviez visiter tout le palais... Mais pas ce qu’il y a au-delà. »

Alice soupira, et secoua la tête.

« Tu te prends trop la tête, Tala. Crois-moi, je connais plutôt bien les réceptions diplomatiques, surtout quand nous sommes les invités. Les gens ont naturellement peur d’Ashnard, à cause de toutes les histoires et les rumeurs qui sortent sur nos prisons, nos guerres sales, et nos techniques de combat... »

Des rumeurs qui étaient volontairement propagées par l’armée dans les tavernes, les troquets, et les établissements de voyage. La peur était la meilleure arme de commandement politique.

« On ne montre toujours que les plus belles choses, ça fait partie des règles du jeu. »

Elle étouffa alors un bâillement, et s’étira un peu, puis se rapprocha du cercle au centre.

« Maintenant, tu m’excuseras, mais j’ai un peu le vertige, en me trouvant si haut... »

Elle dégrafa sa cape impériale, puis descendit au milieu du lit, et s’allongea, en glissant ses mains derrière sa nuque.

« Hum, que c’est confortable ! »
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« Répondre #4 le: Décembre 20, 2013, 02:15:35 »

Alors que la porte de bois élégamment gravé se refermait sur Alice et sa garde du corps, Son Excellence se retrouva dans le couloir somptueux qui alignait les chambres les plus prestigieuses de la Forge Stellaire. D'un claquement de talon, les factionnaires de la Platinum Guard alors en poste le saluèrent tout en ramenant le canon de leurs armes contre leur torse. Des servants étaient alignés face à Szaalion, inclinés pour lui rendre grâce selon les convenances et l'Empereur ne leur accorda pas un regard et préféra se tourner vers le haut dignitaire qui avait de loin suivi la marche du seigneur vaporéen et de son invitée, s'étant approché tandis que le souverain se livrait à son devoir d'hôte. Sa petite escorte s'était fondue aux plantons du couloir et il avait patienté en consultant l'un des parchemins qu'il semblait toujours traîner avec lui. L'homme se nommait Eugène Barlowe de la Rochécorce et jouissait d'une place de première importance au sein de l'Empire, puisqu'il n'était ni plus ni moins que le Premier Conseiller impérial. On avait put le voir lors de l'arrivée des invités, juste derrière le cortège impérial. Eugène était un fervent défenseur des valeurs impériales, un conservationniste qui voyait d'un bien mauvais oeil la venue de représentants ashnardiens au sein même du saint des saints. Toutefois, en homme politique averti, de la Rochécorce ne pouvait que comprendre que le marché avec Sylvandell allait impliquer indirectement Ashnard. C'était à lui que l'Empereur avait confié la très lourde tâche de trouver le meilleur compromis entre les deux trônes impériaux sans que ce dernier ne délaisse la couronne sylvandine. Et c'était encore lui qui menerait au nom de Szaalion IV les négociations à venir, en présence bien entendu de son Excellence.

Après un bref salut de circonstance et quelques pas dans les couloirs en compagnie du monarque, Eugène parla.


- Vous accordez bien trop d'importance à l'homme de paille d'Ashnard, Excellence. Cette Alice Korvander n'est que le prétexte de Mordret pour tenter de cerner notre empire.

- Je sais. Mais je préfère me dire que c'est avec Sylvandell que je traite et non pas Ashnard. Gageons que puisque cet arrangement commercial doit profiter à son royaume tout autant qu'à l'Empire de Vapeur, la princesse Korvander saura probablement avoir son utilité en notre faveur dans les débats. Et si ce n'est pas le cas, au moins ne pourra t'elle pas dire que l’accueil vaporéen laisse à désirer. A t'on une réponse de Nexus ?

En tant qu'allié déclaré de Nexus et proche de la reine Ivory, Szaalion avait usé de diplomatie pour expliquer à la couronne amie sa position vis-à-vis d'un vassal d'Ashnard comme l'était Sylvandell et, bien sûr, la présence d'envoyés de Mordret durant les négociations. L'Empire de Vapeur ne voulait pas prendre le risque de mettre à mal ses relations avec Nexus, qui était le point d'ancrage de ses commerces sur la terre ferme et donc un point névralgique de la puissante économie impériale. Si les ambassadeurs vaporéens avaient usé de tous leurs atouts, Szaalion avait lui-même écrit à la reine pour exposer certaines nécessités qui avaient conduit à cette réception. La réponse n'était pas arrivée avant le conseil qui s'ouvrirait le lendemain et l'Empereur espérait qu'en plus d'être rapidement entre ses mains, le retour nexusien serait compréhensif ou à défaut politiquement neutre.

- Non, Excellence. Je vous informerai en temps et en heure de la réponse de Sa Majesté Helena, soyez sans crainte.

- Parfait. Je dois recevoir quelques barons avant l'ouverture des négociations de demain, mais je voudrais inviter la princesse Korvander à une séance de vol. Disons dans...hm...deux heures. Faites la prévenir et livrez moi sa réponse. Si elle est positive, faites lui savoir qu'on viendra l'équiper environ une demie-heure avant. Précisez bien que cette invitation est à titre privé et ne concerne en rien les affaires officielles qui sont les raisons de sa présence ici, aussi un refus de sa part ne sera t'il nullement perçu comme une offense.

Eugène s'inclina en guise de réponse, s'arrêtant de marcher tandis qu'il regardait s'éloigner son souverain vers des salles officielles. Une fois Szaalion disparu du couloir, le Premier Conseiller fit donner quelques ordres en conséquence de ceux qu'il venait de recevoir et quelques minutes plus tard, quatre coups retentirent contre la porte d'Alice. Quand le messager fut autorisé à entrer dans les quartiers de la sylvandine, il s'avéra en fait être une femme qui offrit à l'invitée impérial un charmant et lumineux sourire avant de s'incliner révérencieusement avant que sa voix douce ne résonne dans la suite.

