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Le Grand Jeu - Forum RPG

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Auteur Sujet: Ruines.  (Lu 628 fois)
Lyan Rose
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Pourquoi vouloir s'accrocher à tout prix ?


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« le: Mai 04, 2013, 02:26:50 »

Encore un nouveau projet. Celui-ci n'a pas grand chose de précis et sert plutôt de recueil de nouvelles diverses, plus qu'autre chose. Faut que j'écrive sinon je vais rouiller, dooonc...

J'vais faire un petit sommaire qui va s'update au fur et à mesure, avec les liens des posts où figure la nouvelle.

Sommaire :

Coeur léthargique.


Allez hop.
Coeur léthargique

Il crie à l'intérieur de sa cage. Il tente de sortir à tout prix, il se débat. Une plainte s'échappe tant il frappe contre les parois de la cage. Puis il se calme et s'endort. Ce coeur léthargique que personne ne voudrait réveiller. Trop dangereux. Bien trop dangereux, même. Il s'agit de ne pas laisser ce coeur sortir de sa cage. Il s'agit de calmer les assauts de cet organe qui bat de toute sa fureur dans un maelström de veines et d'artères. Il s'agit surtout et avant tout de calmer son porteur, celui qui se tient au sol en ce moment même.

Les yeux révulsés, les dents serrées, le visage crispé dans une expression de haine profonde. Il hurle intérieurement, seule une plainte étouffée sort de sa gorge. Son flux vital coule à grands flots depuis son avant-bras droit. Ce même bras droit qui serre le pauvre tissu qui sépare la peau de son torse de ses doigts. Il voudrait s'arracher le coeur. Il espèrerait pouvoir s'ouvrir le sternum, pouvoir prendre son coeur dans la main et tirer, l'écraser. C'est la douleur qu'il ressent, à genoux sur le sol, une main crispée sur le coeur et un poing serré sur le sol. Tout se tient dans ses mains. Son futur, son passé, son présent également, mais surtout son choix.

Ses yeux exorbités se relèvent lentement, prenant une dangereuse teinte de vengeance. Son coeur s'est arrêté, il peut continuer. Ses tempes continuent à battre la mesure tandis qu'il se relève, chancelant. Il voit trouble. Sait-il réellement ce qu'il voit ? Il ne saurait le dire. Son coeur a cessé de penser. Une bête emplie de haine s'est soulevée, et le moindre battement pourrait la calmer. Est-ce ce que veut ce coeur ? Il ne veut rien dans sa léthargie profonde. Tout tient dans sa main, pourtant ses mains ne tiendront jamais rien. Il s'élance, dans un hurlement bestial. D'où a-t-il sorti ce couteau ? Qui sait. La personne en face ne le saura qu'au moment du coup, lorsqu'elle verra que son arme a disparu de sa main.

Un bruit fort plaisant et sauvage. Celui d'une lame s'enfonçant avec difficulté entre deux côtes. Bruit du sang qui s'éclate contre le sol. Remontées volcaniques, vision sanglante d'une bouche qui se vide de son essence écarlate. Quelque chose s'est brisé, quelque part. Dans un esprit et dans un corps.

Quelqu'un a été brisé. Et quelqu'un d'autre en a fait les frais. Le coeur léthargique ne bat pas. Il n'a pas utilisé l'arrêt d'un autre coeur pour se relancer. La bête sauvage se tient debout, les yeux fixes. Les bras de cet animal pendent tout contre son corps, et la vision du sang ne le calme pas. La chaîne du destin s'est brisée, et personne n'a tenté de la réparer. Pas même ce coeur léthargique, qui consent à émettre un léger battement. Choeurs apocalyptiques, mille voix résonnent dans un esprit qui revient peu à peu à lui. Comme Il le proclama, le monde sera détruit par le son de sept cors. Son monde avait été détruit par la sensation d'une lame dans sa chair. Un long soupir exalté par la bouche, comme le réveil d'une âme perdue. Le soulagement de s'être retrouvé, en sorte.