- Votre majesté, Son Excellence Szaalion IV vous fait savoir qu'il vous invite à une séance de vol en sa compagnie, afin de vous enseigner personnellement le maniement de la Luminaile. En outre, mon seigneur vous précise que cette invitation n'est nullement officielle et qu'un éventuel refus de votre part ne saurait peser dans les négociations à venir.

La vaporéenne marqua un temps d'arrêt poli, conservant sa posture respectueuse et protocolaire, avant de continuer.

- Je vous prierai simplement, majesté, de me remettre votre réponse afin qu'elle soit transmise à Son Excellence dans les meilleurs délais. Si vous acceptez l'offre, sachez que je serai à votre service le temps de vous aider à vous équiper et que je serai présente jusqu'à ce que la séance prenne fin et qu'il faille vous accompagner là où vous le demanderez.

Elle ne s'était pas présentée, mais cela était parfaitement volontaire. Comme l'avait expliqué Theodoric à Alice lors de leur voyage à bord du Hautvent tandis qu'il confiait à la princesse quelques codes éthiques vaporéens, une personne de rang inférieur à celui de son interlocuteur ne se présentait que si celle-çi lui demandait de le faire où se présentait elle-même avant. Fabula -c'était le nom de cette aimable et belle jeune femme- respectait à la lettre ces codes, en tant que Gouvernante des invités. Un poste prestigieux mais risqué : c'était elle qui serait accusée d'avoir mal accueillie les invités si quelque chose venait à tourner mal durant leur séjour. Toutefois, Fabula connaissait parfaitement son rôle et était sûre d'elle. Elle ferait en sorte que l'héritière Korvander n'ai jamais à se plaindre de ses conditions de vie et de son bien-être lors de son passage au coeur de l'Empire.
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« Répondre #5 le: Décembre 22, 2013, 03:38:56 »

La méfiance de Tala était bien naturelle. C’était son garde du corps. Si même le garde du corps n’était pas méfiant, alors c’est qu’il était mauvais. Il fallait être paranoïaque pour bien remplir son métier. Alice était vautrée dans le lit, yeux clos, se détendant un peu. Sa nervosité était tempérée par le frisson d’excitation qu’elle ressentait à l’idée d’être dans un endroit pareil. Elle ne connaissait pas grand-chose des Vaporéens, un Empire assez isolé, replié sur lui-même, et, quand elle était petite, elle avait d’ailleurs cru qu’il s’agissait d’un royaume mythique, dont on nourrissait les contes, mais qui n’avait aucune trace réelle. Elle se rappelait de toutes ces histoires que les Commandeurs lui rapportaient, des voyageurs itinérants venant la divertir en lui contant l’Empire de Vapeur. Plus elle avait grandi, plus elle avait appris que les Vaporéens existaient bel et bien, mais sans vraiment en savoir plus. Elle s’était intensivement renseignée depuis plusieurs semaines, épluchant les rapports des agents impériaux et les encyclopédies afin de recueillir un grand nombre d’informations sur l’Empire. Ses connaissances étaient encore très parcellaires, car beaucoup de ses sources se contredisaient entre elles.

*Maintenant, je vois ça des mes yeux...*

Tout ce qu’elle avait vu était merveilleux, impressionnant, témoignant d’un haut niveau technologique. Elle n’avait aucune raison de douter de l’honnêteté de leurs hôtes. Les Ashnardiens n’avaient manifesté aucune intention belliqueuse (pour le moment, du moins), et toutes les parties s’étaient entendues sur le principe des négociations : elles étaient à but uniquement économique. En aucun cas, il ne s’agissait d’une assistance militaire... Officiellement, du moins. Alice connaissait suffisamment les Ashnardiens pour savoir que, de leur point de vue, tout ce qu’ils ne contrôlaient pas constituait une menace potentielle. Tôt ou tard, l’Empire devrait sérieusement s’intéresser aux Vaporéens. Pour l’heure, ils cherchaient juste, comme avec Herzeleid, à empêcher l’ouverture d’un autre front. Cette alliance économique, et Alice le savait, était en réalité un pacte de non-agression qui s’écroulerait dès le jour où Ashnard contrôlerait enfin Nexus, et dominerait ainsi tout le continent, et serait définitivement en mesure de contrôler l’activité économique mondiale. Pour venir à bout de Tekhos, et soumettre les autres États, il fallait une autre arme que les Légions infernales : il fallait se lancer dans une guerre économique, soumettre des États ayant un besoin important en matières premières à une situation de dépendance économique.

Ces théories nouvelles, Alice les comprenait, et, dans une moindre mesure, les tolérait. Ce n’était pas très honorable, mais elle comprenait que la survie de l’État s’imposait devant toute autre prérogative. Elle rêvassait silencieusement, tandis que Tala, de son côté, inspectait l’appartement, recherchant d’éventuels dispositifs de surveillance, des pièges magiques, n’importe quoi de suspect. Il s’agissait surtout de s’occuper. Aussi, lorsqu’on frappa à la porte, Tala se retrouva subitement, tournant rapidement sa tête vers la porte, prête à bondir sur place.

Alice se redressa, s’extirpant du lit.

« Ne bougez pas, Princesse. »

Alice rougit faiblement, tandis que Tala s’approchait de la porte. Ses deux épées étaient jointes dans son dos, mais Tala avait d’autres atouts dans sa manche. Elle entrouvrit légèrement la porte, et l’ouvrit ensuite, quand elle fut assurée qu’il n’y avait aucun commando voulant les supprimer. Son bouclier magique se désactiva presque instantanément, et Alice put se rapprocher.

Une belle jeune femme se tenait de l’autre côté. Belle, dans un genre quasi-vulgaire qui allait à merveille avec les canons de beauté ashnardiens, elle se présenta, expliquant que l’Empereur invitait Alice à une visite tout à fait officieuse. La jeune femme parlait sur un ton poli, et Tala ne dit rien, étudiant cette offre. Alice se demandait les raisons poussant Szaalion à vouloir l’inviter à faire un tour en hauteur, mais elle se disait que la vue devait être fabuleuse.