Il regarde en bas. Ne jamais regarder en bas. Il voit ce visage couvert de sang, cette bouche et ce menton couleur carmin. Ces yeux sans vie, révulsés pour l'éternité. La lame dépasse. Il prend peur. Sueurs froides. C'est tout un autre monde qui s'ouvre à lui : sens la nourriture, car tu ne pourras pas même toucher le plateau. Il recule d'un pas. Puis d'un deuxième. Sa respiration se fait plus rapide, elle se bloque. Elle reprend rapidement. Il commence à trembler, ses mains se placent devant sa bouche. Encore un pas en arrière, suivi d'une longue plainte venant directement de la gorge. Il régurgite dans un concert de bruits de gorge étouffés, de râles de désespoir et du bruit de la bile s'écrasant sur le pavé.

Son coeur était si bien en léthargie. Avait-il réellement à se réveiller ? Avait-il réellement à voir qu'il avait tué ? Ce coeur comptait-il réellement s'infliger une telle peine accompagnée d'une telle douleur ? Il reprit le couteau de sur le corps et traça une légère entaille sur son torse. Plutôt profonde, assez pour y rentrer le bout des doigts. Il força, dans un cri de douleur abominable. Il souffrait le martyr, mais il tenait à le faire. Le sang giclait. Sa main s'enfonçait parmi ses organes, avant de trouver ce qui l'intéressait. Il crie à l'intérieur de sa cage. Il tente de sortir à tout prix, il se débat. Une plainte s'échappe tant il frappe contre les parois de la cage.

Soit, se dit cet homme. Sors donc.

Une main attrape ce coeur léthargique et le broie. Quelques secondes plus tard, un spasme nerveux arrachera ce coeur léthargique de sa cage.
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« Répondre #1 le: Août 11, 2013, 02:50:14 »

Nota bene : J'ai vraiment laissé la plume aller sur ce texte. D'où son nom.

Au fil de la plume

Laisser la plume aller comme elle le veut. Telle est la nature de ce texte. Pourquoi faire ? Je n'en sais rien moi-même. Je veux juste savoir jusqu'où je peux aller, sans appuyer sur la touche pour effacer un caractère en dehors des fautes de frappe. Pourquoi faire ? Je l'ai déjà dit plus tôt : je n'en sais rien. Sans doute devrais-je commencer par placer un fond ou quelque chose ? Alors plaçons un joli décor, de ceux qui attirent l'oeil. On va commencer par un ciel bleu, maculé d'un léger nuage blanc. Il se fait l'autorité du ciel, attendant son heure. Redescendons, si vous le voulez bien.

Vers ce jeune homme qui est posé sur un banc, un casque audio plaqué sur ses oreilles. Ses yeux suivent une ligne quelque part, son regard fixe le lointain. Un petit sourire sur son visage. Sa musique lui rappelle les musiques qu'on entend lorsque tout est terminé. Ces moments où on se dit "c'est fini" et où on s'écroule au sol, où on peut se permettre de hurler, rire, pleurer ou sourire. Ce moment qu'on attend durant tout ce temps. Ce jeune homme, à quoi pense-t-il ? A rien, sans doute. Il vit, et cela lui suffit. J'aimerais pouvoir me contenter de vivre. Foutue dépression.

Revenons à lui et sa chevelure brune agitée par le vent. Ce petit sourire idiot ne partira pas de ses lèvres. Est-ce un mal ? Possible. Le confort de l'ignorance sans doute. La victoire ne lui échappera pas. Quelle victoire ? Qui sait. Il ne connait pas les problèmes de son créateur, celui-ci même qui ressent sa gorge comme un enfer acide en ce moment même. Celui qui vit depuis des mois dans la peur d'une crise d'angoisse à rajouter dans son palmarès. La plume s'arrête là pour le moment. Faut-il reprendre ? Oui. Ne pas se laisser happer par soi-même, se concentrer sur le jeune homme. Lui donner un nom serait superflu : il sera le seul personnage, il n'est pas encore assez indépendant pour rencontrer d'autres gens.

Ou plutôt, son auteur est trop fatigué et réfléchit trop. Un moyen de se distraire, cette écriture. Mais à quelles fins ? Pourquoi s'y intéresser. C'est ainsi et pas autrement. Il refait un rêve, en restant éveillé. Le rêve que tout se finisse. Ce tout, il ne sait pas ce que c'est. Il ne sait même pas ce qu'est ce "pourquoi" qui le hante depuis toujours. Waiting, waiting, waiting... Ce mot tourne dans ma tête. Présumons qu'il tourne également dans la sienne. Qu'attend-il alors ? Sans doute rien. Pourquoi dois-je me casser la tête à lui chercher une histoire ? Pour rien. Alors pourquoi le fais-je ? Je ne le fais pas. Curiosité de ma part : combien de mots je peux atteindre en laissant mon esprit vagabonder. J'ai déjà une conclusion en tête, il suffit que je n'oublie pas de la placer. Comme quoi cet esprit pourrait continuer encore et encore.

C'est le cas. Oublions le jeune homme un petit peu et parlons un peu de l'auteur. Il est aisé de comprendre ce qui se passe ici même. Ecrire pour s'échapper. S'échapper de quoi ? Une dépression que j'avais pris pour une maladie plus ou moins grave. "Tout est d'ordre psychologique, m'sieur." C'est ce qu'ils m'ont tous dit. Ma tête est-elle réellement un bordel pareil ? Quand ai-je commencé à m'intéresser à ce que pensent les autres ? Je ne peux plus vivre comme avant, au jour le jour, sans réfléchir aux conséquences. Non pas que ça me dérange, je veux juste savoir pourquoi. Pensée fugitive à propos d'une conversation entre moi et le psychiatre : "Vous êtes du genre à tout anticiper et chercher à tout comprendre. Je me trompe ?" Non docteur, vous tenez le bon diagnostic.

Alors, combien d'années de thérapie ? Deux ? Trois ? Soyez optimiste et dites-moi une et demi. Bref, dépressif. La dépression qui se manifeste par des crises d'angoisse plus nombreuses que les Nosferapti dans une grotte quelconque de Pokémon. Traité pour cette dépression, d'un traitement qui m'ôte non seulement le droit, mais aussi la capacité à réfléchir. Alors que me reste-t-il ? Ma musique, mon petit monde. Ce monde que je ne m'autoriserai jamais à quitter. J'ai déjà essayé de me remettre à la réalité. Je n'ai pas fait long feu, malheureusement. Addiction aux écrans ? Du tout, je peux tenir avec un bon livre. Addiction à l'irréalité. Votre réalité me donne la gerbe et me fait angoisser. Alors laissez-moi en paix.

Ah, la paix. Un concept bien spécial. Quelle est-elle ? Je n'en sais plus rien moi-même. J'ai craqué il y a quelques heures. J'ai demandé à ce qu'on me laisse en paix au lieu de me faire des réflexions désobligeantes. On m'a regardé comme si on me l'accordait déjà. Ma gorge est en feu, mes entrailles sont un volcan. Je ne peux faire d'autre description. Et cet état n'est pas temporaire. Et on ne s'y habitue pas. Se replier, en boule. Se replier et encaisser en attendant que le déluge passe. En sachant que ça ne passera pas. Et ça ne passe pas. Alors quoi, maintenant ? Je ne peux plus m'enfoncer sous terre, je ne peux plus bouger, je ne peux plus me protéger ni même respirer. Alors laissez-moi m'envoler.

Oh, je suis bien trop lâche pour mettre fin à mes jours. Être trop lâche pour fuir, n'est-ce pas la plus belle marque de lâcheté, et également la plus paradoxale ? Laissez-moi écouter cette douce mélopée. J'arrive, ô ma réalité ! Tu es mienne, et c'est ce qui compte. Alors pourquoi continuer à rester en retrait ? Pourquoi ne puis-je fusionner totalement avec toi ? J'attends, j'attends toujours. Cloitré dans un monde de données, de mots et de sons. Quelle belle prison me suis-je fait. Je me suis condamné à perpétuité : comme les permissions de sortie sont douloureuses. Cette réalité et celle des autres est comme passer du statut de taulard à celui de sans-abri. Pas super bien loti, soit. Mais il n'était pas si difficile d'être moins loti en en ressortant.