« C’est une offre très généreuse, et je suis flattée que votre Empereur concède à une telle invitation, répliqua Alice, sur un ton calme et poli. Je vais vous transmettre ma réponse d’ici quelques minutes, ne vous inquiétez pas. Je vous remercie encore. »

Elle remarqua alors que la servante ne lui avait pas donné son nom, mais, avant qu’Alice ne puisse lui demander son identité, Tala la congédia, en lui expliquant qu’elle viendrait en personne apporter la réponse de la Princesse. Tala referma la porte, et croisa les bras, en se retournant.

« C’est un piège, n’y allez pas. »

Alice sourit. Le refus était catégorique, et le contraire l’aurait étonné. Refuser cette offre, sans même y réfléchir, c’était, pour elle, par opposition, le meilleur moyen d’y accepter.

« Vous voyez le mal, Tala... À vous entendre, je n’aurais jamais du quitter le Château royal.
 -  Il me semble que vous ne comprenez pas l’importance que vous représentez, majesté.
 -  Comment cela ?
 -  Le sang d’Erwan Korvander circule dans vos veines, et est aussi pur que quand le Premier a rendu son dernier souffle. Ce sang ne sert pas qu’à pactiser avec nos dragons... Et cet élément est déjà, en soi, suffisamment important pour que n’importe qui cherche à l’obtenir. Le sang du Premier est sacré, divin. »

Alice soupira. Cette théorie, elle la connaissait, car elle l’avait déjà entendu, mais elle n’y accordait foi. Les différents tests sanguins qu’elle avait fait sur son propre sang, notamment par le biais de Mélinda, n’avait rien montré d’exceptionnel. Mélinda avait planté ses crocs dans son cou, et lui avait assuré que son sang était délicieux, non pas parce qu’il était béni des Dieux, mais tout simplement parce qu’elle avait une bonne hygiène de vie. Elle ne pensait pas qu’elle avait quelque chose de spécial.

« Je vais accepter cette invitation, se décida-t-il. J’ai passé trop d’années de ma vie enfermées ici. Les rumeurs disent que ce Szaalion est un coureur de jupons. Il suffit de voir la beauté de ses servantes pour le réaliser. Je pense que c’est plus mon décolleté que mon sang qui m’intéresse.
 -  Alors, il ne cherchera pas à vous tuer, mais simplement à vous violer... Voilà qui est très rassurant, Princesse. »

La Princesse pouffa légèrement, et secoua la tête.

« Rassurez-vous, Tala, je ne partirais pas sans vous.
 -  Ce n’est pas comme si vous aviez le choix, objecta-t-elle. J’ai inspecté cette chambre, il n’y a aucun dispositif magique, aucun piège, pas de poisons...
 -  Je vous sens presque déçue.
 -  L’humour n’a pas d’intérêt quand il est question de sécurité, rétorqua Tala. La Princesse devrait le savoir...
 -  La Princesse ne vous trouve guère drôle.
 -  Tant qu’elle me trouve efficace, je saurais m’en contenter. »

Alice se mit à sourire, devenant un peu plus espiègle, et ajouta :

« Vous qui aimez tant inspecter, seriez-vous prête à tâter du corps de l’Empereur pour vérifier qu’il n’y ait pas, dissimulé sous ses vêtements, une lance prête à m’écharper ? »

Tala eut la sagesse d’esprit de ne pas répondre, se contentant de croiser les bras.

« Je vais aller prévenir la servante de votre désir d’accepter l’offre de l’Empereur... Mais ma présence est indispensable.
 -  Je ne l’entendais pas autrement.
 -  N’ouvrez à personne ! »

Tala se dirigea vers la sortie, lorsqu’Alice eut la présence d’esprit de lui rappeler quelque chose :

« Au fait... Pensez à demander à cette femme son nom, j’aimerais avoir l’occasion de la remercier en personne, plus tard. »

Contrairement aux Vaporéens, les Sylvandins étaient beaucoup moins protocolaires... Ce qu’on comprenait quand on entendait, en pleine séance de doléances, le Roi soupirer devant le fauteuil qui était en train de lui « transformer le cul en chou-fleur de pute ».

« Si vous voulez, Princesse. »

Tala sortit ensuite, refermant la porte, et partit à la recherche de la belle servante, qui ne devait pas être très loin.
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« Répondre #6 le: Janvier 05, 2014, 02:37:09 »

Fabula, de fait, était tout à côté de la chambre qui avait été allouée à la princesse Korvander. A peine avait-elle eu la réponse préliminaire de l'héritière sylvandine qu'elle avait convoquée plusieurs servantes de l'étage pour faire préparer en prévision un équipement de vol libre. Cela s’avérerait être du temps perdu si Alice venait à refuser mais autant de promptitude et de zèle démontré si la réponse lui revenait à l'affirmative. Habile car habituée à l'exercice, Fabula avait estimé avec une faible marge d'erreur les mensurations de la princesse et avait fait choisir la tenue en conséquence, arguant ses petites troupes de soubrettes pour qu'elles fassent montre d'efficacité. Et elles lui firent honneur ! En moins de dix minutes, quatre servantes s'étaient alignées dans le couloir avec une belle malle qui contenait tout l'équipement nécessaire. Quant à la gouvernante, elle s'était postée face à la porte et avait attendu là que la royale demoiselle daigne lui faire délivrer sa réponse finale. Tala n'eut donc guère de difficulté à la trouver et à s'adresser à elle pour lui faire connaître le verdict, que Fabula accueillit avec un sourire.

- La princesse accepte l'offre de l'Empereur, mais exige ma présence à ses côtés.
- Son Excellence en sera très heureux. En ce qui concerne votre venue, je suppose que cela ne posera nullement un souci. Bien ! Si vous le permettez, nous allons préparer la princesse à cet exercice.

Elle adressa un signe aux servantes qui se mirent en branle, mais Tala coupa court. S'adressant toujours à la gouvernante, la garde du corps s'en expliqua sans trop s’appesantir sur ses raisons qui coulaient de source. Pure logique, après tout.

- Je dois vérifier cette malle, fit-elle simplement.