Bref, dépression. Et mon écriture en pâtit. J'attends. J'attends que ça passe. Ce n'est qu'une passe, me dit-on. Je dois juste m'en occuper moi-même. Avaler cette lourde pilule qu'est le monde de nos jours. On atteint un pic de dépressifs et suicidés chez les jeunes record chaque année. Et je n'en suis qu'une victime parmi tant d'autres. Condamné au Laroxyl comme tant de jeunes de mon âge. Alors souris, petit auteur, souris tant que tu peux encore être sauvé. On t'a tendu tant de mains ! Tu as tenté de toutes les attraper, alors qu'une au moins tende le bras un peu plus loin. Que tu puisses enfin t'accrocher. Survis avec le sourire, et grandis heureux. Redeviens, simplement. C'est ce que tu veux, non ?


Allez, suffit.
Arrête tes conneries.
Retourne bosser.
Journalisée



Ici, c'est sa fiche. Et , c'est pour les rp !

Elle prit son envol, silencieuse. Elle ne savait où aller : elle ne voulait plus de l'aléatoire. La Vierge Guerrière riait silencieusement et amèrement. L'aléatoire... le hasard sans la surprise, un comble.
Lyan Rose
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« Répondre #2 le: Décembre 23, 2013, 11:03:18 »

Hop, une nouvelle nouvelle... Ouais, c'est à peu près bon.
La fin est un peu insipide, je sais. Mais j'ai abandonné la conclusion de base, trop chiante à amener à mes yeux.






Comme un oiseau dans le ciel, tu m'as libéré et m'as donné un coeur.
Comme une étoile dans ma nuit, tu as toujours été une part de moi-même.
Cette histoire est celle d'un loup qu'on a préféré aux humains.
Il s'agit de l'histoire d'un loup et d'une colombe.

Donne-lui un conte de fées. Il l'aura lu, entendu, compris. Mais il ne comprendra pas ce qu'il y voit, ce qu'il y entend, ce qu'il y comprend. Il est encore jeune. Il ne comprend pas tout, et sa seule question est toujours la même, ses deux oreilles noires battant l'air. Il regarde sa mère et lui demande doucement, de sa voix calme et interrogative.


- Maman ? Pourquoi les loups sont toujours les méchants dans les contes ?

Aucune réponse ne vient jamais. Alors il redevient un jeune garçon de six ans, aux cheveux noirs désordonnés. Les yeux de la curiosité se posent sur le livre, ses petites mains le ferment et il se recroqueville sur lui-même. On l'entend pleurer. Il n'aurait jamais dû naître loup. Le dernier loup à pouvoir devenir humain, le dernier survivant de sa race. Il attend, il attend, il attend. Il deviendra grand et fort. Mais il ne veut pas devenir un loup. Il ne veut pas devenir le méchant de l'histoire. Il ne veut pas être chassé par les humains, traité comme un animal vicieux et sanguinaire.

Son père est mort à cause de cela. Il l'entendra plus tard dans sa vie par sa mère, son père était comme lui. Un homme-loup. On l'a retrouvé mort, les yeux encore ouverts, dans un caniveau. Elle l'avait cherché partout un jour de pluie, elle l'avait vu. Les autorités étaient venues en même temps, et l'avaient mis dans un sac en plastique. Un loup mort, les yeux ouverts. Elle avait tenté de le voir une dernière fois, le toucher, vérifier s'il n'était pas toujours vivant. Elle avait crié. Elle avait pleuré. Elle a attendu son retour. Elle a attendu, encore et toujours. Il n'est jamais revenu.


Le jour où le monde tombe, elle est ici à regarder. Elle ne perdra pas un seul instant de cette déchéance, elle fixera le monde, en proie aux flammes et au chaos. Elle ne fera rien, elle ne pourra que regarder. Elle ne pourra sauver personne. Elle n'est que le symbole de la paix. Rien de plus. Elle s'envole, elle se pose. Ses yeux se posent sur ce jeune enfant aux cheveux noirs ébouriffés. Ses ailes battent légèrement l'air, et son corps s'agrandit. Voici bientôt une jeune fille de six ans, assise sur une branche, les jambes se balançant dans le vide comme si de rien n'était. De ses yeux verts elle regarde cet enfant pleurer, tandis que ses cheveux blancs virevoltent dans les airs.