Fabula hocha la tête et les femmes déposèrent leur fardeau sur le sol avant de s'en écarter d'un pas, laissant à Tala tout le loisir et l'espace nécessaire à la prudence légitime dont elle fit preuve. La guerrière ne trouva là qu'un ensemble de vêtements plus pratiques que tout à fait esthétiques et quelques accessoires, la malle ne refermant aucune malice dissimulée. Quand la garde de Korvander l'autorisa enfin, la jolie gouvernante et sa suite reprirent le cheminement vers la chambrée alors que Tala glissait à Fabula qu'Alice voulait connaître son nom. La vaporéenne hocha la tête et poussa la porte avant de s'incliner face à la descendante d'Erwan Korvander, bientôt imitée par les jeunes femmes qui attendirent que Tala ait rejoint sa maîtresse pour refermer sur elle le battant et ainsi clore l'intimité de la pièce.

- Nous allons vous déshabiller puis vous revêtir, dit Fabula plus à l'attention de Tala que d'Alice. La séance de vol à laquelle notre empereur vous convie nécéssite quelques petits ajustements vestimentaires, votre majesté. Ah, et je me présente : Fabula, pour vous servir.

Révérencieusement, la gouvernante s'inclina de nouveau dans un sourire. Cette marque de respect effectuée, les servantes se pressèrent autour d'Alice et entreprirent de la délester de sa tenue avec habilité. Les vêtements que portait la blonde trouvèrent une place de choix dans les grandes armoires de la chambre pour ne la laisser qu'en sous-vêtements. Fabula apprécia pour elle-même la beauté de la sylvandine mais se garda bien de se permettre un oeil trop appuyé ou un sourire plus étendu que celui qu'elle présentait : elle n'avait pas à commettre ce genre d'impair. Nul doute en revanche que cette jeune majesté saurait plaire au gourmand empereur, se dit-elle tandis qu'elle désignait les pièces de cuir et d'étoffe à ses subordonnées qui se remirent à virevolter autour d'Alice comme de besogneuses petites abeilles.
En quelques minutes, l'ambassadrice se retrouvait emprisonnée dans
une tenue somme toute légère mais loin d'être dépourvue de charme. Elle répondait à certains critères vaporéens, en somme... Néanmoins, un dispositif dorsal fut harnaché sur la blonde avec le plus grand des soins, pour qu'il ne la gêne pas dans ses mouvements. Et comme Alice le constaterait sans peine, l'ensemble ne pesait rien et l'envergure des ailes ne dépassait que de très peu ses épaules.

- Si je puis me permettre, majesté, c'est à croire que vous avez toujours été une vaporéenne ! A moins que vous ne vouliez attendre encore un peu, nous pouvons nous mettre en route vers les jardins de l'aile Est où son Excellence vous attends.

Il ne revenait pas à Fabula de décider du moment du départ, aussi attendrait-elle le consentement d'Alice. Lorsqu'elle daignerait le lui donner, la gouvernante se ferait forte d'entraîner la majesté à travers les couloirs aux immenses baies vitrées pour qu'elle puisse rejoindre son hôte, Tala sur ses talons.
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« Répondre #7 le: Janvier 06, 2014, 03:09:06 »

Alice n’eut pas à attendre trop longtemps. Tandis que Tala, avec sa discipline toute militaire, partait à la recherche de la servante vaporéenne, la Princesse se permit un petit soupir. Tala était sympathique, mais son obsession de la sécurité frôlait tout de même légèrement la paranoïa. Alice se mit à s’avancer vers la terrasse. Une vitre en protégeait l’accès, probablement pour éviter qu’on ne puisse geler sur place. Elle observa les nuages, intriguée, voyant parfois des hommes voler dans les airs. Cette technologie la dépassait complètement, elle se sentait si petite, avec ses dragons... Les Vaporéens semblaient surpuissants, rappelant à quel point l’alliance militaire avec les Ashnardiens était primordiale pour permettre à Sylvandell d’exister. Elle se pinça les lèvres en constatant qu’elle avait vraiment un royaume minuscule. Il n’avait rien à voir avec l’Empire de Vapeur, clairement. La Princesse était songeuse, une petite moue sur les lèvres. Mains croisées dans le dos, elle tourna la tête quand la porte s’ouvrit.

Tala revint, accompagnée de la femme que la Princesse avait aperçu auparavant, ainsi que d’autres femmes. Elles tenaient une malle, et se rapprochèrent. Rapidement, Tala lui expliqua que tout allait bien, puis la Vaporéenne se présenta. Elle lui expliqua qu’elle devait revêtir une tenue plus appropriée pour un vol, ce qui surprit quelque peu Alice, mais elle n’allait pas s’y opposer. Alice apprit également le nom de la Vaporéenne : Fabula. C’était joli, ça lui allait donc bien.

« Très bien, répliqua la Princesse. Et bien, faites donc, je vous en prie. »

Alice laissa les servantes lui palper le corps, la déshabillant proprement, avant de la rhabiller. Elle les laissa servir, sans rien dire, et, en quelques minutes, Alice se retrouva dans une tenue des plus étranges. Sans rien dire, elle se déplaça devant un miroir, afin de s’observer, et tourna sur le côté, s’observant de flanc. C’était... Une tenue assez spéciale. Elle doutait qu’elle ait vraiment été penser uniquement pour sa sécurité, mais elle conservait ses doutes pour elle. On l’affubla également de petites ailes dans le dos. Alice observa ses collants en cuir. Ça ne la gênait pas, et le corset ne lui donnait pas le sentiment d’être étouffé. Les servantes ne l’avaient pas serré trop fort, et elle avait une partie de son ventre mise à nue.

*Curieusement, j’ai le sentiment que j’aurais encore plus froid dans cette tenue que dans ma robe...*

Elle serra brièvement ses mains gantées. On lui avait également mis des mitaines. Fabula se permit alors de la complimenter, et Alice se retourna vers elle, en souriant poliment.

« Et bien, je vous remercie. J’ai en effet le sentiment que cette tenue me va plutôt bien. »

Elle regarda Tala, en souriant. Tala restait imperturbable, s’étant assurée que les vêtements initiaux d’Alice étaient bien placés. Elle avait scrupuleusement fouillé ses vêtements, et savait très bien les raisons pour lesquelles l’Empereur avait tenu à ce qu’on la dote de tels apparats. Elle savait que Szaalion, avant de devenir Empereur, avait accompli un voyage initiatique de deux ans à travers Terra. La Princesse aussi le savait, mais elle ignorait, en revanche, que Szaalion, qui se faisait alors appeler Belheim, avait acquis une belle réputation de fêtard. L’austère Empereur dissimulait une facette plus ouverte, un coureur de jupons, et Tala savait qu’on ne surnommait pas Alice « Joyau de Sylvandell » sans raison. Alice avait beau avoir perdu sa virginité, elle pouvait parfois faire preuve d’une certaine naïveté, que Tala qualifiait d’intellectuelle. La connaissance du monde de la Princesse reposait en effet presque exclusivement sur tous les livres qu’elle avait consultés au Château Royal de Sylvandell.

Alice s’observa une dernière fois dans le miroir, coquettement, remuant un peu ses hanches, faisant légèrement virevolter la cape qui glissait dans le bas de son dos, puis se retourna vers Fabula.

« Je suis prête à vous suivre, Fabula. Allons donc voir votre Empereur. Cependant, s’il est de tradition vaporéenne de s’habiller ainsi, il est aussi de tradition sylvandine de s’accoler à nos hôtes ! »

Tala haussa légèrement les sourcils. Elle n’avait jamais entendu parler d’une coutume pareille. Était-il possible, finalement, que la jeune Princesse ne soit pas aussi naïve que ce que sa gardienne aimerait croire ? Elle leur emboîta en tout cas le pas, après s’être assurée d’être la dernière à sortir, et conserva avec elle la clef de l’appartement. Une précaution en soi bien inutile : les Vaporéens avaient sûrement des doubles. Tala ne faisait pas ça uniquement pour une question de méfiance : elle voulait aussi faire passer aux Vaporéens un message. Un message simple : les Sylvandins n’étaient pas des bouseux et des culs-terreux qui faisaient béatement confiance aux autres. Tala veillait au grain, afin de s’assurer qu’on ne cherche pas à les flouer.

Les femmes avançaient le long du couloir, et Alice se mettait à parler, s’adressant à Fabula, tout en la tenant par le bras :

« C’est comment, de vivre ici ? Vous n’attrapez jamais froid, en étant aussi peu vêtue ? Là d’où je viens, je me gèle tout le temps quand je sors sur le balcon, mais, ici, on est vraiment haut ! »
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Szaalion IV
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« Répondre #8 le: Janvier 06, 2014, 02:02:34 »

- Les ashnardiens semblent satisafaits de leurs appartements, Szaalion. Quant à moi, je n'aime pas l'idée de les avoir au sein même de la Forge Stellaire.

Dans un crissement de cuir, Szaalion achevait de compléter la tenue qu'il portait habituellement lors de ses séances de vol en Luminaile. Szaalion plaçait ce loisir en tête de liste des petites choses qui lui faisaient parfois regretter de ne pouvoir mener une vie plus simple où toutes ses passions pourraient s'exprimer sans qu'il n'ait jamais à s'inquiéter de l'étiquette, des convenances et des lourdes charges qui reposaient sur ses épaules. Alors même qu'il menait l'empire de front pour un renouvellement de sa politique extérieure, Szaalion ne parvenait pas à se priver de ce divertissement qui empiétait sur un temps qu'il lui était déjà aussi rare que précieux. C'était pour joindre l'utile à l'agréable que le monarque avait convié Korvander : l'empereur se faisait fort d'augmenter la sympathie de l'héritière à son égard, chose qui serait probablement utile dans les jours à venir. Néanmoins, Szaalion poursuivait un but plus privé. Pour avoir passé quelques temps en Sylvandell durant ses errances, il savait combien la princesse pouvait être confinée dans son modeste territoire. Lui proposer de s'évader des considérations royales semblait à Szaalion presque naturel. D'autant qu'elle avait semblé si intimidée lors de son arrivée !
Mais pour l'heure, le monarque n'en était pas aux acrobaties aériennes.
Agatha Charista était venue le trouver tandis qu'il se changeait, venant d'accompagner elle-même la délégation ashnardienne dans l'aile du palais qui leur avait été attribuée.

- Mes soeurs sont toujours avec eux ?
- Oui. Elles finalisent leur installation. Si près de toi et d'elles... Tsss.
- Les ashnardiens ne seront pas assez fous pour tenter quelque chose. Et tu sais comme moi que le palais impérial est l'endroit le plus éloigné des secrets qu'ils pourraient vouloir nous dérober en furetant. Les espions ont-ils rapporté quelque chose de particulier ?
- Aucun mouvement inhabituel.
- Alors considérons pour l'heure cette délégation pour ce qu'elle semble être : purement politique. Mais ne baissons pas notre garde.

L'empereur détourna son regard d'Agatha tandis qu'il semblait achever d'enfiler son gant. Dannika était présente dans la pièce bien sûr, mais Szaalion savait pertinemment qu'elle n'était pas la seule à veiller sur lui. Sans sembler avoir d'interlocutrice précise, sa voix montant tranquillement dans l'air.

- Lune.

La belle assassin d'apparaître comme par magie, se tenant tout à côté de son maître et ami. La scène amusa Dannika (qui adorait deviner d'où sa comparse allait sortir, petit jeu qu'elle livrait contre elle-même) et sembla agacer Agatha, qui ne se priva pas d'un soupir et d'un roulement d'yeux.

- Reste avec Divine et Céleste. Envoyé de Mordret ou pas, que personne ne porte la main sur mes soeurs. Et tends l'oreille à tout ce que tu pourras entendre. Dannika restera avec moi pour assurer ma protection.