Elle est ici pour le voir, comme elle doit le faire. Elle, la dernière colombe. Une petite plume blanche pend à son oreille par une maigre chaine, qui flotte elle aussi dans le vent. Elle n'a plus ni père, ni mère. Elle n'a jamais eu de frère ni de sœur. Elle est la dernière humaine pouvant se transformer en colombe. Tous ont été exterminés bien avant qu'elle ait conscience de ce qui se passe. Elle ferme les yeux, elle se rabat sur ce petit garçon. Elle regarde si la mère est partie. Oui, elle est partie. Elle saute de l'arbre et s'en va rejoindre le jeune garçon.


- Pourquoi tu pleures ?

Elle le demande comme ça, de sa voix teintée d'innocence. Il relève la tête, les yeux rougis par les larmes, l'expression même de la surprise sur le visage. Il se relève doucement et la regarde. Elle ne bouge pas, son sourire ne disparait pas, rien ne disparait de ce visage. Ceci est la première rencontre entre le chaos et la paix, le mal et le bien, le loup et la colombe. Le début d'une longue histoire qu'il est bon d'écourter.

- Comment tu t'appelles ?
- Kuro. Et toi ?
- Shiro.

Et il grandit, en compagnie de Shiro. Il continua à grandir, pendant des années il commença à forger son propre caractère. Il avait décidé d'en finir avec les pleurs, devenir fort. Il voulait devenir fort et courageux, assez pour pouvoir protéger ses êtres chers. Il savait le danger qui l'accompagnait en tant que loup. Il ne voulait pas devenir une cible facile. Il voulait pouvoir protéger sa mère, sa petite soeur... et Shiro. Quand il ne pouvait juste pas trouver sa voie, elle était toujours là pour lui. Quand il sortait de sa voie, elle était là pour lui aussi. Il voulait la protéger.

Et pour cela, il devait devenir plus fort. Plus courageux. Quitte à devenir un loup. C'est pourquoi il s'entrainait. Chaque soir, il ramenait une pièce de viande chez lui dans ses mains ensanglantées. Au début, il s'agissait de petits animaux, comme des écureuils, puis des lapins, des lièvres, et ainsi de suite. Le jour de son treizième anniversaire, il était revenu avec un cerf. Il devenait immensément fort et agile. Il avait le potentiel de protéger ceux qui lui étaient chers. Il pouvait le faire. Il pouvait protéger sa petite soeur. Il pouvait protéger sa mère. Il pouvait protéger Shiro. Mais il ne devait pas devenir un loup.

Pas entièrement, en tout cas. Elle ne savait pas qu'il était un loup. Il ne voulait pas qu'elle sache. Il ne voulait pas la voir s'en aller, terrifiée par le monstre qu'il était. Il a rampé dans le noir, s'est tourné dans tous les sens, espérant ne jamais devoir lui révéler la vérité. Il a cherché une réponse à ses craintes, une question à poser sur ses angoisses. Il n'a jamais rien trouvé, il n'a jamais pu comprendre. Kuro, le loup, ne pouvait pas vivre en paix tant qu'il ne lui aura pas dit - et qu'elle ne l'aurait pas accepté.


Encore combien de temps devra-t-elle attendre ? Combien de temps saura-t-elle occuper, en face de lui ? Peut-elle lui faire comprendre ? Elle sait, mais lui ne sait pas. Elle l'a vu, ce loup. Elle l'a vu temps de fois en survolant la forêt. Elle sait que c'est lui, ce loup qui se débat avec tant d'ardeur, qui tient à devenir plus fort que tout être, qui veut obtenir le pouvoir de se dresser devant n'importe quel obstacle. Elle l'a si souvent regardé se battre, à coups de griffes, à coups de crocs. Elle se sentait coupable. Elle savait, qu'il était un homme-loup. Mais il ne savait pas, lui, qu'elle était une colombe.

Elle se sentait si coupable. Elle ne pouvait lui dire ce qu'elle était sans qu'elle entende la vérité sur lui-même de sa propre voix. Ce serait le trahir, et elle ne veut pas le trahir. Elle saura si c'est le bon jour, de toute manière. Et si ça l'est, il sera paisible. Elle laissera tout aller, elle lui confiera tout. Sera-t-il le jour où elle aura enfin les réponses aux questions qu'elle a depuis si longtemps ? Et est-ce le jour où il n'y aura pas de lendemain, si demain ne sera pas là ? Elle ne devrait pas pleurer, il sera en sécurité peu importe ce qu'il fait. Il est fort. Elle laissera tout derrière elle, après un si long chemin.

Elle doit lui dire un jour, mais elle attendra que Kuro lui dise la vérité sur lui. Un jour, elle saura de sa propre bouche. Et ce jour-là, elle lui dira tout. Elle lui montrera, même. Elle n'a pas peur de lui. Elle espère juste qu'il n'aura pas peur d'elle, ou qu'il ne fuira pas. Elle ne veut pas le perdre. Son seul ami, le bout de famille qu'elle n'a jamais eu. Elle ne veut pas perdre ça, surtout pas. Elle veut le protéger. Elle ne sait pas pourquoi il traine si tard le soir dans la forêt, à mettre sa vie en jeu. Elle ne veut pas savoir. Et même si elle savait, elle n'en ferait rien. Kuro est tout pour elle. C'est pour ça qu'elle ne veut pas tout ruiner, tout perdre.

Il continue à se battre pour sa vie, sentir l'adrénaline du risque, il continue à courir parmi les arbres, traquer une proie. Il trouve sa proie, la poursuit. Il la combat face à face, il esquive, griffe, mord. Il se débat. Il hurle, se précipite, il arrache la chair. Il tue, il ramène. Elle n'en entendra pas parler. Seuls les lendemains importent à ses yeux. Ces lendemains, où il trouve Shiro. Où ils s’assoient sur cette vieille balançoire. Il se balance faiblement, ses pieds encore au sol. Il la regarde, ne cherche pas à comprendre. Le silence est brisé, d'un seul coup.


- Dis, si nous étions des animaux, tu penses que tu serais quoi ?
- Je ne sais pas... Un loup, peut-être. Et toi ?

Un moment de silence, la plume s'agite à l'oreille de Shiro. Peu à peu, elle sent ses cheveux se transformer. Elle doit la maintenir. Il ne doit pas voir ses plumes dans ses cheveux. Elle essaie de conserver son apparence alors qu'elle relève la tête dans un sourire. Elle est consciente de ce qui se passerait si il voyait ces plumes. Et il ne doit pas les voir. Surtout pas. Elle donnerait sa vie plutôt que de laisser ses plumes visibles pour Kuro. Pas maintenant, en tout cas. Elle ferme les yeux et accentue son sourire en parlant.

- Une colombe, sans doute...

Sans savoir que deux ailes dans son dos étaient parfaitement visibles.

Il n'avait pas été si surpris que ça en voyant les deux ailes blanches, mais il était resté ébahi devant la beauté de celles-ci. Il n'avait pas pu lui en parler, il avait juste souri. Elle n'avait pas posé la question par hasard, et il le sait bien. Dans ses yeux bleus, une lueur amusée se lisait. Elle le regardait sans comprendre, lui la regardait en comprenant. Mais il n'en dirait rien. Si elle lui montrait elle-même, en lui disant, il lui dirait.

Mais il n'a pas envie de parler de lui-même. Pas cet après-midi.


_____________________________________________________


Trois ans de plus se sont écoulés. Le secret a su rester, entre eux. Kuro pense toujours qu'elle ne sait pas qu'il est un loup. Et elle ne sait pas que Kuro l'a vue colombe. Tous deux, rongés par la culpabilité, tentent. Mais il n'y arrivent pas. Pourquoi devoir faire le premier pas, pensent-ils ? Elle avait voulu lui montrer un soir. Elle s'était posée sur une branche, attendant tranquillement la tombée de la nuit. Elle le verrait forcément passer en loup, parti chercher sa proie. Elle entend des bruits de pas. La colombe tourne la tête et regarde. Un manteau noir, des cheveux noirs raides et emmêlés, sans aucun doute c'était lui. Pourquoi n'était-il pas en loup comme tous les soirs ?