L'ombre blanche se contenta d'un petit hochement de tête et d'un regard entendu échangé avec Dannika pour toute réponse, avant qu'elle ne disparaisse comme le courant d'air qu'elle semblait être. Avec sa fidèle Lune auprès des jumelles, Szaalion aurait l'esprit un peu plus tranquille. Certes, il aurait put envoyer sa cerbère pour espionner plus avant les ashnardiens mais il préférait miser sur la sécurité des deux autres membres de la famille impériale. De plus, si il ne connaissait pas à Lune de failles dans ses talents à voir sans être vue, Szaalion savait que le risque zéro n'existait pas pour autant. Et si par malheur Lune devait se faire repérer, un incident diplomatique serait très rapidement arrivé. Inutile, pour l'heure, de se mettre Ashnard à dos. Le souverain ne doutait pas que l'alliance ouverte de la Vapeur avec Nexus risquait déjà de peser lourd lors des négociations et il ne comptait certainement pas s'ajouter des difficultés supplémentaires.

- Tu sors de la politique isolationniste perpétrée par tes prédécesseurs, Szaalion. Si l'Empire a tout à y gagner, il te faudra pourtant un jour prendre définitivement position vis-à-vis de Nexus et d'Ashnard.
- La situation nous est plus profitable en l'état, Agatha. Tant que Nexus ne mettra pas en jeu la main de sa reine, les vaporéens joueront sur les deux tableaux. A présent, il suffit. Son ton sec avait coupé court à la discussion et la magicienne savait qu'elle n'avait plus droit à la parole. Dannika.

D'un geste de tête adressé à la belle guerrière, Szaalion lui ordonna de le suivre et il laissa Agatha derrière lui alors qui quittait le vestibule dans lequel ils se trouvaient tous. Arrivant dans la partie des jardins qui acceuillerait la séance de vol, le monarque s'y décida à y attendre son invité en faisant dresser une petite collation. Il savait très bien qu'Agatha n'avait pas tort, mais ne voulait pas encore penser à se dresser contre Ashnard sans contrepartie. Elena Ivory constituerait une parfaite impératrice ainsi qu'une génitrice idéale pour perpétuer la lignée impériale, mais cet aspect là piétinait également. Pas que Szaalion fut spécialement pressé de prendre épouse, mais un empereur avait plus de contraintes que de libertés et l'avenir de son empire ne pouvait éternellement être remis à plus tard.
Toutefois, cela pouvait bien encore attendre quelques jours de plus.


---

N'en déplaise à Alice, la mode vaporéenne était somme tout assez échancrée tout en conservant une certaine élégance. Comment en aurait-il put en être autrement dans un pays où les coutumes sociales reposaient pour certaines sur le sexe et ses dérivés ? D'après les croyances vaporéennes, l'excitation sexuelle correctement stimulée (sans excès et sans consommation effrénée) favorisait la productivité et l'efficacité au travail, deux valeurs essentielles au sein de l'Empire. Ainsi, la tenue du Joyau de Sylvandell n'avait-elle pas seulement été choisie pour le plaisir de Szaalion mais faisait partie d'une garde-robe tout à fait classique. Bien sûr, l'empereur ne pourrait que s'en féliciter lorsqu'il poserait les yeux sur la sylvandine. Quand la descendant d'Erwan Korvander estima que la tenue lui allait bien, Fabula hoche la tête avec la plus grande sincérité avant de donner quelques consignes supplémentaires. Rapidement, les servantes s'agitèrent autour d'Alice et réunirent sa chevelure couleur or en un chignon lâche mais qui tiendrait durant ses péripéties. Cela fait elles s'écartèrent toutes.

- Je suis prête à vous suivre, Fabula. Allons donc voir votre Empereur. Cependant, s’il est de tradition vaporéenne de s’habiller ainsi, il est aussi de tradition sylvandine de s’accoler à nos hôtes !
- Je... Bien sûr, majesté. Surprise par pareille tradition, Fabula s'évertua à ne rien montrer. C'est un honneur et un plaisir, Princesse Korvander.

Et tandis que la blonde majesté s'accrochait à son bras et que la petite troupe s'extrayait de la chambre d'hôte, Tala fermant la marche (et la porte à clé, Fabula nota effectivement bien le message qu'elle cherchait à faire passer), Fabula entreprit de répondre aux questions qu'on venait de lui poser. Il était entendu qu'elle dresserait un portrait plus que convenable de sa patrie, mais la gouvernante ne se montrerait finalement que des plus franches : elle était des ces personnes qui adoraient leur pays même si elle en reconnaissait parfois les torts. Chose, bien sûr, qu'elle garderait pour elle.

- Et bien, comme vous l'avez sûrement remarqué, le palais impérial est très bien chauffé. Je ne connais pas tous les détails mais sous nos pieds courent d'importants tuyaux faisant circuler une très chaleureuse vapeur et ce dans toute la Forge Stellaire. La vapeur est produite par les usines et autres ateliers qui parsèment la Mecanicae Imperium et le système est étendu à toute la cité-état. Ainsi, rien ne se perd ! Quant aux extérieurs, un dôme magique est dressé tout autour de la ville pour que la chaleur y soit conservée. Ainsi, vous ne risquerez nullement d'attraper un rhume.

Ce que révélait Fabula ne faisait nullement office d'information secrète. N'importe qui aurait put savoir ça en demandant au premier vaporéen venu, même si aucun d'entre eux n'aurait sut dire où et comment était généré le dôme calorifique. Son exploitation et ses dérivés figuraient parmi les secrets de l'empire et de plus parmi les plus anciens. Il avait bien fallut empêcher tout le monde de mourir quand les vaporéens s'étaient élevés entre les nuages.

- Quant à nos tenues, vous savez, elles témoignent simplement de la place que la sexualité prend dans nos moeurs : les formes ainsi mises en valeur favorisent la productivité et fertilisent l'imagination. Cela fait partie des enseignements de Zeratull, Mère de la Vapeur. C'est également pour cela qu'il est pour nous de bon ton de flatter l'aspect physique d'autrui sans s'en cacher, par ailleurs. Et comme vous pouvez le voir, notre vision des choses n'empêche nullement la prospérité.

En effet, rien de plus parlant. Le couloir que les dames avaient emprunté s'ouvrait d'un côté sur une vue plongeante vers un des niveaux inférieurs de la cité, qu'on devinait plus modeste. L'activité semblait être dense, les cheminées crachant leurs fumées blanches à plein régime tandis que les rouages et engrenages qui couraient sur les bâtiments accomplissaient leur office en faisant fonctionner les diverses machines auxquels ils étaient reliées.

- Vous avez à vos pieds le secteur de la charbonnerie, qui fournit en grande partie l'énergie nécéssaire au fonctionnement de la Forge Stellaire et qui abrite le petit personnel du palais. N'importe qui vivant à la Charbonnerie peut, par son travail et sa motivation, prendre de l'envergure. Fabula adressa à Alice un sourire lumineux. Je suis moi-même issue de ce secteur et à présent, j'ai en charge l'acceuil des hôtes impériaux les plus prestigieux ! Au sein de l'Empire, seul le travail prévaut et tout le monde a sa chance de s'élever. Cela aussi est très motivant !

Après avoir laissé Alice contempler à loisir la Charbonnerie, Fabula reprit la route de la petite troupe à travers les couloirs. A leur passage, gardes et serviteurs saluaient et les membres de la cour n'échappaient pas non plus à la règle. Tous savaient que les ashnardiens étaient arrivés et aucun ne se serait risqué à faire un faux-pas sur une question de politesse. L'équipée menée par Fabula traversa enfin une grande verrière qui débouchait sur une serre florale comptant d'incroyables spécimens exotiques. Non sans une certaine fierté, Fabula ouvrit la marche à travers de véritables haies florales qui se dressaient là, tout autour d'eux.

- La végétation est rare au sein de la Mecanicae Imperium, mais la famille impériale fait beaucoup pour changer cela depuis l'époque de Largor XVI, père de notre actuel empereur. Enfin... C'est surtout l'impératrice Eucharistie qui y a contribué ! Rendez vous compte, majesté : Son Excellence l'impératrice a mis sur pied tout une division d'expédition chargée -devenue depuis la Guilde des Botanistes- de parcourir Terra pour ramener sur la Mecanicae Imperium un exemplaire de tout ce qui existe en végétation ! Vous vous trouvez ici dans la serre tropicale. N'ayez crainte, les espèces nocives sont entreposées dans une autre serre, loin de nous.

On trouvait de tout, sur Terra. Et la florissante végétation confirmait cet adage par le biais de plantes carnivores à taille d'homme, de fleurs au parfum hallucinogènes et autres fantaisies pervers. Fabula avait en tête l'histoire d'une des femmes appartenant à la guilde des botanistes et qui était entrée en possession d'une plante dont les racines l'avaient purement et simplement violée. De ce que la gouvernante savait, on trouvait des spécimens de ce type dans certains des pires bordels de la ville. Et si Fabula se demandait régulièrement si elle ne se laisserait pas finalement tenter par pareille expérience, elle était heureuse de savoir que la serre tropicale ne comptait pas ce genre de bouture. Ici, seule la beauté enivrante des couleurs et les effluves fruitées régnaient.
Après quelques centaines de mètres parcourus à travers la serre, la troupe emprunta un chemin de côté et passa une des portes qui se trouvèrent face à elle. Elle débouchait sur un superbe jardin qui s'étendait à perte de vue, souligné par des bosquets taillés avec soin. Les allées serpentaient à travers les taillis épais et les vergers présents ça et là, convergeant toutes vers le même point vers lequel Fabula se rendit : une cour où se dressait une petite tablée entourée de servantes non loin de leur empereur, qui adressa un sourire poli à Alice. Tout à côté se dressait la garde du monarque, qui observait Tala comme pour la toiser. C'est à l'orée de cette place que Fabula s'arrêta, se détachant doucement de Korvander.


- Je ne puis vous accompagner plus loin, majesté. Là n'est pas mon rôle, mais je vous retrouverais après votre séance si vous en faites la demande. Je vous souhaite bon vol !

Fabula s'inclina dans une jolie petite révérence, qu'elle adressa également à son souverain, avant de repartir en direction de la serre. Szaalion, quant à lui, approcha d'Alice pour venir lui baiser délicatement la main et la mener avec lui vers la table après l'avoir regardée de haut en bas avec satisfaction.

- Une véritable enfant de Zeratull ! Cette tenue vous sied parfaitement, j'en suis ravi. Désirez vous prendre une petite collation avant votre tout premier vol, Alice ?
« Dernière édition: Janvier 06, 2014, 02:05:36 par Sentinel Prime » Journalisée
Princesse Alice Korvander
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« Répondre #9 le: Janvier 08, 2014, 02:57:47 »

Et ce fut l’occasion d’une petite visite. Fermant la marche, tout en restant toutefois assez proche de la Princesse, Tala suivait le groupe, ses deux épées croisées dans son dos. Malgré elle, elle écoutait, d’une oreille plus ou moins attentive, les explications que Fabula, transformée en une sorte de guide touristique, distillait à Alice. Cette mécanique était très impressionnante, il fallait bien leur reconnaître ce point. Sylvandell était aussi un endroit assez majestueux, une immense ville plantée le long d’une montagne, retenue par d’immenses murs qui permettaient d’empêcher que la ville ne s’effondre sur elle-même, attirée par la gravité... Mais Sylvandell, au moins, se rattachait au sol, à la roche. La Mecanicae Imperium, au contraire, était une véritable station volante, une immense cité qui volait lentement, mais sûrement. Une armée aérienne qui attirait naturellement les convoitises de la plupart des grandes puissances du monde. Les Ashnardiens savaient que l’Empire avait, dès Largor XVI, envisagé de se rapprocher des Nexusiens, et avaient profité du retour de la jeune Reine à Nexus pour lui offrir un petit navire. Peut-être fallait-il tenir ça en compte pour justifier le choix des Impériaux d’envisager un rapprochement avec les Vaporéens ? Sans aller jusqu’à proposer un éventuel mariage, les Ashnardiens avaient aussi, chez eux, des mines abritant des gisements de Solsticium. Certes, leurs gisements, individuellement pris, n’équivalaient pas ceux des riches mines de Kovar, mais, pris tous ensemble, il y en avait une manne non négligeable. L’Empire s’étalait après tout sur des dizaines de milliers de kilomètres, et, si ces kilomètres comprenaient un certain nombre d’endroits arides et de déserts, il y avait également quantité de mines.