Pourquoi avait-il tourné la tête vers elle, au même moment où elle redevenait humaine ? Pourquoi était-elle perchée là-haut, les jambes dans le vide, comme au premier jour ? Et pourquoi n'avait-il aucune autre réaction qu'un sourire ? Tant de questions qu'elle se posait avec sueurs froides, en regardant en bas comme si de rien n'était. Elle devait réagir autrement. Elle saute de sa branche et vient se réceptionner par terre avec son agilité habituelle. Sourire pour sourire.


- Oh... Shiro ?
- Kuro ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Le plus simple était de jouer la surprise, même si elle savait qu'avec Kuro, cela avait peu de chances de marcher. Il savait où elle habitait, elle savait où il habitait, il était assez intelligent pour comprendre que lui est à deux pas de la forêt et elle à quelques kilomètres. Il pouvait largement comprendre que quelque chose ne collait pas, y compris derrière ce sourire qu'elle avait. Il pouvait voir à travers le masque, et discerner les gouttes de sueur. Il avait même le droit de se poser une question, la question que tu n'aimais pas. Et celle qu'il a posé d'un ton un peu froid, le sourire disparaissant aussitôt.

- Je devrais plutôt te poser cette question. Qu'est-ce que tu fais-là ?
- Et bien, euh...
- SHIRO !!

Il n'avait pas réfléchi, son bras était parti tout seul. Il avait poussé Shiro sur le côté, et bloqué lui-même le sanglier. Ses bras s'étaient changés, ses oreilles étaient sorties, son pelage avait poussé. Le voilà à quatre pattes, griffant profondément le museau de la bête. Il hurle à la lune. Il esquive une nouvelle ruée et mord la patte arrière gauche, déchire la chair. Il rattrape le sanglier, qui tente de fuir, et le mord à la base du cou. Il arrache la peau encore une fois, et laisse le saignement faire. Il regarde sa cible s'enfuir, rapidement, puis de plus en plus lentement.

C'est un humain aux yeux vides qui regarde la bête s'effondrer dans le sentier et qui se tourne vers Shiro. Les yeux vides, le visage défait par la colère. Un humain bien décidé à exploser, cette fois. Sa main va agripper l'épaule de la jeune fille et la serrer avec rage. Sa voix éclate, dans le silence de la nuit.


- Espèce d'idiote !! Voilà pourquoi tu ne devrais pas être là !!

Puis la pression se desserre. Il retire sa main, et regarde le sol, la tête baissée. Sa voix, plus faible, murmure.

- Désolé... Tu m'as vu, n'est-ce pas ?

Et ses mains finissent entre les mains de la jeune fille, qui sourit. Ses yeux grands ouverts ne commentent pas, sa bouche reste ouverte sans voix. Elle sourit toujours, alors qu'elle baisse ses mains en même temps que celles du jeune homme. Elle fait un pas en avant, relâche ses mains et laisse ses bras envelopper Kuro. Une étreinte douce et chaude, par une nuit froide. Il n'aurait jamais demandé autant, surtout après qu'un secret qu'il a gardé durant dix ans soit découvert. Son terrible secret, son appartenance à une race animale.

Tout ce qu'il voit, c'est la chevelure de son amie d'enfance. Tout ce qu'il sent, ce sont deux bras autour de lui. Tout ce qu'il entend, c'est le murmure de la jeune fille. Il ne demande pas plus. Il a déjà bien trop, comparé à ce qu'il envisageait.


- C'est moi qui suis désolée. Je n'aurais pas dû te le cacher, moi non plus.

Il sent un contact plus doux atour de lui, il la sent rétrécir. Il ne sait pas ce qui se passe, et ne comprend que plus tard. Une fois que l'oiseau s'est posé sur son épaule et frotte sa tête contre son cou. Une fois qu'une voix bien humaine et très familière sonne à ses oreilles comme la fin de dix ans de secrets futiles.


- Tu m'as vue aussi, maintenant.
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