Alice, attentivement, écoutait les différentes informations fournies par Fabula. Cette dernière lui expliqua qu’être à moitié dénudée était une mode vaporéenne qui correspondait à leur culture, culture qui considérait que l’épanouissement sexuel favorisait la productivité. Alice rougit légèrement à cette évocation, mais ne se familiarisa pas outre mesure. Il y a quelques années, une telle remarque l’aurait laissé pantoise, car elle ne l’aurait pas comprise. Cependant, depuis qu’elle avait hébergé dans ses appartements une criminelle qui l’avait partiellement violé, qu’elle avait comme femme une ancienne esclave capable de changer de forme et de satisfaire un certain nombre de fantasmes inconscients, et qu’elle avait croisé à Kalkeïn un bel elfe aux baisers enchanteurs, Alice avait effectivement compris que le sexe... Et ben, ça faisait du bien ! Pour autant, qu’un pays annonce aussi ouvertement sa sexualité la troublait un peu. Pour avoir vu la Horde des Amazones, Alice savait que les Vaporéens n’étaient pas les seuls à envisager le sexe de manière aussi décomplexée, mais, chez les Amazones, il n’y avait qu’un seul sexe. Ici, les deux étaient représentés, et elle avait le sentiment que les hommes étaient légèrement plus vêtus que les femmes. Elle veilla à conserver pour elle-même ses observations, ne voulant pas créer un incident diplomatique regrettable.

Leur route les amena dans une sorte de jardin exotique. Une immense verrière abritant un assortiment très élevé de plantes luxuriantes et variées. Alice vit d’immenses fleurs aux pétales violettes, et d’autres espèces. Elle n’y connaissait pas grand-chose, mais elle rougit à nouveau en voyant une Amorphophallus titanum. Un nom très bien choisi. Pour l’avoir vu dans certains livres, elle savait que, jadis, des magiciens avaient réalisé des expériences sur les Amorphophallus, et avaient réussi à les animer, en faisant des plantes sexuelles, particulièrement voraces, qui méritaient d’autant plus leur nom. Ce genre d’ouvrages n’était toutefois pas très récurrent à trouver. C’était de la magie spécialisée, et, bien qu’Alice l’ait trouvé dans un livre de vulgarisation, elle n’y avait pas compris grand-chose...

*Je me demande s’ils disposent de ce genre de produits...*

Elle se retrouva ensuite dans de grands jardins. L’air frais fit virevolter ses cheveux. Dôme ou pas, il y avait quand même du vent, et son ventre frissonna un peu. La Princesse estima qu’il fallait sans doute attendre un peu, que son corps s’habitue. Les étrangers venant à Sylvandell avaient toujours froid, dans des endroits où Alice était particulièrement à son aise... Même s’il lui arrivait parfois de faire exprès de frissonner quand elle était en compagnie de Melendil. Elle sortit de ses pensées lorsque leur petit cortège croisa d’autres Vaporéens, incluant les gardes de l’Empereur, et l’Empereur lui-même.

Que Szaalion n’avait confié aucun autre Ashnardien qu’Alice était, en soi, assez révélateur, pour Tala. Ce n’était clairement pas à but diplomatique, et ce d’autant plus qu’Alice n’était pas le membre le plus influent de la délégation. Naraël était une femme bien plus indiquée pour ce genre de choses. Pour Tala, il était évident que l’Empereur cherchait à en profiter pour se renseigner sur Sylvandell. Soit ses motivations étaient purement personnelles, soit elles étaient d’ordre étatique... Auquel cas, il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que, ce qui intéressait l’Empereur, était le sol de Sylvandell, les profondeurs de sa roche, de ses grottes qui serpentaient dans les profondeurs du pays.

Sylvandell n’avait aucune activité minière, mais il était de plus en plus possible que cette situation change. Les derniers rapports de spéléologues et d’explorateurs mentionnaient de riches gisements dans les profondeurs du sol sylvandin. Des rapports publics. L’Empire de Vapeur avait tout à fait pu les consulter.

« Une véritable enfant de Zeratull ! le complimenta l’Empereur, faisant poliment rougir Alice, qui cacha sa gêne par un sourire révélant ses belles dents blanches. Cette tenue vous sied parfaitement, j'en suis ravi. Désirez vous prendre une petite collation avant votre tout premier vol, Alice ? »

Alice observa brièvement Tala, qui se contenta de hausser les épaules. Irait-elle jusqu’à goûter son vin ? Alice regarda ensuite rapidement l’Empereur, et hocha la tête.

« Je vous remercie, Votre Excellence, mais, s’il y a bien des personnes à remercier, ce sont celles qui m’ont mis ses vêtements. Seule, je crois bien que je n’y serais jamais arrivée. Ces tenues sont à la fois complexes et très agréables à porter.... Même s’il va falloir que je m’habitue à ce chignon. »

Alice portait généralement ses cheveux le long de son corps, sans vraiment les coiffer. À chaque fois que, petite, une intendante avait essayé de les coiffer, la Princesse les défaisait toujours, une sorte de manie qu’elle conservait encore par moments.

« Je serais enchantée de goûter aux liqueurs vaporéennes... Mais sachez que j’ai un petit estomac. Contrairement à mon père, je ne peux pas engorger un litre de bière d’une seule traite sans sourciller. »

Surtout que, après ça, son père rotait, de manière fort peu élégante.

Le genre d’incidents fâcheux qu’Alice n’aimerait guère produire.
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